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ÉconomieInternational

La Russie réduit ses ambitions ukrainiennes à la "libération" du Donbass

latribune.fr

Publié le 26 mars 2022 à 05:34

Loi russe contre les "mensonges" sur l'action de moscou a l'etranger

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SPUTNIK

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L'armée russe a annoncé vendredi qu'elle allait limiter son offensive au Donbass, dans l'Est de l'Ukraine, alors que les forces de Kiev lançaient une contre-offensive sur la ville de Kherson. Le Donbass est la région de l'est de l'Ukraine constituée de régions administratives de Louhansk et Donetsk, peuplées en partie de russophones, où Moscou a reconnu l'indépendance des deux républiques séparatistes autoproclamées du même nom juste avant le début de son intervention en Ukraine le 24 février.

C'est un tournant majeur de la guerre russe en Ukraine. Plus d'un mois après le début du conflit, l'armée russe a annoncé vendredi qu'elle avait achevé pour l'essentiel la première phase de son opération militaire en Ukraine et qu'elle allait désormais se concentrer sur une "libération" complète de la région orientale du Donbass. Intervenant au moment où les forces de Kiev lançaient une contre-offensive sur la ville de Kherson (sud), l'annonce a surpris un bon nombre d'observateurs qui y vont vu une révision à la baisse des objectifs militaires de Moscou. Pour rappel, les troupes russes avaient attaqué sur trois grands axes, le Donbass à l'est, la Crimée au sud et le nord en direction de Kiev. L'offensive s'est heurtée à une résistance farouche des forces ukrainiennes.

Le Donbass est la région de l'est de l'Ukraine constituée des "oblasts" (région administrative) de Louhansk et Donetsk, peuplées en partie de russophones, où Moscou a reconnu l'indépendance des deux républiques séparatistes autoproclamées du même nom juste avant le début de son intervention en Ukraine le 24 février.

La "libération" de l'ensemble du Donbass, dans la limite de ses frontières administratives, délimitées à l'ouest par les régions de Kharkiv, Dnipropetrovsk et Zaporijjia, était selon le ministère russe de la Défense cité par Interfax une des options de départ de l'"opération spéciale" russe, l'autre étant la conquête de l'ensemble du territoire ukrainien.

L'armée russe contrôle à l'heure actuelle 93% du territoire de l'oblast de Louhansk et 54% du territoire de l'oblast de Donetsk, a déclaré le ministère russe de la Défense.

"Les principaux objectifs de la première phase de l'opération ont été globalement atteints", a déclaré dans un discours le général Sergueï Roudskoï, chef d'état-major adjoint.

"Les capacités de combat des forces armées ukrainiennes ont été considérablement réduites, ce qui (...) permet de concentrer nos principaux efforts sur le principal objectif, la libération du Donbass", a-t-il ajouté.

Les lignes de front ne bougent plus près des villes assiégées

L'annonce de ce recentrage apparent des objectifs militaires de Moscou intervient alors que les lignes de front n'ont quasiment plus bougé depuis des jours à proximité des grandes villes assiégées par l'armée russe, dont Kharkiv, Tchernihiv et Mykolaïv, et alors que les forces ukrainiennes semblent même avoir repris l'ascendant à l'est de Kiev

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Une source diplomatique haut placée à Moscou a estimé que cette annonce du ministère de la Défense était une manière de sauver la face et pourrait être le prélude à une réduction des opérations russes.

"Leurs objectifs de guerre étaient bien plus larges que le Donbass, et laissent leurs forces divisées avec des attaques mal coordonnées sur de multiples fronts par des troupes mal préparées", a-t-elle dit.

Elle a toutefois relevé la rhétorique toujours "extrémiste" du président russe Vladimir Poutine. "Nous devons voir davantage de preuves sur le terrain", a ajouté cette source diplomatique.

A Washington, un haut responsable du Pentagone a estimé que cette nouvelle priorité affichée par Moscou pourrait être une manière de peser sur ses pourparlers avec Kiev et de couper du reste du pays les forces ukrainiennes concentrées sur le front du Donbass.

Trop tôt pour Macron de dire s'il s'agit du début d'une défaite

Interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil européen de Bruxelles, Emmanuel Macron s'est montré prudent : Dire que "c'est un début de repli ou une défaite, ce serait contre-productif (...), c'est trop tôt pour le dire", a dit le président français.

"Ceci indique très clairement qu'en tout cas une opération menée sur tous les flancs de manière simultanée s'est vue contrariée par la résistance héroïque du peuple ukrainien, c'est ce que nous voyons depuis plusieurs jours", a-t-il relevé. "Je ne veux pas maintenant ici y voir en quelque sorte le début d'une justification d'un élément que les voies diplomatiques et que les négociations (...) auront à déterminer."

Vladimir Poutine a présenté l'invasion de l'Ukraine comme une "opération militaire spéciale" visant à démilitariser et "dénazifier" le pays, des prétextes fallacieux selon Kiev et les Occidentaux, d'après qui le véritable objectif de Moscou était de renverser le gouvernement ukrainien.

