La Banque centrale américaine bouleverse sa politique pour favoriser l'emploi

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Jerome Powell, président de la Fed.
Jerome Powell, président de la Fed. (Crédits : Kevin Lamarque)
Réduire les inégalités, en favorisant l'emploi des familles à faibles revenus, c'est le nouveau credo de la Fed qui envisage désormais de laisser courir l'inflation au-dessus de l'objectif de 2% durant "un certain temps" et de maintenir les taux d'emprunt à un niveau bas pendant beaucoup plus longtemps que lors des expansions économiques précédentes.

La Banque centrale américaine a annoncé ce jeudi un changement de politique majeur qui donne plus de poids à sa mission de favoriser l'emploi au profit des familles à faibles revenus, les plus affectées par la récession provoquée par la pandémie de Covid-19.

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L'objectif est de corriger "les lacunes" dans la réalisation d'une des deux missions de la Fed, à savoir atteindre l'emploi maximum, a résumé son président Jerome Powell, à l'occasion du symposium annuel consacré à la politique monétaire qui se tient habituellement à Jackson Holes dans le Wyoming (ouest).

Ce changement intervient alors que la pandémie de Covid-19 a plongé la première économie du monde en récession.

Le Produit intérieur brut des États-Unis a enregistré une contraction de 31,7% en rythme annualisé, selon une deuxième estimation révisée en hausse publiée ce jeudi par le département du Commerce.

Concrètement, les modifications apportées à la politique cadre de la Fed prévoient que l'inflation peut rester au-dessus de l'objectif de 2% "pendant un certain temps" avant que la Fed n'ait à agir en augmentant les taux d'intérêt, a expliqué Jerome Powell.

La puissante institution financière a pris acte qu'avant la pandémie, croissance relativement soutenue et plein emploi n'avaient pas rimé avec hausse des prix: l'inflation est restée modérée, en-deçà de l'objectif des 2% de la Fed.

Dans la pratique, le changement annoncé ce jeudi maintiendra les taux d'emprunt à un niveau bas pendant beaucoup plus longtemps que lors des expansions économiques précédentes, ce que le président républicain Donald Trump appelle lui-même de ses vœux.

"L'économie est en constante évolution et la stratégie du FOMC [comité monétaire de la Fed décidant des taux d'intérêt, Ndlr] pour atteindre ses objectifs doit s'adapter pour relever les nouveaux défis qui se présentent", a souligné le patron de la Fed.

Alors que le pays est secoué depuis des mois par des manifestations anti-raciales et que des élues ont appelé la Fed à faire davantage en faveur des minorités raciales, Jerome Powell a rétorqué qu'un marché du travail "solide" pouvait bénéficier à de "nombreuses communautés à revenus faibles ou modérés".

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Et, a-t-il ajouté, "un marché du travail robuste peut être maintenu sans provoquer une augmentation indésirable de l'inflation".

Avant la pandémie, le taux de chômage était à son plus bas niveau en 50 ans (3,5%) et les revenus de tous les ménages en hausse. Cette conjoncture favorable avait même bénéficié aux minorités noire et hispanique même si les écarts avec les blancs étaient encore marqués.

Des secteurs sinistrés pour longtemps

Jerome Powell a martelé, comme il le fait depuis des mois, que l'institution utilisera toute sa "gamme complète d'outils" pour soutenir l'économie.

Pour l'heure, le chômage reste élevé: 10,2% en juillet. La semaine dernière, le nombre de demandes d'allocations chômage était en baisse mais toujours à un million.

Jerome Powell s'est voulu pourtant rassurant, rappelant que l'économie était solide en février avant la crise sanitaire.

"La reprise en mai et juin est intervenue plus tôt et a été plus forte que prévu", ce qui signifie qu'il y a "toujours une économie saine à l'exception des secteurs directement touchés" par la crise sanitaire, a-t-il noté, citant les secteurs de la restauration, du voyage et de l'hôtellerie.

Dans ces secteurs, ce sont des millions de personnes qui ont perdu leur emploi et qui auront des difficultés à en retrouver tant que le risque de contracter le coronavirus n'est pas écarté, a-t-il admis.

"Cette partie de l'économie va avoir beaucoup de mal à se remettre", a-t-il également déploré alors qu'elle emploie aussi les personnes moins qualifiées qui peuvent donc difficilement se tourner vers un autre secteur.

"Nous devons être aux côtés de ces personnes, nous devons les soutenir et les aider à reprendre une vie professionnelle", a-t-il poursuivi, soulignant que pour ces personnes, cela pourrait prendre "plusieurs années".

Mais, a-t-il opiné dans une note plus positive, une fois la maladie "sous contrôle", "le reste de l'économie pourra se redresser assez rapidement".

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Commentaires
a écrit le 30/08/2020 à 15:17 :
Suite à une réinitialisation du socle , c’est bien de tester les limites des paramètres financiers.
Je me demande comment va surgir le facteur X pour notre ère ?
a écrit le 27/08/2020 à 19:01 :
C'est qu'ils vont devoir leur trouver du boulot maintenant à tout ces gens dont ils les en ont dépossédé.
Réponse de le 28/08/2020 à 5:58 :
Inutile, un peu d'assistanat et cela les calmera.
10% de chômeurs = 90% de travailleurs qui préféreront toujours la loi et l'ordre à l'anarchie.
Les masses populaires sont aisément manipulables.
Pas d'inquiétude pour les USA 😂
Réponse de le 28/08/2020 à 11:50 :
Le pouvoir américain a su tenir son peuple dans un état infantilisant particulièrement efficace il faut bien le reconnaître aussi, on est dans une relation État-papa, nation-mère liant directement le citoyen à l'avenir de son pays le rendant particulièrement concerné par celui-ci.

La puissance culturelle européenne étant phénoménale elle par contre, on peut reconnaître à l'oligarchie européenne la difficulté de manipuler un peuple mature, les citoyens européens étant à une époque particulièrement exigeant avec des désirs de liberté individuelle de plus en plus importants.

Ils peuvent remercier chaleureusement la radio et la télévision et leurs ancêtres qu'était la presse.

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