Le Sénégal plongé dans l'incertitude après l'invalidation du report de la présidentielle
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Des manifestants senegalais protestent contre le report de l'election presidentielle
ZOHRA BENSEMRA
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Des manifestants senegalais protestent contre le report de l'election presidentielle
ZOHRA BENSEMRA
[Article publié le vendredi 16 février 2024 à 15h52 et mis à jour à 16h52] Coup de théâtre au Sénégal. Le Conseil constitutionnel a invalidé jeudi la décision du chef de l'Etat, Macky Sall, de reporter l'élection présidentielle prévue à l'origine fin février. Le pays est désormais plongé dans l'incertitude et reste suspendu à la réaction du président.
Le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall s'est engagé vendredi à organiser la présidentielle « dans les meilleurs délais ». Il « entend faire pleinement exécuter la décision du Conseil » et « mènera sans tarder les consultations nécessaires pour l'organisation de l'élection présidentielle dans les meilleurs délais », ont précisé ses services dans un communiqué.
Cette déclaration intervient alors que l'Union européenne a appelé plus tôt « toutes les parties » au Sénégal à respecter l'arrêt du Conseil constitutionnel.
Outre l'UE, la Commission économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a exhorté les parties prenantes à respecter la décision du conseil. Elle « demande aux autorités compétentes de fixer la date pour la tenue de l'élection présidentielle conformément à cette décision ».
Le président Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, était jusqu'à présent resté silencieux, ses collaborateurs disant seulement « prendre acte » du verdict du Conseil, qui n'est pas susceptible de recours. Les interrogations portent désormais sur la date du scrutin et la liste des concurrents. Pour rappel, les « Sages » avaient validé 20 candidatures en janvier.
Pour rappel, le Sénégal, réputé pour sa stabilité dans une région secouée par les coups d'Etat, traverse l'une des pires crises politiques de son histoire post-indépendance depuis l'annonce le 3 février par le président Sall du report de facto de la présidentielle, prévue à l'origine le 25 février. L'Assemblée nationale a ensuite repoussé le scrutin au 15 décembre après avoir fait évacuer l'opposition de force et prolongé le mandat du chef de l'Etat jusqu'à l'installation de son successeur.
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Pourtant, le président a, lui, juré qu'il ne se représenterait pas pour un troisième mandat, justifiant le report par la crainte d'une contestation du scrutin susceptible de provoquer de nouveaux accès de violence après ceux de 2021 et 2023.
Ce qui a eu l'effet contraire, puisque des manifestations ont eu lieu dans tout le pays après l'annonce du report de la présidentielle. L'opposition et la société civile ont crié au « coup d'Etat constitutionnel », la première accusant le camp présidentiel de vouloir éviter la défaite de son candidat, le Premier ministre Amadou Ba, et suspectant Sall de vouloir se maintenir au pouvoir. De violents heurts ont fait trois morts lors de manifestations réprimées, ayant aussi donné lieu à des dizaines d'interpellations. De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour vendredi après-midi et samedi.
du chef de la diplomatie européenne
.En parallèle, cent trente-quatre membres de l'opposition et de la société civile qui étaient détenus au Sénégal ont été libérés depuis jeudi, et environ 90 devaient l'être dans la journée de vendredi, selon les chiffres du ministère de la Justice transmis à l'AFP. Ces libérations interviennent alors que des gestes d'apaisement du président Macky Sall étaient attendus pour sortir de la crise.
L'une des principales figures de l'opposition, Ousmane Sonko, mais aussi son second à la tête du parti Pastef dissous, Bassirou Diomaye Faye, l'un des favoris à la présidentielle, sont détenus depuis 2023. Aucune information ne fait état pour l'heure de leur éventuelle libération. Plusieurs centaines de membres de l'opposition, plus d'un millier selon certaines organisations de défense des droits humains, ont été arrêtés depuis 2021 dans le cadre de la lutte de pouvoir qui oppose Ousmane Sonko, mis en cause dans plusieurs procédures judiciaires, et le président Sall.
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(Avec AFP)
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