La Fed coincée entre l'inflation et le risque de récession aux Etats-Unis
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Jerome Powell, président de la banque centrale des Etats-Unis.
Reuters
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Comment calmer une hausse des prix (CPI) qui s'est affichée à 9,1% en juin aux Etats-Unis, au plus haut depuis plus de 40 ans, en évitant que l'économie américaine ne tombe en récession ? Tel est le dilemme récurrent que doit résoudre le comité de politique de la Réserve fédérale américaine (FOMC). Réunis mardi et mercredi, ses membres devraient relever - pour la quatrième fois cette année - de 75 points de base les taux des fonds fédéraux. C'est du moins ce sur quoi tablent les marchés. Dans ce cas, les taux se situeraient dans une fourchette de 2,25% à 2,5%.
Le scénario d'un relèvement de 100 points de base ne semble plus être de mise, les risques de récession s'étant éloignés ces derniers jours. Si dans ses nouvelles prévisions sur l'économie mondiale publiées ce mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé fortement à la baisse ses projections d'avril, l'institution table néanmoins sur une croissance des Etats-Unis de 2,3% (-1,4 point) en 2022 et 1% en 2024 (-1,3 point), même si le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas avertit que "l'environnement actuel suggère que la possibilité que les Etats-Unis échappent à la récession est en effet étroite".
Pour sa part, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, affirmait dimanche sur la chaîne NBC qu'"une récession est une contraction généralisée qui affecte de nombreux secteurs de l'économie. Nous n'avons tout simplement pas ça », faisant valoir que "le marché du travail est maintenant extrêmement solide". Le taux de chômage en juin s'établissait à 3,6% pour le troisième mois consécutif, au plus bas depuis février 2020. Toutefois, "nous sommes dans une période de transition où la croissance ralentit. Et il est nécessaire (...) de croître à un rythme régulier et durable", a-t-elle ajouté.
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Lors de sa conférence de presse, mercredi, Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine, devrait lui aussi présenter les perspectives de l'institution sur l'économie américaine, et préciser la façon dont les membres de l'institution envisagent la poursuite du resserrement monétaire. "Sa 'fonction de réaction', c'est-à-dire le cadre d'analyse des données économiques, a été assez erratique et changeante ces derniers temps. Récemment, la Fed semblait mettre davantage d'emphase sur l'inflation en temps réel - forcément choquante à plus de 9% - ainsi que sur les anticipations - erratiques - d'inflation des ménages, tout en balayant les prévisions de ses économistes internes montrant une forte baisse de l'inflation dans les prochains mois, ou les anticipations du marché obligataire, qui prévoient également une forte baisse", relève Thomas Costerg, économiste chez Pictet Wealth Management.
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