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Explosion en Pologne : pour l'Otan, il s'agit d'un missile ukrainien, « probablement un accident malheureux », selon Varsovie

latribune.fr

Publié le 16 novembre 2022 à 12:06 - Mis à jour le 16 novembre 2022 à 14:15

Pologne: le droit a l'avortement doit pouvoir s'appliquer aux refugiees ukrainiennes, declare le hcr

« Des premiers travaux ont été partagés par les Etats-Unis. Il faut être très prudent », a indiqué Emmanuel Macron.

AGENCJA WYBORCZA.PL

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Ce mercredi, au lendemain d'une explosion provenant d'un tir de missile en Pologne, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré que le tir avait été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne, tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes.

Article mis à jour mercredi 16 novembre, à 15h05.

Journée sous haute tension ce mercredi au lendemain des tirs de missile meurtrier proche de la frontière ukrainienne. Alors que le président polonais Andrzej Duda avait indiqué que le missile était « très probablement d'origine russe », et que son homologue américain, Joe Biden avait précisé qu'il « était improbable (...) qu'il ait été tiré depuis la Russie », l'agence de presse américaine, Associated press (AP) a indiqué ce mercredi, en citant des responsables américains, que les premières hypothèses suggèrent que le missile aurait été tiré par les forces ukrainiennes alors qu'elles visaient un missile russe.

Une information confirmée par l'agence Reuters, qui, citant une source au sein de l'Otan, affirme que le président américain a informé les membres du G7 et de l'Alliance Atlantique que l'explosion avait été provoquée par un tir de missile de la défense aérienne ukrainienne. Un peu plus tôt mercredi, le président polonais Andrzej Duda a en effet dit considérer comme « hautement probable » que le missile ait été utilisé par la défense ukrainienne.

« Rien n'indique qu'il s'agissait d'une attaque intentionnelle contre la Pologne », a affirmé mercredi à la presse le président polonais Andrzej Duda.

« Il y a une forte probabilité qu'il s'agisse d'un missile qui a simplement été utilisé par la défense antimissile ukrainienne », a-t-il poursuivi. C'est « probablement un accident malheureux, hélas », a-t-il ajouté.

Probablement un missile ukrainien de défense antiaérienne

A ce titre, l'Ukraine a demandé mercredi « un accès immédiat » au site en Pologne où est tombé la veille le missile. « L'Ukraine demande un accès immédiat au site de la frappe pour les représentants de la Défense et des garde-frontières », a réclamé sur Twitter le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, Oleksiï Danilov, qui a dit souhaiter « un examen conjoint de l'incident ». Le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien a ajouté que Kiev « attend des informations de nos partenaires, à partir desquelles ils ont conclu qu'il s'agissait d'un missile ukrainien de défense antiaérienne ».

Ce mercredi, à l'issue d'une réunion d'urgence, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg avait lui aussi déclaré qu'il n'y avait « pas d'indication d'une attaque délibérée ». « Notre analyse préliminaire suggère que l'incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes », avait-il déclaré, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

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La prudence est de mise pour éviter l'escalade

Les dirigeants des grandes puissances du G7 et de plusieurs de leurs alliés se sont retrouvés mercredi pour une réunion d'urgence en Indonésie. Tout le monde, à l'exception de l'Ukraine qui accuse Moscou, marche sur des œufs depuis hier pour éviter une escalade dans la guerre en Ukraine, alors que la Russie dément être à l'origine du tir. En effet selon l'article 5 du traité de l'Otan, si un Etat membre est victime d'une attaque armée, les autres considéreront cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l'ensemble des membres et prendront les mesures jugées nécessaires pour venir en aide au pays attaqué.

