La Russie et l'Ukraine comptent parmi les plus importants exportateurs de blé du monde. Le conflit, qui a débuté ce jeudi, pourrait notamment déboucher sur un blocus maritime des ports ukrainiens par la flotte russe ce qui retirerait d'importants volumes du marché international faisant craindre une raréfaction de l'offre. La situation a envoyé le prix du blé à Chicago, la référence internationale, à son plus haut niveau depuis juillet 2012, à 9,26 dollars le boisseau.La décision du président russe Vladimir Poutine de lancer une opération militaire tôt ce jeudi matin, dans les régions du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, et a exhorté les forces ukrainiennes de déposer les armes et de se retirer a pour conséquence de soutenir les prix de plusieurs matières premières dont le blé, qui a atteint un nouveau record à Chicago, depuis juillet 2012, atteignant 9,26 dollars le boisseau (27 kg), progressant de 5,7%. Sur Euronext, le prix de la tonne de blé meunier a atteint 344 euros, en hausse de près de 12% par rapport à son cours de clôture de la veille, et son plus haut niveau historique.
Ces derniers jours, les prix étaient déjà soutenus par le risque d'un affrontement entre les armées russe et ukrainienne après la décision de Vladimir Poutine de reconnaître l'indépendance des régions russophones sécessionnistes du Donbass. Si les premières sanctions annoncées par Joe Biden ciblaient avant tout la fortune des oligarques, proches du président russe, excluant pour le moment l'énergie ou les produits agricoles, les primes de risque commençaient à être prises en compte sur les marchés. Le cabinet français Agritel alertait mercredi dans un communiqué : "Les craintes d'un conflit armé bloquant la logistique ukrainienne sont réelles. Si elles se concrétisent, le marché mondial se verrait coupé d'une source importante de matières premières agricoles."
Des acteurs majeurs
Russie et Ukraine sont des acteurs majeurs du marché des céréales, notamment du blé. La première est le premier exportateur mondial, avec une part de 18%, la deuxième se place au quatrième rang, avec plus de 7%. Les deux pays pèsent donc pour près d'un quart des exportations mondiales de blé. Toute interruption prolongée affecterait donc de nombreux pays dont la Chine, qui a fait de l'Ukraine une pièce maîtresse pour renforcer sa sécurité alimentaire. Pékin était le premier importateur de céréales ukrainiennes en 2021, représentant 21% des exportations de céréales du pays. Par ailleurs, l'Ukraine a exporté un record de 8,2 millions de tonnes de maïs vers la Chine en 2021, soit près de 30 % du total des importations chinoises de cette céréale.