Liban : soigner sous les bombes
Sophie Woeldgen
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Mercredi à l’hôpital Nabih-Berri à Nabatieh, un blessé est pris en charge aux urgences. Son corps est brûlé à 70 %.
LTD/ AGNIESZKA PIKULICKA
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Mercredi à l’hôpital Nabih-Berri à Nabatieh, un blessé est pris en charge aux urgences. Son corps est brûlé à 70 %.
LTD/ AGNIESZKA PIKULICKA
Avec le temps, le docteur Hassan Wazni avait fini par s'habituer aux décomptes macabres. Mais il doit bien l'admettre, ce mercredi matin n'est pas un jour de guerre ordinaire : jamais, depuis le début de l'offensive israélienne au Liban, l'hôpital gouvernemental Nabih-Berri, qu'il dirige à Nabatieh, l'une des principales villes du Liban-Sud, n'a dû faire face un tel carnage. « Cinq morts et une quarantaine de blessés, lâche le directeur, les yeux rougis. Il y en a deux qui sont en morceaux, je ne sais même pas comment on va les identifier. » Pas le temps de s'appesantir. Il faut prendre en charge les victimes qui arrivent en flot continu. S'arrêtant au milieu de la salle des urgences, Hassan Wazni, blouse verte sur le dos et Crocs aux pieds, vérifie l'état du dernier arrivé. « Plus de 70 % du corps brûlé », dit son diagnostic. Quatre infirmiers s'affairent autour de la profonde entaille qui balafre son crâne. « Son cerveau n'est pas atteint, il va s'en sortir », promet le médecin.
Deux heures auparavant, l'armée israélienne a pilonné Nabatieh, visant simultanément une quinzaine de cibles. L'un des missiles a frappé la mairie, tuant au moins 16 personnes dont le président du conseil municipal. Cinquante-deux personnes ont aussi été grièvement blessées. Le bombardement a eu lieu en pleine réunion de la « cellule de crise » de la municipalité, et alors qu'une distribution d'aide humanitaire était en cours.
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Comme l'homme à l'entaille, ils sont 10 pompiers, venus prêter main-forte pour la distribution alimentaire, à avoir été admis aux urgences ce matin. Leur chef, Hussein Fakir, est alité dans une pièce adjacente. À demi-conscient, il parvient, malgré la douleur, à murmurer quelques mots : « Mon collègue est mort, le plafond s'est effondré sur nous », glisse-t-il. Le Dr Wazni lui remet le masque à oxygène. Le pompier se rendort.
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