L'Inde sera bientôt la nouvelle usine du monde devant la Chine
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L'Inde est également sur le point de devenir la nouvelle usine du monde.
Reuters
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L'Inde est également sur le point de devenir la nouvelle usine du monde.
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En 2023, l'Inde deviendra le pays le plus peuplé du monde devant la Chine avec 1,4 milliard de personnes, selon l'Onu. Et son PIB dépassera celui du Japon et de l'Allemagne en 2027, selon la banque américaine Morgan Stanley, ce qui fera de la patrie de Gandhi la troisième puissance économique du monde derrière les Etats-Unis et la Chine. En 2022, son économie devrait croître de 6,8%, selon le Fonds monétaire international (FMI), soit une croissance deux fois plus rapide que l'économie mondiale (+ 3,2%). Last but not least, c'est aussi la quatrième puissance militaire du monde.
Mais ce rôle de premier plan oblige le géant asiatique à relever plusieurs défis. L'un des plus importants est celui du développement rapide de l'urbanisation. Car l'Inde reste encore une économie émergente majoritairement rurale. 64,61% de la population indienne vit hors des grandes villes contre 37,49% pour la Chine, selon les données de 2021 de la Banque mondiale.
L'institution internationale évalue d'ailleurs à 840 milliards de dollars les investissements nécessaires à la modernisation du pays dans les 15 prochaines années, dans un rapport qu'elle vient de publier. En 2036, 40% de la population, soit 600 millions d'individus vivront dans des méga-cités. « Cela va probablement mettre une pression supplémentaire sur les infrastructures et services urbains déjà sous tension des villes indiennes, avec une hausse de la demande pour l'accès à l'eau potable, une fourniture d'énergie fiable, un réseau routier efficace et sécurisé parmi d'autres demandes », souligne Sohaib Athar, Roland White et Harsh Goyal, les rédacteurs du rapport.
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Or aujourd'hui, l'Etat indien et les Etats régionaux supportent l'effort d'investissement dans les infrastructures urbaines à hauteur de 75%, complété à 15% par les municipalités et les collectivités locales (« Urban Local Bodies »). A peine 5% sont financés par le secteur privé. En 2018, le gouvernement y a consacré un maximum de 16 milliards de dollars. L'appel au financement privé pour bâtir les nouvelles infrastructures est donc nécessaire. Ce qui passe, selon les auteurs du rapport, par des réformes structurelles menées par le gouvernement, notamment en matière de fiscalité, pour assouplir le cadre législatif permettant aux collectivités locales, notamment les mairies des grandes villes, de pouvoir lever des fonds sur les marchés privés. Parmi les autres pistes proposées, il y a l'augmentation de la taxe foncière, qui en Inde ne représente que 0,15% du PIB alors qu'elle atteint en moyenne 0,3 à 0,6% du PIB dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.