Pékin renforce sa surveillance sur ses géants de la tech

Alors que Didi, le "Uber chinois" et deux applications de transport routier ainsi que le site numéro un de recherche d'emploi, sont dans le viseur des autorités chinoises, le pays accentue la pression sur ses sociétés technologiques. Pékin vient d'annoncer que les plates-formes avec plus d'un million d'utilisateurs devraient désormais se soumettre à des contrôles de sécurité avant toute cotation à l'étranger.
L'autorité de régulation précise sur son site internet que ces inspections porteront sur les risques de compromission, de contrôle ou manipulation de données par des gouvernements étrangers.
L'autorité de régulation précise sur son site internet que ces inspections porteront sur les risques de compromission, de contrôle ou manipulation de données par des gouvernements étrangers. (Crédits : THOMAS PETER)

Alors que dimanche dernier, l'Administration chinoise du cyberespace (CAC) ordonnait le retrait de l'application Didi, le "Uber chinois", des boutiques en ligne du pays, l'accusant de collecte illégale de données, la CAC va encore plus loin ce 10 juillet. Elle vient d'annoncer que les plates-formes de plus d'un million d'utilisateurs devraient désormais se soumettre à des contrôles de sécurité avant toute cotation à l'étranger. La Chine accentue ainsi sa mainmise sur les géants nationaux de la tech.

L'autorité de régulation précise que ces inspections porteront sur les risques de compromission, de contrôle ou manipulation de données par des gouvernements étrangers. Les entreprises concernées devront également soumettre aux autorités tout projet d'introduction en Bourse.

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Le cas Didi

Didi, entré la semaine dernière à la Bourse de New York, est dans le viseur du gouvernement chinois. L'application qui domine le marché chinois des véhicules avec chauffeur depuis qu'elle a chassé son rival américain Uber en 2016, est aujourd'hui visée par une enquête du régulateur chinois pour de potentiels "risques" en matière de collecte de données personnelles d'utilisateurs. L'autorité chinoise chargée de la cybersécurité a ainsi annoncé le 4 juillet le retrait de Didi de ses applications, elle sera suspendue le temps de l'enquête, indique l'autorité.

Résultat, l'action de l'application chinoise de VTC a, depuis cette annonce, plongé. La société a perdu environ 21,5 milliards de dollars de valeur boursière sur trois séances cette semaine, les investisseurs craignant les répercussions de la surveillance accrue exercée par Pékin sur les entreprises technologiques nationales et celles cotées à l'étranger.

Conséquence de l'introduction en Bourse ?

Car Didi n'est pas un cas isolé. Pékin fait ces derniers mois preuve de davantage de fermeté à l'égard du secteur du numérique et a lancé des procédures à l'encontre de plusieurs entreprises, priées de "rectifier" des pratiques jusque-là tolérées. Deux applications de transport routier et le site numéro un de recherche d'emploi, sont ainsi également dans le viseur de l'autorité chinoise de surveillance de la cybersécurité, qui a aussi suspendu leurs téléchargements. Ces entreprises ont toutes le point commun d'être entrées à Wall Street récemment.

"Pékin est mécontent de voir ses champions (du numérique) s'acoquiner avec des actionnaires étrangers", estime l'analyste du cabinet Eurasia Group, Lu Xiaomeng, interrogé par l'agence Bloomberg. Les autorités chinoises "veulent que les entreprises technologiques conservent leurs principaux actifs - données et algorithmes - en Chine", a-t-il ajouté.

Si aucun détail sur la nature des faits commis par ces applications n'a pour l'instant été dévoilé par l'autorité chinoise de la cybersécurité, les actions menées par celles-ci sont en effet la preuve, selon Martin Chorzempa (chercheur pour le Peterson Institute for International Economics), que "les introductions en bourse sont dangereuses en Chine car elles attirent l'attention des régulateurs sur une entreprise prospère".

(Avec agences)

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Commentaires 5
à écrit le 12/07/2021 à 9:52
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Il est clair que comme le gouvernement américain ou russes les chinois gèrent et surveillent leurs intérêts .Une société en bourse qui détient les données de tout un pays peut changer de main facilement tout en gardant un emballage national .En Europ...

à écrit le 11/07/2021 à 15:23
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Il n'y a rien d'autre à dire que la Chine est une dictature Staliniste, pseudo communiste. Dîner avec le diable nécessite une grande cuillère dont nombre de cupides n'ont pas envisagé l'achat.

à écrit le 11/07/2021 à 9:26
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Effet logique du ménage que sont en train de faire les américains dans leur finance ce qui freine les investissements en Chine, celle-ci donc voyant que la fête est finie réagi en faisant le ménage aussi. Ya que l'UE elle qui garde son gros bordel qu...

à écrit le 11/07/2021 à 8:05
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Si la Chine vous intéresse et si vous voulez mieux en connaître les réalités, il faut lire les quatre livres de Jean Tuan publiés chez C.L.C. Editions. Le premier "Mémoires chinoises" évoque la parcours de son père venue en France de Chine en 1929, l...

à écrit le 10/07/2021 à 22:26
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La balance bénéfice risque, pour les adultes, mais a 12 ans, quel bénéfice si ils n'ont pas le problème? le risque sans doute du coup, non?

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