Les critiques de Ghosn contre la justice japonaise sont "inacceptables" pour le parquet de Tokyo

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(Crédits : ISSEI KATO)
Le parquet de Tokyo a immédiatement réagi dans la nuit de mercredi à jeudi aux violentes critiques émises par Carlos Ghosn contre la justice japonaise lors de sa conférence de presse au Liban, les jugeant "unilatérales" et "inacceptables".

C'était l'un des axes majeurs de sa communication. Mercredi 8 janvier, lors de sa conférence de presse à Beyrouth (Liban), Carlos Ghosn est longuement revenu sur le comportement de la justice japonaise à son égard, arguant une supposée collusion  entre Nissan et le parquet de Tokyo destinés lui nuire. Un camouflet auquel le parquet de Tokyo a immédiatement réagi dans la nuit de mercredi à jeudi jugeant ces arguments "unilatérales" et "inacceptables".

"Les allégations du prévenu Ghosn font abstraction de sa propre conduite et ses critiques unilatérales du système de justice pénale du Japon sont totalement inacceptables", ont écrit les procureurs dans un communiqué mis en ligne, une démarche rare de la part du parquet de Tokyo. "Le prévenu Ghosn ne peut que s'en prendre à lui-même d'avoir été arrêté et détenu pendant environ 130 jours, tout comme de la nécessité d'imposer des conditions à sa libération sous caution", ont estimé les procureurs japonais. Sa fuite du Japon constitue "un mépris flagrant" de la loi japonaise "pour éviter (de subir, NDLR) les conséquences des délits qu'il a commis", ont-ils ajouté.

La justice japonaise entend  toujours le faire comparaître

La ministre japonaise de la Justice Masako Mori s'est aussi exprimée peu après la conférence de presse de l'ancien patron de Renault et Nissan. Carlos Ghosn "a critiqué le système judiciaire (japonais, NDLR) sous différents aspects de façon erronée. On ne peut pas arrêter quelqu'un sans un dossier dont la solidité est évaluée de façon  indépendante par le juge", a insisté Mme Mori lors d'un point de presse nocturne retransmis par la chaîne de télévision publique NHK.

"Il est faux de dire que les droits humains ne sont pas respectés" par la justice japonaise, a-t-elle également répété. Le parquet de Tokyo s'est quant à lui redit "déterminé à se coordonner avec les autorités compétentes et à prendre toutes les mesures nécessaires en (son) pouvoir pour faire comparaître le prévenu Ghosn devant la justice au Japon".

Pour cela, Les autorités japonaises ont fait émettre  un mandat d'arrêt international d'Interpol visant Carlos Ghosn. «Le parquet général [...] a reçu une notice rouge d'Interpol concernant le dossier Carlos Ghosn», a indiqué jeudi le ministre libanais de la Justice, Albert Sarhane, cité par l'agence de presse officielle ANI. Au terme d'une fuite rocambolesque, l'ex-patron de Renault-Nissan est arrivé lundi au Liban , où son lieu de résidence reste inconnu.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2020 à 18:20 :
pas sûr que le japon extrade un japonais ayant commis un crime en France et rentré dans son pays , ni même le juge sur place ; pas sur non plus qu'en matière de divorce et garde d'enfants le japon reconnaisse les jugements rendus en France ; c'est un peu l'arroseur arrosé pour la justice japonaise !
a écrit le 09/01/2020 à 15:05 :
Au moins une aventure rocambolesque en ce début d'année. Un point avec lequel tout humain peut se retrouver, ce sont les conditions de traitement de la personne humaine par la justice Japonaise qu'on ne peut souhaiter à aucun justiciable français.
a écrit le 09/01/2020 à 12:22 :
Pauvre carlos. Prisonnier aussi au Liban qui lui interdit de quitter le territoire.
Tout va de travers....
Réponse de le 09/01/2020 à 17:23 :
Je pense qu'il préfère 1000 fois être "prisonnier" dans un pays entier plutôt que d'être emprisonné dans une cellule japonaise de 9 mètre carrés..
a écrit le 09/01/2020 à 11:51 :
Les délits qu 'il a commis .Par ces mots le parquet rejette la présomption d'innocence des systèmes juridiques démocratiques .Tant qu'il n'est pas condamné un prévenu est présumé innocent monsieur l'ambassadeur .
a écrit le 09/01/2020 à 11:35 :
Quand on permet aux riches d'être libre via les "cautions" on permet ce genre de comportement directement. Les pauvres que vous jugez impitoyablement ne risquent pas de s'échapper de la sorte hein c'est sûr.

Et chez nous c'est le scandale des prisons VIP, à savoir les politiciens votent des lois pour toujours plus nous traquer, toujours plus nous pousser à les enfreindre et eux par contre ont droit à une justice de faveur, encore et toujours.

Une énième impasse oligarchique mais de grâce ne venez pas vous en plaindre après, c'est indécent, et si vous voulez faire autrement, si vous ne voulez pas que votre caste prenne le moindre risque de se retrouver derrière les barreaux ben éliminez les prisons mais pour tout le monde tout simplement.
Réponse de le 09/01/2020 à 12:25 :
Vous exagérez. Certes les riches sont avantagés, mais pas à ce point. Les cautions sont fixés en fonction de la richesse: celle de Ghosn s'est chiffrée en millions d'euros, celle d'un pauvre aurait été fixée en dizaines d'euros.
Bon, mais ce n'est pas le plus grave : votre diatribe contre la "caste des riches" est à côté de la plaque ; ici, le problème n'est pas une justice de classe, mais une justice inique, qui torture jusqu'à l'aveu TOUS les justiciables, pauvres ET riches.
Réponse de le 09/01/2020 à 13:02 :
@ contradicteur

" Les cautions sont fixés en fonction de la richesse"

"une justice inique, qui torture jusqu'à l'aveu TOUS les justiciables, pauvres ET riches"

SI c'est ça dans ce cas elle est totalement légitime et pardon pour mon commentaire erroné de ce fait !

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