Le Brexit ne fait que commencer

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Londres, le 17 juillet 2019. Boris Johnson, alors favori pour le poste de Premier ministre, brandit un hareng fumé dans un emballage plastique pour dénoncer les bureaucrates de Bruxelles qui imposeraient des règles absurdes. Il sera contredit par la Commission européenne.
Londres, le 17 juillet 2019. Boris Johnson, alors favori pour le poste de Premier ministre, brandit un hareng fumé dans un emballage plastique pour dénoncer les "bureaucrates de Bruxelles" qui imposeraient des règles absurdes. Il sera contredit par la Commission européenne. (Crédits : Reuters)
Après 47 ans de mariage houleux, les deux parties, qui ont déjà affiché des positions très fermes, doivent désormais se mettre d'accord sur la nouvelle architecture de leur relation, en particulier commerciale, noyau dur des discussions.

L'Union européenne et le Royaume-Uni se lancent, ce lundi, dans la bataille de l'après-Brexit en affichant les lignes rouges de leur future relation, qui reste à bâtir, au prix de négociations ardues et déjà tendues.

Passé la joie ou les regrets du divorce après 47 ans de mariage houleux, les deux parties doivent se mettre d'accord sur la nouvelle architecture de cette relation, en particulier commerciale, noyau dur des discussions.

Comme il est de mise au début d'une négociation, les deux camps ont affiché des positions très fermes.

Lire aussi : Brexit : l'UE sera "lucide et ferme" dans ses négociations commerciales avec Londres

Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit avertir que son pays refusera un accord qui lui imposerait de continuer de respecter certaines règles de l'Union, selon des extraits d'un discours attendu lundi sur sa vision du Royaume-Uni, après le divorce.

"Il n'y a pas besoin d'un accord de libre-échange qui implique d'accepter les règles de l'UE en termes de concurrence, de subventions, de protection sociale, d'environnement ou autre", doit-il déclarer.

Le négociateur de l'UE, Michel Barnier, a lui posé dimanche deux conditions à la conclusion d'un traité commercial: "un accord sur les règles de jeu communes", afin que Londres ne devienne pas un concurrent déloyal; et un règlement de la question ultra-sensible de la pêche.

Lire aussi : Brexit: à la recherche d'un impossible accord commercial

Discussions marathon

Ajoutant à la difficulté de ce front contre front, ces négociations devront se tenir à un rythme marathon puisque Boris Johnson refuse de prolonger la période de transition, pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes.

Or, c'est pendant cette période, qui s'achève le 31 décembre, que doivent se tenir les pourparlers.

Michel Barnier dévoilera lundi à 11h00 GMT les termes de son mandat de négociation, fixant les priorités et les lignes rouges de l'UE.

Le bloc craint plus que tout de voir émerger une économie dérégulée à sa porte.

Lire aussi : Brexit : en quittant l'UE, le Royaume-Uni peut-il redevenir un champion du libre-échange ?

Le négociateur européen connaît déjà les embûches du dossier puisqu'il a négocié le traité du Brexit sur les modalités de divorce, pendant plus de deux ans.

Son mandat de négociation ne devant être approuvé que fin février par les États membres, les négociations ne s'ouvriront officiellement que début mars.

Dans ce très court laps de temps, tous les sujets entre Bruxelles et le Royaume-Uni, devenu un pays tiers, ne sauraient être traités et Bruxelles s'est fixé des priorités.

Les négociations porteront principalement sur le partenariat économique, en particulier l'accord de libre-échange, les questions de sécurité et le dispositif juridique prévu pour régler les litiges.

Pour les Européens, l'accès au marché unique du continent, fort de ses quelque 440 millions de consommateurs, sera conditionné par le respect des normes sanitaires, environnementales, sociales et fiscales, sans oublier celles sur les aides d'État aux entreprises.

Ce marché est crucial pour Londres puisque l'UE reste son premier partenaire commercial.

Les Européens veulent mener les négociations en parallèle sur tous les sujets afin de limiter le risque de divisions, duquel les Britanniques pourraient tirer profit.

La pêche, vitale pour plusieurs États

La pêche, sur laquelle les deux parties ont promis de s'entendre avant le 1er juillet, sera l'un des sujets ultra-sensibles de la négociation.

Les pêcheurs de plusieurs États membres, comme la France et le Danemark, sont dépendants des eaux britanniques. Ces dernières représentent 30% du chiffre d'affaires des pêcheurs français.

De son côté, Boris Johnson a souligné que "reprendre le contrôle" de ces eaux poissonneuses était de première importance et promis "une nouvelle politique de pêche nationale fantastique".

La pêche pourrait constituer une monnaie d'échange dans ces discussions, par exemple pour l'accès au continent des services financiers britanniques, cruciaux pour la City de Londres.

