Explosion en Pologne : le missile est « très probablement russe », mais il est « improbable » qu’il ait été tiré de Russie
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Ints Kalnins
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Journée sous haute tension ce mercredi au lendemain d'un tir de missile meurtrier « très probablement d'origine russe », selon le président polonais Andrzej Duda, qui a touché le village de Przewodow dans le sud-est de la Pologne, proche de la frontière ukrainienne. Alors que les dirigeants des grandes puissances du G7 et de plusieurs de leurs alliés se sont retrouvés mercredi pour une réunion d'urgence en Indonésie et que le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, fera la même chose ce jour à Bruxelles avec les ambassadeurs de l'Alliance, tout le monde, à l'exception de l'Ukraine qui accuse Moscou, marche sur des œufs pour éviter une escalade dans la guerre en Ukraine, alors que la Russie dément être à l'origine du tir. En effet selon l'article 5 du traité de l'Otan, si un Etat membre est victime d'une attaque armée, les autres considéreront cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l'ensemble des membres et prendront les mesures jugées nécessaires pour venir en aide au pays attaqué
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Il est « absolument essentiel d'éviter l'escalade de la guerre en Ukraine », a exhorté le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres dans un communiqué, se disant « très préoccupé ». Il a réclamé une « enquête approfondie » sur le tir. Car si le missile semble d'origine russe, « il est improbable (...) qu'il ait été tiré depuis la Russie », selon le président américain Joe Biden à l'issue de la réunion d'urgence tenue avec les dirigeants du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon), en Indonésie, en marge du sommet du G20, où les Occidentaux s'employaient à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine.
« Je vais m'assurer que nous puissions déterminer ce qu'il s'est passé exactement » avant de décider d'une réaction, a-t-il ajouté, après cette rencontre d'une heure environ à laquelle ont également participé des dirigeants de l'Espagne, des Pays-Bas et de l'Union européenne. A l'issue de cette réunion d'urgence de près d'une heure dans l'île tropicale indonésienne, les chefs d'Etat ou de gouvernement du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon) et de l'Otan ont, dans un communiqué commun, apporté leur « plein soutien » à la Pologne. Sans accuser de responsables dans l'immédiat, ils ont décidé de « rester en contact étroit pour déterminer des prochaines étapes en fonction de l'enquête ».
De son côté, la France appelle à « la plus grande prudence » sur l'origine du missile, « beaucoup de pays » de la région disposant du même type d'armement, a déclaré mercredi l'Elysée, mettant en garde contre « les risques d'escalade importants ». « Identifier le type de missile n'est pas forcément identifier l'acteur qui l'a mis en œuvre », a ajouté la présidence française.
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Les Occidentaux se montraient en effet prudents mercredi quant aux circonstances de la chute du missile en Pologne, intervenue en plein sommet du G20 où ils s'employaient à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine. Dans un communiqué commun, la « plupart » des membres du G20, « ont condamné fermement la guerre en Ukraine » et tous se sont accordés sur le fait que le conflit « sape l'économie mondiale », selon un communiqué commun publié mercredi à l'issue du sommet du groupe à Bali. Les vingt plus grandes économies mondiales ont souligné aussi, dans ce texte conjoint, que « l'usage ou la menace d'utiliser des armes nucléaires est inadmissible ».
En Pologne, où l'armée a été placée en état d'alerte renforcée, le ton reste lui aussi mesuré. Le président polonais Andrzej Duda a semblé temporiser, relevant qu'il n'y avait à ce stade pas de « preuve équivoque » sur l'origine du tir du missile meurtrier. « Une enquête est en cours », a-t-il indiqué, affirmant qu'il s'agissait d'un incident « isolé ».
Dans la nuit de mardi à mercredi, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé « tous les Polonais à garder le calme face à cette tragédie ». En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a directement accusé la Russie d'être à l'origine de cette frappe en la qualifiant « d'escalade très importante ». Son ministre des Affaires étrangères a qualifié de « théories du complot » les allégations, publiées sur internet, selon lesquelles il pourrait s'agir d'un missile ukrainien.
Les Etats-Unis seront partie prenante dans l'enquête. « Nous sommes convenus d'aider la Pologne dans son enquête sur l'explosion qui s'est produite dans la campagne polonaise, près de la frontière ukrainienne, et ils vont faire en sorte que nous sachions exactement ce qu'il s'est passé », a indiqué Joe Biden.
« Nous déciderons collectivement ensuite de notre réponse avant de la mettre en œuvre. Toutes les personnes rassemblées autour de la table étaient unanimes sur ce point. »
Alors qu'elle se retrouve une fois de plus accusée d'aggraver un conflit meurtrier aux lourdes conséquences économiques, avec une flambée des prix de l'énergie et des produits alimentaires particulièrement difficiles à supporter pour les pays du Sud, la Russie qualifie les accusations de tirs russes sur le sol polonais de « provocations ».
Vladimir Poutine, dont l'armée accumule les défaites et recule dans le Sud de l'Ukraine, est le grand absent du G20. Il s'était fait représenter par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov mais ce dernier est reparti de Bali mardi soir, et n'était donc pas là pour répondre directement aux critiques mercredi.
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Au centre de l'attention, le président chinois Xi Jinping, qui a toujours refusé de condamner l'invasion de l'Ukraine lancée par son allié russe, a déjà semblé lui adresser des critiques voilées lors du sommet en critiquant « instrumentalisation » de l'approvisionnement alimentaires et de l'énergie et en rejetant explicitement les menaces de recours à l'arme nucléaire.
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