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ÉconomieInternational

La Corée du Nord offre de fermer son site atomique en mai

Photo de Sylvain Rolland

latribune.fr

Publié le 29 avril 2018 à 09:24 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:01

Pyongyang va demanteler publiquement son site nucleaire en mai

Pyongyang va demanteler publiquement son site nucleaire en mai

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Le leader nord-coréen Kim Jong Un a proposé, selon Séoul, de fermer son site d'essais atomiques en mai et d'inviter des experts américains et coréens du sud, ainsi que des journalistes internationaux, dans le pays.

Donald Trump avait-il de bonnes raisons de se montrer optimiste optimiste sur la possibilité d'un accord nucléaire avec Pyongyang ? D'après la présidence sud-coréenne, le leader de la Corée du Nord, Kim Jong Un, a proposé de fermer son site d'essais atomiques en mai, et d'inviter des experts américains et coréens du sud, ainsi que des journalistes internationaux, pour vérifier et relayer le processus.

Cette promesse est la dernière illustration en date du tourbillon diplomatique qui s'est emparé ces derniers mois de la péninsule, avec vendredi un sommet intercoréen historique. M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in sont convenus à cette occasion de parvenir via la "dénucléarisation totale" à "une péninsule coréenne non nucléaire".

Etat d'esprit étonnamment collaboratif

Pendant des années, Pyongyang a soutenu qu'il ne renoncerait jamais à l'arme atomique, indispensable selon lui pour le protéger d'une invasion américaine.

"M. Kim a dit, au cours du sommet avec le président Moon, qu'il procèderait à la fermeture du site en mai et qu'il allait bientôt inviter des experts de Corée du Sud et des Etats-Unis ainsi que des journalistes pour révéler le processus à la communauté internationale de manière transparente", a déclaré Yoon Young-chan, le porte-parole de la Maison bleue, la présidence sud-coréenne.

"M. Kim a déclaré "Les Etats-Unis nous trouvent repoussants, mais une fois que nous parlerons, ils se rendront compte que je ne suis pas quelqu'un qui va tirer une arme nucléaire sur le Sud ou les Etats-Unis ou viser les Etats-Unis", a poursuivi le porte-parole.

Le leader aurait aussi ajouté : "Si nous nous voyons souvent (avec Washington), si nous construisons la confiance, mettons fin à la guerre et finalement qu'on nous promet qu'il n'y aura pas d'invasion, pourquoi vivrions nous avec des armes nucléaires?".

Une carotte avant le sommet Corée du Nord - Etats-Unis ?

Il est vraisemblable que ces déclarations soient perçues comme une carotte avant un autre sommet très attendu, entre M. Kim et le président américain Donald Trump, lequel a fait montre d'un optimisme prudent. La rencontre aura lieu "dans les trois ou quatre prochaines semaines", a dit le chef de la Maison Blanche lors d'un rassemblement de ses partisans dans le Michigan, et elle sera "très importante".

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Donald Trump a promis de "rendre un grand service à la planète" en parvenant à un accord sur le nucléaire avec Pyongyang. Le président américain a été prompt à mettre son rôle en exergue dans la détente en cours, via ce que la Maison Blanche qualifie de "campagne de pressions maximum", soit des discours très durs, le renforcement des sanctions et l'isolement diplomatique.

"Vous vous rappelez ce qu'ils disaient ? "Il va nous plonger dans une guerre nucléaire"", a lancé M. Trump. "Non, la force va nous préserver de la guerre nucléaire, elle ne va pas nous y plonger!".

Mais il a également prévenu que le sommet pourrait tourner court. "Ce qui arrivera arrivera. Je peux y aller. Cela peut ne pas marcher". Dans ce cas, "je pars", a-t-il déclaré.

D'après CBS News, la rencontre pourrait se tenir en Mongolie ou à Singapour. On ignore si le Nord propose d'accueillir des spécialistes américains sur son site d'essais souterrains de Punggye-ri avant ou après le sommet.

Un jeu de poker menteur ?

M. Kim a également balayé durant sa rencontre avec M. Moon l'idée que le site soit hors d'usage, comme l'ont suggéré certains experts, après le dernier test atomique en septembre.

"Certains racontent qu'on ferme un site d'essais qui est déjà inutilisable mais, comme ils le constateront lors de leur visite, il y a deux tunnels supplémentaires encore plus grands (...) et ils sont en bon état", a déclaré le dirigeant nord-coréen, cité par la présidence sud-coréenne.

Le Nord a déjà invité des spécialistes étrangers sur son principal site nucléaire de Yongbyon en 2008 quand il avait détruit une tour de refroidissement vétuste, relève Hong Ming, analyste à l'Institut Corée pour l'unification nationale. Il juge la situation plus prometteuse aujourd'hui :

"Il y a une grande différence entre faire sauter une tour de refroidissement et démanteler son unique site de tests nucléaires, le seul en état de fonctionnement si Kim dit vrai", observe l'expert, pour qui le Nord-Coréen "abandonne par avance un pion majeur qu'il aurait pu conserver pour la rencontre avec Trump".

"Vu qu'il ne s'agit que d'un geste de conciliation avant la rencontre, celle-ci est susceptible de produire quelque chose de plus concret, y compris l'éventail d'armes et installations nucléaires à démanteler et un calendrier spécifique pour ce faire".

Tensions au maximum en 2017

En 2017, le Nord a procédé à son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, et testé des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) mettant à sa portée la partie continentale du territoire des Etats-Unis. Les tensions avaient alors atteint des sommets.

Washington exige que le Nord renonce à ses armes nucléaires et réclame que la dénucléarisation soit totale, vérifiable et irréversible. Pyongyang demande pour discuter de son arsenal des garanties de sécurité non précisées.

Le concept de "dénucléarisation" de la péninsule est sujet à des interprétations contradictoires. Le Nord réclame le départ des 28.500 militaires américains stationnés au Sud et le retrait du parapluie nucléaire américain. Mais il a envahi son voisin en 1950 et c'est la seule Corée à posséder des armes nucléaires.

La guerre s'est achevée en 1953 sur un armistice qui n'a pas été suivi d'un traité de paix, si bien que les deux pays sont toujours techniquement en guerre. Durant leur sommet, MM. Kim et Moon se sont engagés à rechercher une paix "permanente" sur la péninsule.

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Signe supplémentaire de bonne volonté du Nord, M. Kim a aussi annoncé que son pays se remettrait à la même heure que sa voisin, selon Séoul. En 2015, Pyongyang avait subitement annoncé que toutes les horloges du pays seraient retardées de 30 minutes pour en finir avec la mesure du temps imposée il y a plus d'un siècle par le colonisateur japonais.

latribune.fr

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