La Chine baisse ses taux directeurs face aux effets néfastes de sa politique "zéro covid"
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THOMAS WHITE
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Ce n'était pas attendu. Ce lundi 15 août, la Banque centrale chinoise a abaissé plusieurs de ses taux directeurs, c'est-à-dire les taux auxquels elle prête de l'argent aux banques. L'objectif : accroître les liquidités de ces dernières afin de les pousser à accorder davantage de prêts, et ainsi soutenir l'activité économique du pays.
Dans le détail, la Banque centrale a fixé son taux de refinancement des banques à sept jours à 2% (contre 2,10%), et son taux de refinancement à un an à 2,75% (contre 2,85%). Mais ces mesures pourraient ne pas suffire, face à la menace constante du covid.
La deuxième économie mondiale avait connu en juin un rebond de l'activité après la levée de nombreuses restrictions sanitaires en particulier à Shanghai, la capitale économique, confinée durant deux mois au printemps.
Mais cette reprise reste fragile et tributaire de la politique sanitaire dite "zéro covid". La Chine continue d'appliquer des confinements particulièrement stricts, qui pèsent sur l'économie avec des mises à l'arrêt inopinées d'entreprises et une baisse des ventes dans les commerces.
Conséquence de cette politique, en juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu sous l'effet d'un rebond du covid. Et ce, alors que les analystes attendaient une accélération. La situation sanitaire ne semble pas s'arranger : le pays est confronté ces dernières semaines à un rebond épidémique, limité en termes de cas mais qui touche de nombreuses provinces.
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Principal indicateur des dépenses des ménages, les ventes de détail ont enregistré une hausse de 2,7% sur un an, contre 3,1% en juin, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). De son côté, la production industrielle s'est affichée en hausse de 3,8% sur un an, mais ce rythme est inférieur à celui de juin (+3,9%) et aux prévisions des analystes (+4,6%). Ces indicateurs "décevants" sont le reflet d'une "perte de vitesse" de la reprise post-pandémie, souligne à l'AFP Ken Cheung, analyste pour la banque japonaise Mizuho.
Ces rebonds épidémiques viennent s'ajouter aux difficultés qui pesaient déjà sur l'économie chinoise: consommation atone, tour de vis de Pékin contre plusieurs secteurs dynamiques dont celui de la tech, incertitudes liées à l'Ukraine mais aussi à une forte crise de l'immobilier.
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De son côté, l'investissement en capital fixe a encore ralenti en juillet (à 5,7%). Il s'agit du cinquième mois consécutif de baisse et un autre signe que les perspectives économiques restent moroses.
(avec AFP)
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