L'ONU, à court d'argent, prépare des mesures d'économie

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Selon les Nations unies, en juillet, 112 pays étaient à jour de leurs contributions sur 193 (contre 116 l'année dernière, à la même période et 98 en 2016).
Selon les Nations unies, en juillet, 112 pays étaient à jour de leurs contributions sur 193 (contre 116 l'année dernière, à la même période et 98 en 2016). (Crédits : CARLO ALLEGRI)
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a prévenu ce 27 juillet le personnel onusien que l'organisation était en manque de liquidités. De nombreux États membres accusent des retards dans le versement de leur contribution, ce qui oblige l'ONU à réaliser des économies.

Le Portugais Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, est d'humeur chafouine ce 27 juillet. Dans une lettre envoyée aux 193 États membres de l'ONU et que l'agence Reuters a pu consulter, il a averti que l'organisation souffre d'un manque de trésorerie, lié à des retards de versement de leurs contributions. Le budget ordinaire des Nations unies était au 30 juin en déficit de 139 millions de dollars (119 millions d'euros), une situation inédite à la fin du premier semestre, écrit Antonio Guterres.

"Jamais l'ONU n'avait été confrontée à une situation de trésorerie aussi difficile si tôt dans l'année civile", dit-il. "Une organisation telle que la nôtre ne devrait pas avoir à subir des faillites répétées. Mais la plus grande souffrance est sûrement ressentie par ceux que nous servons quand, faute de fonds, nous ne pouvons pas répondre à leur appel à l'aide".

L'ONU compte deux budgets : un de fonctionnement, adopté en décembre, d'un montant de 5,4 milliards de dollars sur deux ans. L'autre pour les opérations de paix, voté séparément et adopté en juin, de 6,7 milliards de dollars sur 12 mois. Cela n'inclut pas le budget des agences onusiennes comme l'Unicef, le Pnud ou le HCR qui s'appuient sur les contributions volontaires des États membres.

Des retard habituels, mais de plus en plus tôt

Selon les Nations unies, en juillet, 112 pays étaient à jour de leurs contributions sur 193 (contre 116 l'année dernière, à la même période et 98 en 2016). La liste ne comprend pas les États-Unis, premier contributeur (22%) du budget de fonctionnement de l'ONU, qui ont pour habitude de payer tardivement leur contribution du fait de leur calendrier budgétaire.

La France (4e contributeur, à 5,59%), la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité à l'ONU, de même que les États-Unis, ont tous payé leurs contributions.

Que risque les retardataires ?

Selon l'article 19 de la Charte des Nations unies, un pays peut perdre son droit de vote à l'Assemblée générale s'il est en arriéré de paiement d'un montant égal ou supérieur aux contributions dues pour les deux années précédentes, à moins de prouver son incapacité à payer.

"Un membre des Nations unies en retard dans le paiement de sa contribution aux dépenses de l'organisation ne peut participer au vote à l'Assemblée générale si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées. L'Assemblée générale peut néanmoins autoriser ce Membre participer au vote si elle constate que le manquement est dû à des circonstances indépendantes de sa volonté."

Au 24 avril 2018, cinq États membres étaient soumis aux dispositions de l'article 19 : les Comores, la Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe et la Somalie. Malgré le non paiement de la totalité du montant minimum requis pour éviter l'application du-dit article, ils ont été autorisés à participer aux votes jusqu'à la fin de la session en cours.

À l'heure actuelle, un seul pays a perdu son droit de vote, la Libye.

Il va falloir se serrer (un peu plus) la ceinture

Selon les chiffres publiés par Le Monde, à la fin du mois de juin, 1,5 milliard de dollars avaient été déboursés par les États membres, soit quelque 200 millions de dollars de moins qu'à la même période en 2017.

"Nous allons avoir besoin de prendre des mesures pour réduire les coûts, en ciblant d'abord ceux qui ne sont pas liés au paiement des salaires", a précisé Antonio Guterres.

En janvier dernier, par la voix de leur ambassadrice auprès de l'Onu, Nikki Hayley, les États-Unis avaient d'ailleurs appelé à une réforme du fonctionnement de l'ONU afin d'en réduire les coûts.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 28/07/2018 à 18:35 :
Je pense que l'onu est aussi un gros machin aux dépenses de fonctionnement faramineuses.... qui pourrait aussi revoir réellement le bienfondé de chacune de ses dépenses
a écrit le 27/07/2018 à 9:52 :
Donald Trump devrait stopper définitivement la contribution financière des États-Unis à l'ONU, afin de montrer le bon exemple.
a écrit le 27/07/2018 à 9:38 :
A quoi sert l'ONU ?
a écrit le 27/07/2018 à 9:35 :
On sait parfaitement comment fonctionnent ces institutions bien souvent remplis de fils de et autres pistonnés rarement compétents élevé une cuillère en or dans la bouche ils sont habitués à détenir la science infuse et l'incompétence crasse qui l'accompagne.

La compromission oligarchique a totalement détruit nos institutions nationales et internationales, en local c'est un peu moins difficile de les surveiller mais là ce sont des gens qui se refilent le fric sur le dos du peuple.

Alors oui l'onu a son utilité c'est une certitude mais jusqu'à quand ? Et comme on le voit avec notre institution européenne totalement compromise avec les milieux d'affaires, on fait quoi quand la gangrène est partout ? On a plus qu'à espérer.

Au final on se demande quand même si le monde n'irait pas mieux sans toutes ces institutions corrompues.

Franchement il vaut mieux payer les feignants de la filiation oligarchiques à changer les rames de papiers de l'assemblée, les dégâts y sont quand même bien moins importants.

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