La Russie exige aussi que l'Ukraine accepte l'annexion de la péninsule de Crimée par Moscou en 2014 et reconnaisse l'indépendance du Donbass, où des séparatistes prorusses combattent l'armée ukrainienne depuis la même date. Les autorités ukrainiennes se disent prêtes à négocier pour mettre fin à la guerre mais refusent de céder à des "ultimatums".

Sergueï Roudskoï a expliqué que la Russie avait initialement songé à limiter son opération à la région du Donbass mais choisi de l'étendre à toute l'Ukraine afin d'en affaiblir les capacités militaires et d'empêcher Kiev d'envoyer des renforts vers l'Est.

L'armée russe n'avait pas exclu de prendre des villes, mais ses tâches étant maintenant achevées, "nos forces et nos ressources seront concentrées sur la priorité : la libération complète du Donbass", a-t-il poursuivi.

Le général russe a également annoncé que 1.351 soldats russes avaient été tués et 3.825 autres blessés en un mois d'intervention en Ukraine.

Biden à Varsovie

Au cours de son déplacement de deux jours en Pologne, Joe Biden, qui était vendredi dans la région de Rzeszow, à une centaine de kilomètres de la frontière ukrainienne, s'entretiendra samedi à Varsovie avec les dirigeants polonais et ira dans un centre d'accueil de réfugiés ukrainiens.

Depuis le 24 février, plus de 2,2 millions de personnes fuyant le conflit sont en effet entrées en Pologne, d'après les garde-frontières polonais, sur environ 3,7 millions au total qui sont parties à étranger, selon l'ONU.

Sur le terrain des combats, Marioupol, un port ukrainien stratégique situé sur la mer d'Azov, redoutait qu'environ 300 personnes ne soient mortes dans le théâtre bombardé le 16 mars.

Des centaines de personnes, "principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées", s'étaient réfugiées dans ce bâtiment, a rappelé la mairie, se référant à des témoignages.

Plus de 2.000 civils ont été tués dans cette ville assiégée, selon la municipalité, et quelque 100.000 de ses habitants y sont toujours bloqués et manquent de tout, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Vendredi soir, le président français Emmanuel Macron a annoncé que la France, la Turquie et la Grèce allaient mener "une opération humanitaire" d'évacuation "dans les tout prochains jours" de civils de Marioupol. Sur le front de Marioupol comme sur les autres, l'invasion russe, qui entre dans son deuxième mois, se mue de plus en plus en une guerre d'usure, cependant que la Russie a reconnu que 1.351 de ses soldats avaient péri en Ukraine et que 3.825 avaient été blessés. En un mois de guerre, a déploré le président Zelensky, des milliers d'Ukrainiens ont été tués, parmi lesquels 135 enfants, a précisé le parquet général.

La veille, à Bruxelles, où il a multiplié les sommets - Otan G7, UE -, le président américain avait promis pour la première fois une "réponse" de l'Otan si la Russie recourait en Ukraine à l'arme chimique, une menace qu'il avait jugée "crédible". Par ailleurs, les négociations russo-ukrainiennes semblaient patiner.

"Les positions convergent sur les points secondaires. Mais sur les principales (questions) politiques, nous faisons du surplace", a ainsi lâché Vladimir Medinski, le négociateur en chef russe.

Les discussions sont "très difficiles", a renchéri le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, niant tout "consensus" pour le moment avec Moscou. En Russie, le président Poutine a signé vendredi soir une loi réprimant de peines de prison pouvant aller jusqu'à 15 ans les "informations mensongères" sur l'action de Moscou à l'étranger, arme répressive supplémentaire pour contrôler l'information sur son offensive en Ukraine.

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L'Ukraine demande à l'UE de fermer ses frontières avec le Bélarus et la Russie

L'Ukraine a demandé vendredi à l'Union européenne de fermer ses frontières avec la Russie et le Bélarus, pays allié de Moscou dans l'invasion menée par l'armée russe en Ukraine depuis un mois.

"Le ministère des Infrastructures propose à l'UE de bloquer complètement les liaisons terrestres et maritimes avec la Russie et le Bélarus", a indiqué le ministère ukrainien sur Telegram, jugeant ces "mesures nécessaires" pour "arrêter la fourniture au pays agresseur de biens à double usage pouvant être utilisés à des fins militaires".

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  • Les pays occidentaux imposent de nouvelles sanctions financières à la Russie, et veulent l'empêcher d'utiliser son or
  • Bataille au G20: les Occidentaux veulent sortir les Russes, la Chine est contre, et la Pologne veut siéger à la place de la Russie

Le ministère a aussi exhorté les Vingt-Sept à "bloquer le transport de biens et de personnes" vers la Russie et le Bélarus "via le territoire de l'UE et à travers ses frontières", précisant avoir "envoyé" une "requête officielle à la Commission européenne". La fermeture des frontières entre l'UE d'une part et la Russie et le Bélarus d'autre part représenterait un renforcement des restrictions déjà mises en place par les Occidentaux depuis le début du conflit russo-ukrainien il y a un mois. Selon Kiev, cela permettrait d'"accroître la pression économique" sur Moscou et Minsk, car "les entreprises russes trouvent des moyens de contourner" les multiples sanctions économiques imposées par l'UE.

(Avec Reuters et AFP)

latribune.fr

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