Chine: la levée des restrictions sanitaires stimule le commerce extérieur, pas les importations
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Déjouant les pronostics, les exportations chinoises poursuivent sur leur lancée. Les ventes à l'étranger ont bondi en juin à 17,9% sur un an, selon des chiffres des Douanes chinoises publiés mercredi, contrairement aux prévisions des analystes qui anticipaient un ralentissement (12,8%), après une hausse de 16,9% en mai.
Cette poussée du commerce extérieur chinois s'explique par la levée de restrictions sanitaires, notamment à Shanghai, place stratégique pour le commerce international. Après deux mois de confinement, en réponse à une nouvelle flambée épidémique à l'échelle nationale, le confinement de Shanghai a pris fin en juin, permettant une reprise de l'activité dans la plus grande ville de Chine et sa région. Avec l'assouplissement des restrictions, « le débit quotidien de fret au port de Shanghai a retrouvé 95% de son niveau normal fin juin », relève l'économiste Rajiv Biswas, du cabinet S&P Global Market Intelligence, cité par l'AFP.
En juin, l'excédent commercial de la Chine a atteint un plus haut depuis cinq mois à 97,4 milliards de dollars (97 milliards d'euros). L'excédent chinois s'élevait à 78,7 milliards de dollars un mois plus tôt.
Le commerce extérieur a repris de « manière significative », s'est félicité devant la presse le porte-parole des Douanes, Li Kuiwen, reconnaissant toutefois des « facteurs d'instabilité et d'incertitude » - non précisés. Toutefois, « la robustesse des exportations risque de ne pas durer », prévient l'économiste Zhiwei Zhang, du cabinet Pinpoint Asset Management.
Depuis deux ans, les exportations chinoises ont largement profité des besoins du reste du monde en produits de protection contre le Covid-19. Mais cette demande est en repli avec le retour à une vie normale dans de nombreux pays. La menace de récession aux Etats-Unis et en Europe, conjuguée au risque d'une nouvelle vague de propagation du Covid-19 sur le Vieux Continent, affaiblit par ailleurs la demande en produits chinois.
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En revanche, les importations de la Chine ont, elles, fortement ralenti en juin (+1% sur un an), après une hausse de 4,1% un mois plus tôt. En volume, les importations en juin ont ainsi connu un plus bas depuis trois ans. Les analystes anticipaient un tassement, mais plus modéré (4%).
Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement des achats chinois de produits étrangers. Les incertitudes liées au Covid-19 - qui pénalisent l'activité et pèsent sur le revenu des ménages - refroidissent la consommation et par conséquent, les achats de produits étrangers.
Ce coup de frein s'explique également par la « fragilité » du secteur de la construction, qui entraîne une demande moins importante en matériaux de construction importés. L'immobilier, qui a longtemps été un pilier de la croissance en Chine, est touché de plein fouet par la conjoncture et le Covid-19. De nombreux groupes immobiliers, dont le poids lourd Evergrande, sont par ailleurs en difficulté financière, ce qui refroidit davantage les acheteurs.
Malgré la bonne performance du commerce extérieur, la Chine devrait annoncer vendredi pour le deuxième trimestre l'une des croissances les plus faibles depuis 2020. En raison des restrictions sanitaires et de la crise dans l'immobilier qui ont porté un rude coup à l'économie, avec nombre d'entreprises, d'usines et de commerces contraints de cesser leur activité, et des chaînes d'approvisionnement sous tension, un groupe de douze experts interrogés par l'AFP table en moyenne sur une hausse de 1,6% sur un an du produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale, sur la période avril-juin.
Le chiffre officiel sera dévoilé vendredi avec d'autres indicateurs économiques. Au trimestre précédent, le PIB de la Chine avait progressé de 4,8% sur un an, en-deçà de l'objectif de 5,5% fixé cette année par Pékin.
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Si, avec la levée du confinement de Shanghai début juin, l'économie chinoise a retrouvé néanmoins des couleurs, la consommation reste encore fragile à court terme. Ces derniers jours, un nouveau rebond épidémique fait craindre le retour de restrictions, en particulier dans une importante région manufacturière dans l'est de la Chine.
(Avec AFP)
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