La guerre de Trump contre les médias en cinq actes

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Donald Trump est un adepte des attaques contre les médias américains sur Twitter.
Donald Trump est un adepte des attaques contre les médias américains sur Twitter. (Crédits : REUTERS/Kevin Lamarque)
Donald Trump a multiplié des attaques contre des membres de la chaîne CNN le week-end dernier. A force de provocations et d'insultes, le comportement du président américain est parfois comparé à une incitation à la violence contre les journalistes. Retour en cinq points sur les principaux dérapages du chef d'Etat à l'égard du quatrième pouvoir depuis son arrivée à la Maison Blanche.

La guerre entre Trump et les médias américains monte d'un cran. Après avoir insulté deux journalistes de l'émission Morning Joe sur Twitter la semaine dernière, le président américain a réitéré ses provocations dans une nouvelle vidéo postée sur le réseau social dans laquelle il exprime une violence physique et verbale à l'égard de la chaîne d'information CNN. Au mois de janvier dernier, le milliardaire avait partagé son point de vue radical sur les journalistes dans les locaux de la CIA :

"Comme vous le savez, je suis actuellement en guerre contre les médias. Ils font partie des êtres humains les plus malhonnêtes de la planète."

Par cette déclaration, il annonçait clairement sa position sur le quatrième pouvoir aux Etats-Unis qu'il ne cesse de critiquer à l'aide de provocations très virales postées sur Twitter.

1- Trump contre CNN

Le président a posté sur son compte Twitter le 2 juillet dernier une vidéo de 28 secondes le mettant en scène en train de tabasser un homme à terre dont le visage est masqué par un logo de CNN. La vidéo originelle a été filmée en 2007 au moment où Donald Trump assistait à un match de catch.

La mise en ligne de cette vidéo, retweetée plus de 300.000 fois, avec les hashtags : #FraudnewsCNN et #FNN pour Fraud News Network a fait réagir la grande chaîne américaine dans un communiqué.

"C'est un triste jour quand le président des Etats-Unis encourage à la violence contre les journalistes.[...] Nous continuerons à faire notre travail. Il devrait continuer à faire le sien." 

2- MSNBC dans le viseur

Jeudi 29 juin, le président des Etats-Unis a attaqué un couple de journalistes travaillant chaque matin pour l'émission Morning Joe sur la chaîne progressiste MSNBC. Il s'agit de Mika Brzezinski, fille de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, et Joe Scarborough, un ancien élu républicain.

Mika Brzezinski a émis quelques critiques sur l'administration du président républicain, qu'il faut observer "comme une entreprise". "Si quelqu'un venait à NBC et prenait le pouvoir, et commençait à tweeter furieusement à propos de l'apparence des gens, à harceler les gens, à parler de gens à la concurrence, à mentir tous les jours, à saper ses dirigeants, à les jeter sous le (bus) - cette personne serait limogée", a déclaré la présentatrice dans des propos rapportés par l'AFP. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir l'ancien présentateur de téléréalité dans une série de tweets.

"J'ai entendu Morning Joe parler en mal de moi (ne regardez plus). Alors comment se fait-il que la folle Mika avec un faible QI, avec Joe le psychopathe soient venus  à Mar-a-Lago trois nuits d'affilée autour du nouvel an, et aient insisté pour me rejoindre. Elle saignait abondamment à cause d'une chirurgie esthétique au visage. J'ai dit non"

La célèbre chaîne américaine a immédiatement réagi sur Twitter  en expliquant que :

"C'est un triste jour pour l'Amérique quand le président passe son temps à harceler, à mentir et exprimer de mesquines attaques personnelles au lieu de faire son travail."

3- Des journalistes traités comme des menteurs

Lors d'une conférence de presse en février dernier à la Maison Blanche, l'ancien magnat de l'immobilier a assuré que "beaucoup de journalistes de (son) pays ne vous diront pas la vérité [...] Nous devons comprendre ce qu'il se passe, car sincèrement la presse est hors de contrôle". Le niveau de "malhonnêteté est hors de contrôle". Pour l'ONG Reporters sans frontières engagée pour la liberté de la presse dans le monde, ces attaques verbales "contre des journalistes américains sont alarmantes car elles proviennent du président des Etats-Unis, un pays censé protéger la liberté de la presse grâce au Premier amendement de sa Constitution".

4- Affaire russe : Trump dénonce les mensonges des médias

A la fin de sa tournée au Moyen-Orient et en Europe en mai dernier, le dirigeant américain a réagi sur Twitter aux révélations de la presse américaine sur de possibles collusions entre la Russie et des membres de la Maison blanche ou de son équipe de campagne.

 "C'est mon opinion que beaucoup de fuites sont des mensonges fabriqués par les médias #FakeNews."

Dans un autre tweet, il explique que "les médias 'Fake News' travaillent dur à dénigrer et dévaloriser mon utilisation des médias sociaux car ils ne veulent pas que l'Amérique entende la véritable histoire". Empêtré dans une série de difficultés vis à vis du rôle de la Russie lors de la dernière campagne présidentielle, Donald Trump se réfugie régulièrement derrière l'argument des prétendus "fake news" pour assurer sa défense.

> Lire aussi l'opinion de Florian Silnicki, expert en stratégies de communication et fondateur de l'agence LaFrenchcom : Fake News : un défi pour les communicants plongés dans l'ère de la post vérité

5- Un partisan des "faits alternatifs"

Dès son investiture, l'administration de la Maison blanche a ouvertement contesté les faits avancés par les médias américains sur la foule présente lors de cet événement. La presse avait avancé qu'il y avait plus de monde lors de l'arrivée au pouvoir de Barack Obama.

Rapidement, la conseillère spécialiste des sondages Kellyanne Conway, en charge de la communication du candidat républicain lors de la campagne, avait expliquer devant les caméras du monde entier que la foule présente le jour de l'investiture était bien plus nombreuse que pour l'investiture de Barack Obama. Cette fervente partisane des "alternative facts" inaugurait alors l'ère d'une communication présidentielle très agressive envers le quatrième pouvoir.

> Lire aussi : Qui est Kellyanne Conway, la conseillère de Trump à l'origine des "faits alternatifs" ?

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Commentaires
a écrit le 15/09/2017 à 3:14 :
En France les politiciens n"ont pas le courage de dire ce qu'ils pensent des médias
a écrit le 04/07/2017 à 11:19 :
Bonjour,

Le fait :
- qu'un cadre de CNN se soit fait piégé par le projet Veritas dans une séquence ou le cadre en question dit que "les histoires sur Trump et la Russie sont des mensonges, qu'il n'y aucune preuve et que c'est excellent pour l'audience de CNN"
- que l'ancien directeur du FBI ait déclaré publiquement sous serment qu'un certain nombre d'histoires dans la presse qui postulent des relations entre Trump et la Russie sont des mensonges sans fondement car les enquêtes n'ont rien trouvé (a priori les moyens du FBI sont supérieurs à ceux de CNN ou du NYT)

Aurait-il un rapport avec la guerre de Trump contre les médias ?
Ce n'est pas un ange mais devrait-il se laisser trainer dans la boue sans rien dire ?

Pourquoi les médias français ne rendent aucun compte des auditions de Comey notamment sur les mensonges de certains journaux ?

Cdlt.
a écrit le 04/07/2017 à 9:53 :
Il est en guerre contre les médias qui ne le soutiennent pas, parce que la fox par exemple il n'a pas grand chose à leur reprocher, bien au contraire.

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