Israël ordonne l'évacuation du sud du Liban, les Casques bleus refusent de se replier
latribune.fr
De la fumée s’élève au-dessus de la banlieue sud de Beyrouth, capital du Liban, dans le cadre des hostilités entre le Hezbollah et les forces israéliennes.
Après des missiles tirés par Hezbollah sur le nord d'Israël, le porte-parole du Tsahal à appelé les habitants du sud du Liban à ne pas retourner chez eux, au risque de mettre leur vie en danger. Et ce, alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, reste sous le feu des critiques après avoir tiré jeudi sur des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) postés dans le sud du Liban.
[Article publié le 12/10/2024 à 12:08, mis à jour le 12/10/2024 à 16h14]
L'armée israélienne, en guerre contre le Hezbollah dans le sud du Liban, a enjoint samedi aux habitants de cette région de ne pas retourner chez eux, quelques heures après le tir de missiles par le mouvement libanais sur le nord d'Israël.
Dans un message en arabe sur X (ex-Twitter), le porte-parole de l'armée israélienne pour le public arabophone, Avichay Adraee, a écrit : « pour votre propre protection, ne retournez pas chez vous jusqu'à nouvel ordre. Ne vous dirigez pas vers le sud ; quiconque se dirige vers le sud risque de mettre sa vie en danger ».
L'armée a également averti les personnels de santé de la zone de rester à distance des ambulances qui sont selon elle utilisées par le Hezbollah pour « transporter des terroristes et des armes ». Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, jure lui de poursuivre ce combat contre ces groupes islamistes alliés de l'Iran, « jusqu'à la victoire ».
Décision unanime de la Finul pour rester sur place
Mais la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a refusé de se replier cinq kilomètres plus au nord en territoire libanais, comme le lui réclamait l'armée israélienne qui l'a visée depuis à plusieurs reprises provoquant un tollé international, affirme samedi son porte-parole à l'AFP.
« Les forces israéliennes nous ont demandé de quitter nos positions le long de la Ligne bleue, de la frontière jusqu'à cinq kilomètres de la Ligne bleue [...] mais il y a eu une décision unanime pour que nous restions, parce que le drapeau de l'ONU doit flotter dans cette zone », explique Andrea Tenenti, porte-parole de la force qui compte 10.000 Casques bleus.
La déclaration intervient alors qu'un nouveau Casque bleu a été blessé dans le sud du Liban, a annoncé samedi la Finul. Celui-ci a été touché par une balle à « l'origine pas encore déterminée » alors que la Finul est sous les feux croisés d'Israël et du Hezbollah. Jeudi et vendredi, la Finul avait annoncé que quatre de ses membres, Indonésiens et Sri-Lankais, avaient été blessés, dont deux au moins du fait d'une attaque des troupes israéliennes.
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Andrea Tenenti, a d'ailleurs déclaré samedi à l'AFP redouter « très bientôt » un « conflit régional à l'impact catastrophique pour tous ». « Il n'y a pas de solution militaire », a-t-il estimé, plaidant pour des « discussions aux niveaux politique et diplomatique » pour « éviter la catastrophe ».
Sirènes pendant le Yom Kippour
Quelques heures plus tôt ce samedi, le Hezbollah avait annoncé avoir tiré des missiles sur une base militaire au sud de Haïfa, dans le nord d'Israël, frontalier du sud du Liban. Les sirènes d'alerte ont retenti dans le centre d'Israël après l'interception d'un « projectile tiré depuis le Liban », a indiqué l'armée.
Dans la matinée, des bombardements israéliens ont visé le village de Khiam, dans le sud du Liban, selon un correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) sur place.
Ces violences ont lieu alors que depuis vendredi soir et jusqu'à samedi soir, Israël célèbre Yom Kippour, jour du « grand pardon » durant lequel le pays s'arrête : les frontières, les aéroports et la plupart des commerces sont fermés et les transports publics ne roulent pas.
Le chef du Parlement d'Iran se rend sur le site d'une frappe israélienne Beyrouth
Par ailleurs, le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, s'est rendu samedi sur le site d'une frappe israélienne meurtrière qui a eu lieu jeudi à Beyrouth, en compagnie de deux députés du Hezbollah pro-iranien, a rapporté un photographe de l'AFP.
Selon une source proche du mouvement islamiste libanais, la frappe, qui a fait au moins 22 morts, visait le chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah, Wafic Safa, dont le sort est toujours inconnu. La frappe de jeudi est la plus meurtrière dans le centre de la capitale depuis le début de la guerre ouverte le 23 septembre entre Israël et le Hezbollah.
Guerre ouverte depuis le 23 septembre
Pour rappel, la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et celle au Liban s'accompagnent d'une escalade entre Israël et l'Iran, les dirigeants israéliens menaçant de riposter à une attaque aux missiles iraniennes le 1er octobre.
Après avoir affaibli le Hamas à Gaza, l'armée israélienne a déplacé depuis la mi-septembre le front de la guerre vers le Liban, afin d'éloigner le Hezbollah des zones frontalières et faire cesser ses tirs de roquettes pour permettre le retour dans le nord d'Israël des quelque 60.000 habitants déplacés.
Le front ouvert en octobre 2023 par le Hezbollah contre Israël en appui au Hamas s'est transformé en guerre ouverte le 23 septembre avec le début d'un pilonnage violent israélien sur les bastions du Hezbollah au Liban.
Outre ces bombardements dévastateurs et meurtriers, Israël a lancé une offensive terrestre le 30 septembre dans le sud du Liban, un fief du Hezbollah.
Plus de 2.100 personnes tuées au Liban
Depuis octobre 2023, plus de 2.100 personnes ont été tuées au Liban, dont plus de 1.200 depuis le 23 septembre et l'intensification des bombardements israéliens sur le Liban, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. L'ONU a recensé près de 700.000 déplacés.
Alors que les craintes d'un embrasement régional s'accentuent, l'Iran a répété vendredi être « prêt à défendre sa souveraineté », alors qu'Israël a promis à son ennemi juré une « attaque mortelle, précise et surprenante » à ses tirs de missiles le 1er octobre.
Raids meurtriers à Gaza
En outre, dans la bande de Gaza dévastée et assiégée, l'armée israélienne poursuit son offensive pilonnant principalement la région de Jabalia (nord), où elle accuse le Hamas de reconstituer ses forces.
Selon la Défense civile locale, 30 Palestiniens ont été tués vendredi dans des frappes sur Jabalia. Samedi, le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, jugé fiable par l'ONU, a annoncé samedi un nouveau bilan de 42.175 morts dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste il y a plus d'un an.
Au cours des dernières 24 heures, 49 personnes ont été tuées, indique un communiqué du ministère, ajoutant que 98.336 personnes ont été blessées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023. La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés.