Mort du chef du Hamas : le « début de la fin » de la guerre à Gaza, selon Israël
latribune.fr

Le chef du Hamas Yahya Sinouar est décédé hier dans une frappe de l'armée israélienne dans la bande Gaza.
MOHAMMED SALEM
latribune.fr

Le chef du Hamas Yahya Sinouar est décédé hier dans une frappe de l'armée israélienne dans la bande Gaza.
MOHAMMED SALEM
[Article publié jeudi 17 octobre 2024 à 20h34, mis à jour vendredi 18 octobre à 14h29] « Yahya Sinouar est mort », s'est félicité le dirigeant israélien, dans un message vidéo en anglais diffusé. « Ceci ne veut pas dire la fin de la guerre à Gaza, mais le début de la fin », a-t-il souligné. C'est « une étape importante » dans le déclin du Hamas. « Le Mal a pris un coup sévère, mais la tâche qui nous attend n'est pas encore terminée », a-t-il ajouté.
Tué lors d'une opération à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, cet activiste radical de 61 ans dirigeait depuis 2017 la branche armée du mouvement islamiste palestinien à Gaza. Il avait nommé début août chef politique du Hamas après la mort d'Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran le 31 juillet dans une attaque imputée à Israël.
La mort de Yahya Sinouar, considéré comme le cerveau de l'attaque d'une ampleur sans précédent menée par le mouvement palestinien le 7 octobre 2023 sur le sol israélien et qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, a été confirmée par le Hamas vendredi.
Hier, le président américain Joe Biden a salué une « bonne journée pour Israël, les Etats-Unis et le monde ». Joe Biden a dit avoir téléphoné à Benjamin Netanyahou pour le féliciter de la mort du chef du Hamas, ajoutant qu'il « espérait » parvenir à un cessez-le-feu à Gaza.
Lors de leur entretien téléphonique, les deux dirigeants ont aussi assuré que c'était « une occasion de favoriser la libération des otages » et qu'ils allaient « coopérer » afin d'y parvenir. De son côté, Kamala Harris, candidate démocrate à la Maison Blanche, a aussi estimé que sa mort offrait « l'occasion » de « mettre fin » à la guerre à Gaza.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

En visite à Berlin ce vendredi, Joe Biden a par ailleurs déclaré que la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, ouvre l'opportunité « d'un chemin vers la paix » au Proche-Orient et d'un « meilleur avenir à Gaza, sans le Hamas », a dit vendredi le président américain
Un son de cloche similaire à celui du président français Emmanuel Macron, qui jeudi soir, a déclaré devant la presse que la mort du chef du Hamas représentait une « occasion » à saisir pour mettre fin aux opérations militaires. C'est un « tournant » de la guerre, a-t-il encore écrit sur X plus tard dans la nuit. « Cette occasion doit être saisie pour que tous les otages soient libérés et la guerre enfin arrêtée ».
Avec l'élimination par Israël du dirigeant du mouvement islamiste palestinien « s'ouvre, espérons-le, la perspective » d'un cessez-le-feu à Gaza, et celle d'un « accord sur la libération des otages » détenus depuis le 7 octobre 2023, a aussi déclaré de son côté le chancelier Olaf Scholz aujourd'hui.
Du côté de l'Iran, soutien du Hamas, le ton était radicalement différent. Le pays a assuré aujourd'hui que la mort de Yahya Sinouar allait « renforcer l'esprit de résistance » en vue de la « libération » des Territoires occupés. « Il va devenir un modèle pour la jeunesse », a écrit sur son compte X la mission de l'Iran auprès des Nations unies à New York, assurant que « la résistance se poursuivra ».
Cette annonce intervient dans un contexte explosif au Proche-Orient, où Israël pilonne depuis le 23 septembre les positions du Hezbollah au Liban, qui a ouvert un front transfrontalier dès le 8 octobre 2023 en soutien au Hamas. Après avoir affaibli le Hamas, Israël a déplacé l'essentiel de ses opérations sur le front libanais et lancé le 30 septembre des incursions au sol dans le sud du Liban pour combattre le mouvement islamiste libanais.
Jeudi soir, le Hezbollah a annoncé passer « à la vitesse supérieure » dans sa guerre avec Israël, affirmant avoir utilisé pour la première fois des missiles à guidage de précision pour viser les soldats israéliens. Israël dit vouloir neutraliser le Hezbollah à la frontière pour permettre le retour dans le nord de son territoire de quelque 60.000 personnes déplacées par ses tirs depuis un an.
Jeudi, des frappes ont visé le sud et l'est du Liban, bastions du Hezbollah avec la banlieue sud de Beyrouth. Au moins 1.418 personnes ont été tuées dans le pays, d'après un décompte de l'AFP à partir de données officielles, l'ONU recensant près de 700.000 déplacés.
L'Iran a de son côté menacé d'attaquer « douloureusement » Israël s'il frappait des cibles « en Iran ou dans la région », en riposte à l'attaque de missiles menée par Téhéran sur le territoire israélien le 1er octobre à laquelle Israël a juré de répondre.
Dans la bande de Gaza, au moins 14 personnes ont été tuées par une frappe israélienne sur l'école Abou Hussein abritant des déplacés dans le camp de Jabalia (nord), selon deux hôpitaux locaux. Jabalia est encerclée et pilonnée depuis le 6 octobre par l'armée israélienne qui affirme que le Hamas tente d'y reconstituer ses forces.
À lire également
L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a pointé un « vrai risque » de famine dans le territoire palestinien. Au moins 42.438 Palestiniens ont été tués, majoritairement des civils, dans l'offensive israélienne à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
(Avec AFP)
latribune.fr