La Fed résiste à Trump et relève ses taux pour la troisième fois de l'année

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La Réserve fédérale américaine résiste fermement à Donald Trump. Comme prévu, la banque centrale dirigée par Jerome Powell applique sa politique de hausses graduelles des taux d'intérêt avec pour objectif d'éviter la surchauffe.
La Réserve fédérale américaine résiste fermement à Donald Trump. Comme prévu, la banque centrale dirigée par Jerome Powell applique sa politique de hausses graduelles des taux d'intérêt avec pour objectif d'éviter la surchauffe. (Crédits : Statista)
Comme attendu, la Banque centrale américaine (Fed) a relevé ses taux d'intérêt de 2% à 2,25%, en insistant sur le dynamisme de la première économie mondiale qui devrait croître plus vite que prévu, selon le Comité de politique monétaire (FOMC). De son côté, le président américain Donald Trump s'est (à nouveau) dit "mécontent" de cette politique du relèvement du coût du crédit qui, selon lui, pourrait nuire à l'économie américaine à terme.

Sans surprise, la Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté ses taux d'intérêt d'un quart de point, pour les porter dans la fourchette de 2% à 2,25%, soit leur plus haut niveau depuis dix ans, à la veille de la crise financière. Il s'agit ni plus ni moins de la troisième hausse de taux décidée depuis le début de l'année et de la septième sur les huit derniers trimestres. La Fed en prévoit une autre d'ici la fin de l'année, trois de plus l'an prochain et une en 2020.

Un tel scénario porterait le principal taux d'intérêt américain à 3,375% fin 2020, soit près d'un demi-point au-dessus du niveau considéré comme "neutre", c'est-à-dire qui ne favorise ni ne freine la croissance économique.

Par cette initiative, la Banque centrale entend maîtriser l'inflation et éviter une surchauffe après le stimulus budgétaire massif décidé par l'administration Trump et alors que le marché de l'emploi est très étroit, favorisant la hausse des prix. Mais en relevant le taux de l'argent au jour le jour que les banques se prêtent entre elles, ce resserrement monétaire renchérit le coût du crédit pour les consommateurs et entrepreneurs, ce qui n'est pas du goût de l'administration.

La référence au caractère "accommodant" de la politique de la Fed retirée

Pour la première fois depuis 2011, la Fed ne qualifie plus sa politique monétaire "d'accommodante", ce qui était synonyme d'une politique monétaire à bas taux dans l'optique de soutenir la reprise. Elle n'a toutefois pas encore choisi comment caractériser sa nouvelle approche mais elle continue de plaider pour "des hausses graduelles des taux".

De ce fait, le président Donald Trump a immédiatement déploré ce relèvement du coût du crédit lors d'une conférence de presse à New York.

"Malheureusement, ils viennent juste d'augmenter un peu les taux d'intérêt parce que nous (l'économie) nous portons bien. Je ne suis pas content".

Dans le courant de l'été, Donald Trump s'en était déjà vivement pris à la Fed, fait rarissime pour un président américain en exercice. Il considère que la politique menée par Jérôme Powell, le président de la banque centrale (un républicain modéré et respecté, nommé à la surprise générale par Trump lui-même), pourraient nuire à l'économie américaine.

Pourtant, le locataire de la Maison Blanche a nommé fin août Richard Clarida à la vice-présidence de la banque centrale américaine - l'un des postes les plus en vue à la Fed, qui s'est dit "en cohésion" avec Jerome Powell.

Lire aussi : Trump critique ouvertement la Fed, le dollar fléchit

De nouvelles prévisions économiques

En outre, la Banque centrale a révisé en nette hausse sa prévision de croissance pour cette année aux Etats-Unis, mais a laissé inchangée son estimation d'inflation de juin, qui devrait s'accélérer à 2,1%. Elle table désormais sur une croissance du PIB de 3,1% contre 2,8 anticipés en juin (puis 2,5% en 2019 et 2% en 2020).

Sur le front de l'emploi, le taux de chômage devrait s'établir à 3,7% (+0,1 point) avant de diminuer à 3,5% en 2019 et 2020.

Pour la première fois, la Fed publie aussi des prévisions pour 2021. La banque centrale s'attend à une hausse du PIB de 1,8% et une inflation de 2,1%.

Statista, Fed, 2017

(*) Un graphique de notre partenaire Statista.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 28/09/2018 à 13:10 :
Avec 4,2 % de croissance, l’économie américaine est en forme, le taux de chômage est inférieur à 4 %.
Par contre, la méthode utilisée pour booster la croissance parait risquée, notamment la baisse massive d’impôts de 1500 milliards dollars, dans un contexte de dette déjà importante et de déficits de l’Etat en augmentation. (http://www.oecd.org/unitedstates/economic-survey-united-states.htm). A noter aussi une baisse de l’espérance de vie (slide 29).
Le risque majeur est dans l’inflation et aussi que les mesures protectionnistes ne provoquent des effets non maitrisables, exemple avec les mesures de surtaxes à l’import qui peuvent faire grimper les prix, ou faire baisser les profits de entreprise (voir impact pour Ford avec la hausse sur l’acier : https://www.bloomberg.com/news/videos/2018-09-26/ford-ceo-says-metals-tariffs-took-about-1-billion-from-profits-video).

Cette croissance est elle enviable, ou est il préférable de maintenir une stabilité à long terme ? certains l’ont comparée à la zone Euro : http://www.atlantico.fr/decryptage/croissance-americaine-encore-revue-hausse-mais-que-fait-donald-trump-que-europe-ne-fait-pas-nicolas-goetzmann-3491404.html

Politique rigoureuse de l'UE suite à la crise de 2008. Tant qu'à être dans les contraires, on pourrait intensifier les échanges multilatéraux, axer la croissance de l'UE sur les énergies propres et sur les nouvelles technologies pour reprendre le leadership.
a écrit le 27/09/2018 à 13:33 :
"La Fed résiste à Trump"

Dont Trump a choisi le nouveau directeur.

Non mais les gars vous y croyez à ce titre ???

N'importe quoi... S'il y a vraiment deux sujets sur lesquels il ne faut surtout pas s'informer dans les médias classiques c'est trump et le brexit, à moins d'être amis proches de la désinformation et de la propagande... Ah ben tiens c'est plein de crétinéolibéraux par contre !

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