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La Russie prend la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU au grand dam de l'Ukraine

Photo de Coline Vazquez

latribune.fr

Publié le 01 avril 2023 à 15:29 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 19:44

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Vladimir Poutine devrait réussir à maintenir la croissance russe en 2023 grâce à des investissements publics importants

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Conformément à la règle en vigueur, la Russie occupe, depuis ce samedi et pour un mois, la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU, en charge de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. « Une gifle au visage de la communauté internationale », a dénoncé l'Ukraine tout comme les Etats-Unis assurant qu'« un pays qui viole de façon flagrante la Charte de l'ONU et envahit son voisin n'a pas sa place au Conseil de sécurité ». D'autant que, la veille, Moscou a...

C'est « un poisson d'avril », s'est offusqué le ministère lituanien des Affaires étrangères. Et d'ajouter que « la Russie, qui livre une guerre brutale à l'Ukraine, ne peut diriger que le "Conseil de l'insécurité" ». Et pour cause, c'est bel et bien Moscou qui a pris, ce samedi, la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU, pour tout le mois d'avril. Et ce, une semaine après que Vladimir Poutine a annoncé vouloir déployer des armes nucléaires tactiques en Biélorussie, son seul allié diplomatique européen, renforçant les craintes des Occidentaux.

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En vertu de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité, qui compte quinze membres disposant chacun d'une voix, détient la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Sa présidence est assurée par chacun des Membres à tour de rôle pendant un mois, suivant l'ordre alphabétique anglais des noms des États Membres. La Russie succède au Mozambique et sera remplacée en mai par la Suisse.

« La présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies est une gifle au visage de la communauté internationale », a déploré sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba. Selon lui, « les membres actuels » de l'organe exécutif de l'ONU doivent « contrecarrer toute tentative » de la Russie d'« abuser de sa présidence ». Jeudi, Dmyrtro Kouleba avait déjà qualifié cette présidence russe de « mauvaise blague », estimant que « la Russie a usurpé son siège ; elle livre une guerre coloniale ; son président est un criminel de guerre recherché par la Cour pénale internationale pour enlèvement d'enfants ».

La délégation russe dirigée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov

Ces critiques de la part de Kiev n'ont toutefois pas empêché Moscou d'assurer que sa délégation à l'ONU ce mois-ci serait bien dirigée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Un autre événement clé de la présidence russe sera le débat public de haut niveau du Conseil (de sécurité) sur "Un multilatéralisme efficace à travers la défense des principes de la Charte des Nations unies" ». « Cette réunion sera présidée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov », a même déclaré jeudi à la presse sa porte-parole, Maria Zakharova. Elle a souligné que Sergueï Lavrov comptait aussi présider une session de débats sur le Moyen-Orient le 25 avril.

Les soutiens diplomatiques de Kiev, en premier lieu les Etats-Unis, se sont rapidement élevés contre une telle position. « Nous nous attendons à ce que la Russie continue à se servir de son siège pour propager de la désinformation et essayer de détourner l'attention de ses tentatives de justifier ses actions en Ukraine et les crimes de guerre que les membres de ses forces armées commettent », a commenté jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre. « Un pays qui viole de façon flagrante la Charte de l'ONU et envahit son voisin n'a pas sa place au Conseil de sécurité », a-t-elle lancé.

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De son côté, la mission diplomatique estonienne à l'ONU a jugé « honteux et humiliant » que le Conseil de sécurité des Nations unies soit dirigé par la Russie, dont le président Vladimir Poutine est « un criminel de guerre avec un mandat d'arrêt permanent de la CPI ».

Une nouvelle doctrine politique pour éliminer la « domination des Occidentaux »

D'autant que, la veille, la Russie a adopté une nouvelle doctrine de politique étrangère désignant l'Occident comme une « menace existentielle » et dont Moscou doit combattre la « domination ». Dans un document de plus de 40 pages rappelant par son contenu et son langage l'ère de la confrontation entre l'Union soviétique et l'Amérique au siècle dernier, la Russie s'est posée en rempart du monde russophone face aux Occidentaux accusés de vouloir l'« affaiblir par tous les moyens ».

Des changements que Vladimir Poutine a justifié par les « bouleversements sur la scène internationale » qui obligent la Russie à « adapter ses documents de planification stratégique », comme il l'a déclaré lors d'une réunion de son Conseil de sécurité nationale. La nouvelle doctrine relève « la nature existentielle des menaces (...) créées par les actions des pays inamicaux » et désigne les Etats-Unis comme l'« instigateur principal et le chef d'orchestre de la ligne antirusse », a résumé Sergueï Lavrov. « De façon générale, la politique de l'Occident visant à affaiblir la Russie par tous les moyens est caractérisée comme une guerre hybride d'un nouveau genre », a-t-il ajouté.

La doctrine de politique étrangère définit les priorités que les pays se donnent dans les affaires internationales, et de voir la manière dont les Etats en question perçoivent leurs rapports avec le monde. En l'occurrence, le nouveau document, qui remplace une version datant de 2016 et a été publié sur le site du Kremlin, va droit au but : « La Russie entend accorder une attention prioritaire à l'élimination des vestiges de la domination des Etats-Unis et d'autres Etats hostiles dans les affaires mondiales ».

Un rapprochement économique avec la Chine

Dans ce contexte d'isolement en Occident, la Russie cherche à se rapprocher économiquement et diplomatiquement de l'Asie, notamment de la Chine, une priorité vitale qui se reflète dans la nouvelle doctrine. « L'approfondissement global des liens et de la coordination avec les centres mondiaux de pouvoir et de développement souverains amis situés sur le continent eurasien revêt une importance particulière », peut-on lire dans ce document, au chapitre consacré à la Chine et à l'Inde.

Plus tôt en mars, Vladimir Poutine avait affiché sa complicité avec son homologue chinois Xi Jinping lors d'un sommet à Moscou, vantant la « nature spéciale » des relations entre leurs pays, qui semblent néanmoins de plus en plus déséquilibrées en faveur de Pékin, tant la dépendance de Moscou grandit.

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La nouvelle doctrine russe accorde aussi une place importante aux relations avec les pays africains, alors que Moscou renforce sa présence en Afrique notamment par l'intermédiaire du groupe paramilitaire Wagner. En écho au conflit en Ukraine où Moscou affirme vouloir empêcher des exactions contre les populations russophones, le nouveau document présente la Russie comme une « civilisation » ralliant les peuples qui constituent « le monde russe ».

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Alors que Vladimir Poutine se présente comme le champion des « valeurs traditionnelles » de l'Eglise orthodoxe face à un Occident présenté comme décadent, la nouvelle doctrine porte aussi le fer dans le domaine moral. Il faut « neutraliser les tentatives d'imposer des principes idéologiques pseudo-humanistes et néolibéraux, qui conduisent à la perte de la spiritualité traditionnelle et des principes moraux », peut-on ainsi lire.

(Avec AFP)

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