Le Japon est pris à son tour dans la spirale inflationniste mais la BoJ reste zen

En juillet, l'inflation s'affichait dans l'archipel à 2,4% sur un an, son plus haut niveau depuis décembre 2014. Elle devrait encore progresser dans les prochains mois, en raison de la hausse des prix de l'alimentation et du renchérissement des importations causé par la faiblesse du yen. La banque centrale du Japon (BoJ) n'entend pas à ce stade resserrer sa politique monétaire accommodante.
Station d'essence à Tokyo.
Station d'essence à Tokyo. (Crédits : Reuters)

Pendant des années, la caractéristique de l'économie du Japon fut une inflation stagnante voire une déflation. Les temps ont changé, et l'archipel se trouve pris à son tour dans la spirale inflationniste qui touche les économies développées. En juillet, les prix à la consommation se sont affichés en hausse de 2,4% sur un an, leur plus haut niveau depuis décembre 2014. Et si l'on exclut la période de poussée inflationniste de 2014-2015, artificiellement provoquée par un relèvement de la TVA, c'est même un pic depuis août 2008

Quatrième mois de hausse

Pour le quatrième mois consécutif, l'inflation nippone dépasse ainsi les 2% (hors produits frais), le taux cible de la Banque du Japon (BoJ). Surtout, elle continue d'accélérer après avoir atteint 2,1% en avril et mai puis 2,2% en juin. Cependant, la BoJ n'a pas l'intention de resserrer sa politique monétaire ultra-accommodante pour le moment, considérant que l'inflation actuelle dans le pays émane essentiellement de la flambée, transitoire selon elle, des prix énergétiques. De fait, en excluant également les prix de l'énergie, les prix à la consommation n'ont augmenté que de 1,2% en juillet, contre 1% en juin, selon les données du ministère des Affaires intérieures.

Divers économistes révisent toutefois en nette hausse leurs anticipations d'inflation pour les prochains mois, en prenant en compte que de plus en plus d'entreprises du pays tendent à répercuter le renchérissement des matières premières sur leurs prix de vente. Un changement presque tabou jusqu'à cette année, les consommateurs nippons étant plutôt habitués depuis des décennies à des prix stables, voire en baisse.

+2,9% prévu pour octobre

« Jusqu'à présent, la forte hausse des prix énergétiques (...) tirait l'inflation. Mais la cause principale devient progressivement l'alimentation » hors produits frais, alerte l'institut de recherche NLI dans une note publiée vendredi, prédisant un taux d'inflation en octobre (hors produits frais) de 2,9%. Alors que la guerre en Ukraine continue de perturber l'offre alimentaire mondiale, « aucun signe n'indique que les vagues de hausses de prix dans l'alimentation s'arrêteront de sitôt », a de son côté prévenu l'institut de recherche Dai-ichi Life. Par ailleurs, la chute du yen par rapport au dollar depuis plusieurs mois amplifie le phénomène en renchérissant considérablement le coût des importations japonaises, a ajouté Dai-ichi Life.

La Banque du Japon a relevé fin juillet ses prévisions d'inflation, à 2,3% sur l'ensemble de l'exercice 2022/23 entamé le 1er avril, alors qu'elle misait sur 1,9% auparavant.

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Commentaire 1
à écrit le 19/08/2022 à 9:35
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J'ai constaté lors de mes voyages au Japon entre 2015 et 2020 une très grande stabilité des prix et une très grande homogénéité des prix pratiqués dans les villes où j'ai séjournées. Tokyo, Osaka, Fukuoka, nara ou kyoto, miyajima, hakone....les prix...

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