L'onde de choc de la guerre en Ukraine se propage partout sur la planète. Près de deux mois après l'éclatement du conflit, les indicateurs passent au rouge les uns après les autres. Après la Banque mondiale, ce lundi, et l'OCDE il y a quelques semaines, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2022, passant de 4,4% à janvier à 3,6% en avril (-0,8 point). Pour 2023, la croissance devrait également être moins robuste que prévu à 3,6% contre 3,8% initialement prévu.
"Cette crise survient alors que l'économie mondiale n'avait pas complètement retrouvé son niveau pré-pandémique", a expliqué le nouveau chef économiste français de l'institution, Pierre Olivier Gourinchas, dans une note de blog intitulée "La guerre assombrit les perspectives économiques alors que l'inflation accélère". Après deux longues années de pandémie, la politique du zéro covid et des nombreux confinements encore à l'oeuvre en Chine inquiètent particulièrement les milieux économiques et financiers. La forte dépendance de l'Europe à Pékin risque une nouvelle fois de pénaliser un grand nombre de secteurs industriels.
L'économie ukrainienne s'enfonce dans une terrible récession. En seulement quelques jours, l'activité s'est repliée suite à l'invasion de l'armée russe sur le territoire. D'après les économistes du Fonds, le produit intérieur brut pourrait reculer de -35% en 2022 après une croissance de 3,4% en 2021. Les statisticiens n'ont pas encore fait de projections pour 2023 mais ils sont particulièrement pessimistes pour l'avenir. "Même si le conflit prend fin rapidement, la perte de milliers de vie, la destruction de capital physique et la fuite d'Ukrainiens va sévèrement freiner l'activité pendant des années", indiquent les économistes.