La France sera "extrêmement vigilante" sur cette question, a prévenu Paris.

Un premier bilan sera dressé fin juin, ce qui devrait permettre d'évaluer le risque d'un "no deal", un spectre qui va continuer à planer, avec ses conséquences désastreuses, sur les discussions.

Lire aussi : Les principales étapes du Brexit depuis le référendum de 2016

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Commentaires
a écrit le 03/02/2020 à 16:47 :
Tout commence maintenant, partir c'est bien beau, mais pour quoi faire ?
On s'achemine à un " dirty brexit " et il ne faudra rien lâcher aux anglais, surtout pas les services financiers qui ne seront plus assujettis au droit européen, donc plus aucune garantie pour leurs produits dérivés et autres...
J'espère que les professionnels de la finance vont enfin réaliser et rapatrier tous les avoirs européens dans la CE.
Réponse de le 03/02/2020 à 18:49 :
Tout indique que non seulement Johnson va la jouer salement mais qu'en plus il ne se sent même pas tenu par les engagements contenus dans le pacte de sortie signé à la fois par le parlement GB et l'UE.

Il est très compliqué de discuter avec quelqu'un qui n'a aucune parole.

Bref, il est aussi dangereux et sans vergogne que Trump. Il faut se préparer à répondre par la réciroque.

Il bloque les accès européens à la mer du Nord?... on surtaxe les produits de la mer produits en GB.
Il instaure des limites indues à la liberté de circulation des citoyens européens vers la GB?..... on instaure des visas à l'entrée en Europe pour les anglais... etc etc.
Réponse de le 04/02/2020 à 10:13 :
@ multipseudos: "Il instaure des limites indues à la liberté de circulation des citoyens européens vers la GB?..... on instaure des visas à l'entrée en Europe pour les anglais.."

Phrase d'une stupidité hallucinante, pourquoi faire payer les citoyens anglais de l'agressivité de leurs dirigeants politiques économiques non mais vous êtes complètement ravagés ou quoi bon sang !?

En faisant de la sorte vous ne faites que dégouter encore plus les citoyens anglais de l'UE qui en tant que consommateurs nous le ferons payer cher, par contre ce qui serait bien plus intelligent serait de taxer les produits de la mer anglais vendus en UE.

Mais vous autres néolibéraux, profondément déficient mentalement visiblement, vous n'êtes repus à ne vous en prendre qu'aux gens, tel le dogme européiste voulant que seuls les coffres des paradis fiscaux de nos mégas riches sont à protéger bande de benêts !

Avec une mentalité de la sorte, entre les attaques du RU et celles de Trump, l'Europe es tfoutue et comme elle protège ses riches, ce sont ses citoyens qui vont encore morfler tellement vous êtes aveuglés par votre cupidité ne faisant que vous tirer une balle dans le pied, mais à un moment les gars dites vous bien que l'on ne pourra plus payer à a fois la conséquence de vos mauvais choix stratégiques systématiques et en plus vos soins puisque là encore, grâce à votre cupidité nous n'arrivons même plus à nous soigner correctement, andouilles que vous êtes.
a écrit le 03/02/2020 à 16:14 :
En résumé nous avons un affrontement entre le "dogmatisme" et le "pragmatisme", seul l'un s'adaptera de l'autre qui n'aura que du ressentiment!
a écrit le 03/02/2020 à 13:32 :
Troquer la pêche contre des services financiers serait une erreur, d'autant plus que les débouchés pour le poisson anglais sont dans l'UE. Le deal, c'est un accord sur les zones de pêche ou des taxes pour le poisson anglais.
L'UE ne doit rien lâcher sur rien, sinon nous nous retrouvons avec un pays qui profitera de notre faiblesse, bien soutenu par tout le monde anglo-saxon et financier ben général. US et RU GO HOME.
a écrit le 03/02/2020 à 11:55 :
Et pour ceux qui restent, casquer aussi ....
La Commission européenne propose d’augmenter le budget de 192 milliards d’euros, le faisant passer de 1 087 milliards d’euros à 1 279 milliards d’euros, soit une hausse de 18 % pour compenser la sortie du Royaume-Uni qui créera un trou de 15 milliards d' euros !

