"La Russie va sombrer dans la décomposition économique, financière et technologique" (Von der Leyen)
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Ursula von der Leyen
SARAH MEYSSONNIER
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Ursula von der Leyen
SARAH MEYSSONNIER
En visite à Kiev ce vendredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prédit un sombre avenir à la Russie. Selon elle, le pays dirigé par Vladimir Poutine est menacé de "décomposition" en raison de sanctions toujours plus sévères au contraire de l'Ukraine qui a un "avenir européen". En ce sens, elle rejoint Joe Biden qui a assuré jeudi que les sanctions allaient "effacer 15 ans de progrès économique en Russie" et qu'elles allaient "étouffer (sa) capacité à croître pour des années" .
Des propos qui interviennent alors que l'UE et le G7 ont pris de nouvelles sanctions contre Moscou en frappant notamment pour la première fois le secteur énergétique russe, dont ils sont très dépendants.
Bruxelles va prochainement rouvrir sa représentation diplomatique à Kiev, après l'avoir temporairement transférée en Pologne au début de l'invasion russe. Présentant cette initiative comme un moyen d'apporter un soutien accru au gouvernement et au peuple ukrainiens, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, est resté à Kiev pour évaluer les conditions d'un retour du personnel diplomatique européen.
Alors que l'Ukraine demande son adhésion à l'UE, Ursula von der Leyen espère présenter "dès cet été la candidature de l'Ukraine au Conseil européen."
S'indignant du massacre de Boutcha (« Notre humanité a été brisée à Boutcha ») et qualifiant d'"épouvantable" la mort d'une cinquantaine de personnes dans une frappe contre une gare à Kramatorsk quelques heures plus tôt, la présidente de la Commission a expliqué que l'Union européenne mobilisait « sa puissance économique pour faire payer un prix très, très élevé à (Vladimir) Poutine".
"Nous allons travailler ensemble avec l'Ukraine pour reconstruire l'Ukraine et cela signifie des investissements et des réformes massives et cela formera et forgera le chemin vers l'Union européenne", a-t-elle promis.
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Volodymyr Zelensky s'est déclaré "personnellement reconnaissant" pour les cinq séries de sanctions infligées à la Russie, mais a rappelé que"ce n'était pas suffisant".
Jeudi devant la Douma, le Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, a reconnu que les sanctions plongeaient la Russie dans de grandes difficultés.
"La situation actuelle pourrait être sans aucun doute qualifiée de la plus difficile depuis trois décennies pour la Russie », a-t-il déclaré, en ajoutant que « jamais des telles sanctions n'avaient été utilisées [contre la Russie], même aux heures les plus sombres de la Guerre Froide".
"La réalité est que le pays est en train de sombrer dans un isolement économique et financier et technologique", a déclaré jeudi à la presse un haut responsable de l'administration américaine. "Et, à ce rythme, il va revenir au niveau de vie de la période soviétique des années 1980", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, les citoyens russes consacrent en moyenne 40% de leur revenu disponible à la nourriture, soit environ deux fois plus qu'avant la guerre, a déclaré à Reuters le directeur du bureau de liaison de l'agence alimentaire des Nations unies en Russie.
Les données du gouvernement russe montrent que l'inflation annuelle des denrées alimentaires a atteint 18,75% le 1er avril, alors que l'économie subit les conséquences des sanctions imposées à Moscou depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février.
Oleg Kobiakov, de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a déclaré que de nombreux ménages russes mettent désormais en place des stratégies d'adaptation à la crise, une grande partie de leurs revenus étant consacrée aux achats de première nécessité, comme les denrées alimentaires.
"Les gens remettent à plus tard des projets comme l'entrée à l'université ou l'achat d'une maison. Ils économisent au cas où ils perdraient leur emploi, en cas de décès", a-t-il déclaré.
Un foyer européen consacre en moyenne 12% de ses revenus à l'alimentation, a-t-il ajouté, précisant que si la faim ne menace pas en Russie, les ménages les plus pauvres seront néanmoins confrontés à des niveaux accrus d'insécurité alimentaire.
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Pour faire face à l'inflation, Moscou envisage de réglementer les prix de la nourriture, des médicaments et d'autres produits et a temporairement interdit certaines exportations agricoles. Le gouvernement pourrait également décider de fixer le prix de presque toutes les exportations de denrées de base en roubles. Bien que ces mesures aient eu un certain impact sur l'inflation des prix à la consommation, celle-ci devrait encore s'accélérer.
(avec agences)
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