Pour Emmanuel Macron, les circonstances ne permettent pas pour l'heure de déterminer l'origine des deux tirs de missiles. « Aujourd'hui, les circonstances ne permettent pas d'attribuer ces tirs », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet du G20 en Indonésie. « Des premiers travaux ont été partagés par les Etats-Unis. Il faut être très prudent », a ajouté le président français. Plus tôt dans la journée, la France a appelé à « la plus grande prudence » sur l'origine du missile, « beaucoup de pays » de la région disposant du même type d'armement, et mettait en garde contre « les risques d'escalade importants ». « Identifier le type de missile n'est pas forcément identifier l'acteur qui l'a mis en œuvre », a ajouté la présidence française.

D'une manière générale, les Occidentaux se montraient en effet prudents mercredi quant aux circonstances de la chute du missile en Pologne, intervenue en plein sommet du G20 où ils s'employaient à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine. Dans un communiqué commun, la « plupart » des membres du G20, « ont condamné fermement la guerre en Ukraine » et tous se sont accordés sur le fait que le conflit « sape l'économie mondiale », selon un communiqué commun publié mercredi à l'issue du sommet du groupe à Bali. Les vingt plus grandes économies mondiales ont souligné aussi, dans ce texte conjoint, que « l'usage ou la menace d'utiliser des armes nucléaires est inadmissible ».

Etat d'alerte renforcée en Pologne

En Pologne, où l'armée a été placée en état d'alerte renforcée, le ton reste lui aussi mesuré. Le président polonais Andrzej Duda a semblé temporiser, relevant qu'il n'y avait à ce stade pas de « preuve équivoque » sur l'origine du tir du missile meurtrier.  « Une enquête est en cours », a-t-il indiqué, affirmant qu'il s'agissait d'un incident « isolé ».

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé « tous les Polonais à garder le calme face à cette tragédie ». En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a directement accusé la Russie d'être à l'origine de cette frappe en la qualifiant « d'escalade très importante ». Son ministre des Affaires étrangères a qualifié ce matin de « théories du complot » les allégations, publiées sur internet, selon lesquelles il pourrait s'agir d'un missile ukrainien.

Les Etats-Unis seront partie prenante dans l'enquête. « Nous sommes convenus d'aider la Pologne dans son enquête sur l'explosion qui s'est produite dans la campagne polonaise, près de la frontière ukrainienne, et ils vont faire en sorte que nous sachions exactement ce qu'il s'est passé », a indiqué Joe Biden. « Nous déciderons collectivement ensuite de notre réponse avant de la mettre en œuvre. Toutes les personnes rassemblées autour de la table étaient unanimes sur ce point. »

La Russie dément être à l'origine du tir

Alors qu'elle se retrouve une fois de plus accusée d'aggraver un conflit meurtrier aux lourdes conséquences économiques, avec une flambée des prix de l'énergie et des produits alimentaires particulièrement difficiles à supporter pour les pays du Sud, la Russie qualifie les accusations de tirs russes sur le sol polonais de « provocations ». « Aucune frappe n'a été menée sur des objectifs proches de la frontière ukraino-polonaise » par l'armée russe, a affirmé le ministère. Les images de « débris publiés par les médias polonais depuis les lieux des faits dans la localité de Przewodow n'ont aucun rapport » avec des projectiles russes.

Vladimir Poutine, dont l'armée accumule les défaites et recule dans le Sud de l'Ukraine, est le grand absent du G20. Il s'était fait représenter par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov mais ce dernier est reparti de Bali mardi soir, et n'était donc pas là pour répondre directement aux critiques mercredi.

À lire également

  • Explosion en Pologne : le missile est « très probablement russe », mais il est « improbable » qu’il ait été tiré de Russie
  • Un missile russe aurait frappé la Pologne, pays de l'Otan : « une provocation », selon Moscou

Au centre de l'attention, le président chinois Xi Jinping, qui a toujours refusé de condamner l'invasion de l'Ukraine lancée par son allié russe, a déjà semblé lui adresser des critiques voilées lors du sommet en critiquant « instrumentalisation » de l'approvisionnement alimentaires et de l'énergie et en rejetant explicitement les menaces de recours à l'arme nucléaire.

(Avec agences)

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