Il est utile de rappeler que toute hausse du budget de l’UE est en réalité payée par les pays contributeurs nets, dont la France est le deuxième. Coûts directs de l' appartenance à l' UE : 19,6 milliards d’euros — 15 milliards d’euros de contribution nette au budget de l’UE (hypothèse basse) — 4,6 milliards d’euros de cofinancements obligatoires et d’amendes pécuniaires Coûts indirects : 38,7 milliards d’euros — 30 milliards d’euros de coût d’application des normes européennes pour les entreprises (d’autant plus absurde que 97 % des entreprises françaises n’opèrent que sur le territoire national !) — 8,7 milliards d’euros de coût d’application des normes européennes pour les administrations publiques;

Coût total annuel de notre appartenance à l’UE : 58,3 milliards d’euros, soit 160 millions d’euros par jour !
Heureux anglais, Frexit, vite.
Réponse de le 03/02/2020 à 13:15 :
Finalement ils vont y gagner ils vont pouvoir détourner encore plus l'argent public pour alimenter encore plus leurs paradis fiscaux !

De véritables "génies" gagnants à tous les coups, ya que les 400 millions d'européens eux qui y perdent un peu plus chaque jour...
Réponse de le 03/02/2020 à 13:29 :
Votre donnée de 37 Milliards qui est le coût d'application des normes Européennes sort d'un chapeau. Premièrement il ne faut pas oublier que les normes servent de protection à un marché vis à vis des concurrents extérieurs à qui c'est un coût de se mettre au normes. Deuxièmement, faute de norme Européenne, chacun des pays imposerait ses propres normes et cela aussi engendre un coût énorme à l'industrie exportatrice Française pour satisfaire tous les marchés possible. Cela se voit que vous êtes ignorant du fonctionne de l'industrie. Au fait vos chiffres relèvent du café du commerce.
Réponse de le 03/02/2020 à 14:18 :
Blagueur les 97.2% des entreprises purement nationales. Juste , si vous enlevez les 40 entreprises du CAC 40, cela fait pas lourd en % d''entreprise, mais en richesses créées... Une idée ?
Guignol
a écrit le 03/02/2020 à 11:27 :
"Il n'est pas nécessaire qu'un accord de libre-échange implique d'accepter les règles de l'UE en matière de concurrence, de subventions, de protection sociale, d'environnement ou quoi que ce soit de similaire, pas plus que l'UE ne devrait être obligée d'accepter les règles du Royaume-Uni" BJ n' est pas un enfant de choeur, le politique John Laughland qui le connait depuis l' université nous dit, "il est installé pour dix ans.."

D' ailleurs comme le rappelle Vincent Brousseau ex cadre de la BCE, numéro 3 de l' UPR, "c' est l' équivalent gagné de la bataille de Stalingrad et votre camp le savait, l' acharnement invraisemblable qu' ils ont mis à tenter de l' empêcher de se produire en témoigne et ne s' explique pas autrement"..
UPR, Frexit, vite ..
a écrit le 03/02/2020 à 11:13 :
L'Europe des débuts fut pour la France un grand bol de liberté grâce au négociations sur l'harmonisation des normes commerciales entre les pays européens, la France ayant les règles administratives les plus strictes et contraignantes. L'esprit règlementaire français a fini par étouffer l'Europe. Espéront que les négociations commerciales avec UK vont renouveler l'esprit européen dans le sens de la liberté et du dégraissage des frais généraux qui renchérissent les coûts de production et le prix des produits. Au point par exemple que faute de pêcheurs français en nombre suffisants la France importe du poisson pêché en France.
a écrit le 03/02/2020 à 10:45 :
Voici mon programme pour un Brexit ludique:
La pêche sera interdite dans l'atmosphère, le faire savoir aux poissons volants.
Boris serait bien inspiré d'exporter sa coiffure sur le continent car comme Samson c'est de là qu'il tire sa puissance.
Le vin continental ne sera exporté vers le Royaume-uni sans taxes que pour les personnes en état de sobriété.
Par contre seront recensés les ivrognes d'outre-Manche pour qu'ils paient une taxe d'au moins 100%? , reversée aux associations anti-alcool continentales.
Dans le cadre de l'aménagement durable de la pêche, toutes les queues de poissons seront conservées (pour éviter les accidents de la route).
Puisque la pêche constituerait une monnaie d'échange dans les discussions, il serait judicieux de venir en salle de réunion à Bruxelles avec du poisson séché, voir du poisson mariné dans du munster , pour éviter que les discussions ne s'éternisent.
a écrit le 03/02/2020 à 10:26 :
"une nouvelle politique de pêche nationale fantastique".

Il y a tant à faire ! Et nous autres français avec le premier domaine maritime mondiale nous sommes paralysés par l'inertie Bruxelloise !

On peut se demander surtout ce que risque un pays qui sort de l'UE alors que les dirigeants européens sont tous compromis avec la finance européenne générant des dossiers sur les uns et les autres faciles à employer par une souveraineté.

Faites attention par contre, plus vous faites de bons articles sur le brexit et plus il est primordiale de dire que les anglais sont méchants et les européens des dieux vivants sinon vous allez être mal vu.

Un bon citoyen européen étant un bon mythomane, il faut ça au moins...

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