Pavel Sorokin (37 ans), vice-ministre de l'Energie, ex-Morgan Stanley, a joué un rôle de premier plan dans la constitution du partenariat Opep+.
REUTERS/Vasily Fedosenko
En 2023, le monde a prévu de brûler 102 millions de barils par jour (mb/j), du jamais-vu, alors même que depuis des années les rapports du GIEC et les COP se succèdent en réclamant la fin des énergies fossiles... Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le pétrole russe, qui représente 8% de l'offre mondiale, continue à être vendu par différentes voies sur le marché international malgré l'embargo européen et le plafonnement de son prix par le G7, ce qui permet d'éviter une flambée des cours du...
Nous vivons dans un monde de paradoxes qui confère à la schizophrénie. Ainsi, malgré les intentions affichées de se passer des combustibles fossiles, comme le préconisent depuis des années les rapports du GIEC et les COP, la demande mondiale de pétrole devrait atteindre un record historique de 102 millions de barils par jour (mb/j) en 2023, selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et de l'Opep. C'est 2% de plus qu'en 2022. Malgré une inflation qui reste au plus haut depuis plus de 40 ans, la consommation de l'or noir apparaît plus prépondérante que la lutte contre le réchauffement climatique, le prix à la pompe restant un bon baromètre de l'humeur des ménages.
Il faut d'abord réduire la demande avant de réduire l'offre
Comme le rappelait sans état d'âme Bernard Looney, le patron de la major BP, lors de la semaine internationale de l'énergie, qui se tenait à Londres la semaine dernière, si l'on ne réduit pas d'abord la demande de combustibles fossiles avant de réduire l'offre, « cela entraînera nécessairement des flambées des prix ».
Dans le détail, ce sont les pays émergents non membres de l'OCDE qui représentent une large part de la hausse de la demande, avec 1,6 mb/j supplémentaire (+2,9%).
Pour assurer leur croissance économique, ils brûleront 55,5 mb/j, principalement en Asie (1,4 mb/j) dont 0,9 mb/j pour la seule Chine où la reprise post-Covid va s'accélérer en 2023. Mais les pays de l'OCDE participent aussi à cette hausse générale avec 390.000 b/j supplémentaires (+ 0,8%).
Dans le même temps, selon les projections de l'AIE, l'offre mondiale ne devrait progresser que de 1,2 mb/j, à 101,3 mb/j en moyenne cette année, grâce notamment au pays producteurs non membres de l'Opep+, comme les États-Unis.
Comme d'habitude, une partie de la réponse aux possibles tensions du marché de l'or noir en 2023 se trouvera à Vienne (Autriche), au quartier général des pays membres de l'Opep qui, avec la Russie et neuf autres pays, forment le partenariat Opep+ dont les décisions influent sur les cours.
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