Limogeage de hauts responsables américains : le jeu de massacre de Trump
latribune.fr

Donald Trump a signé un décret lui permettant de licencier plus facilement les fonctionnaires fédéraux en reclassant leur statut professionnel.
Kevin Lamarque
latribune.fr

Donald Trump a signé un décret lui permettant de licencier plus facilement les fonctionnaires fédéraux en reclassant leur statut professionnel.
Kevin Lamarque
Donald Trump a limogé vendredi soir au moins une douzaine de responsables du contrôle de l'action gouvernementale, affirment des médias américains, à la suite de nouvelles décisions depuis son retour au pouvoir il y a moins d'une semaine. Les inspecteurs généraux indépendants d'au moins douze agences fédérales ont été informés de leur licenciement immédiat par des courriels du directeur du personnel de la Maison Blanche, selon le Washington Post, qui cite des sources anonymes.
Ces inspecteurs généraux sont chargés de détecter et d'empêcher les fraudes, les gaspillages et les abus commis par les fonctionnaires. Ils doivent enquêter sur les violations des lois, des règlements et des normes éthiques commises par les employés. Ils doivent également mener des audits sur les contrats, les finances ou encore les performances du personnel.
Parmi les agences fédérales touchées par ces licenciements figurent les départements de la Défense, de l'Intérieur ou l'Énergie ainsi que l'Agence de protection de l'Environnement et l'Administration de la sécurité sociale, selon le Washington Post. « C'est un jeu de massacre », a déclaré l'un des inspecteurs généraux licenciés, selon le quotidien qui ajoute que la plupart des personnes licenciées avaient été nommées par Donald Trump lors de son premier mandat. Le New York Times, qui cite trois sources anonymes, affirme pour sa part que 17 inspecteurs généraux ont été renvoyés. Une source a affirmé au journal que l'organe de surveillance du ministère de la Justice n'était pas affecté.
La sénatrice démocrate du Massachusetts Elizabeth Warren a dénoncé sur X une « purge (...) au milieu de la nuit ». Donald Trump « démantèle les contrôles de son pouvoir et ouvre la voie à une corruption généralisée », a-t-elle ajouté. Donald Tump avait annoncé mardi au lendemain de son investiture son intention d'écarter du gouvernement un millier d'opposants. Il a par ailleurs confié au milliardaire Elon Musk une commission de l'« Efficacité gouvernementale » (DOGE) afin de « démanteler la bureaucratie gouvernementale, sabrer les régulations excessives, couper dans les dépenses inutiles et restructurer les agences fédérales ». Cette commission fait toutefois l'objet de plusieurs recours devant la justice.
Selon Reuters, la purge engagée par le président américain et son équipe dans les rangs de l'administration fédérale a déjà conduit au licenciement ou à la mise à pied de centaines de fonctionnaires, un nombre qui pourrait se chiffrer en centaines de milliers à l'avenir. Le président américain n'est investi que depuis le 20 janvier, et pourtant son entreprise de démolition a déjà provoqué une onde de choc dans une grande partie de l'administration. Ainsi, 160 personnes ont été licenciées au Conseil national de sécurité, une vingtaine d'avocats du ministère de la Justice ont été réaffectés tandis que les directeurs des garde-côtes américains et de l'administration de la sécurité des transports ont été renvoyés. Les 160 membres licenciés du Conseil national de sécurité ont été informés mercredi, lors d'une brève conférence téléphonique, qu'ils devaient rendre leurs appareils et leurs badges avant de rentrer chez eux, a déclaré un ancien employé.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les départements gouvernementaux sur la diversité au travail ont également été fermés, le personnel a été mis en congé, et une flopée de décrets a annulé les politiques mises en œuvre par l'administration Biden, plongeant de nombreux employés dans l'incertitude. Donald Trump a déclaré mardi qu'il prévoyait également de licencier plus de 1.000 fonctionnaires nommés par son prédécesseur démocrate. Au cours de sa campagne électorale, Donald Trump s'était engagé à réduire la taille du gouvernement américain pour écarter les fonctionnaires jugés insuffisamment loyaux. Mais la rapidité des mesures du nouveau président visant certains fonctionnaires et certaines agences gouvernementales a en choqué plus d'un, laissant bouche bée les syndicats du secteur public qui avaient pourtant passé des mois à anticiper le retour de Donald Trump à la Maison blanche.
Dans un mémo publié mardi, l'administration Trump a également déclaré que tout le personnel des bureaux fédéraux œuvrant pour la diversité, l'égalité et l'inclusion serait mis en congé payé à partir de mercredi et que les bureaux seraient fermés. Les directeurs des agences fédérales ont quant à eux été invités à identifier d'ici vendredi les employés en période d'essai ou ayant moins de deux ans d'ancienneté, plus "faciles" à licencier. Donald Trump a également décrété un gel des embauches au niveau fédéral, à l'exception des postes liés à l'armée, à l'application des lois sur l'immigration, à la sécurité nationale et à la sécurité publique.
À lire également
Enfin, Donald Trump a par ailleurs signé un décret lui permettant de licencier plus facilement les fonctionnaires fédéraux en reclassant leur statut professionnel. Le Syndicat national des employés du Trésor, qui représente 150.000 employés de 37 agences et départements fédéraux, poursuit Donald Trump et d'autres responsables de son administration devant le tribunal fédéral du District de Columbia (Washington D.C) afin de bloquer le décret.
latribune.fr
Retraites : comment les candidats à la présidentielle veulent contourner l’obstacle de l'âge légal
Comment la famille Trump a bâti un empire crypto sans risque… et refilé les pertes aux investisseurs
A Nice, les PME fragilisées par le retard des indemnisations post-UNOC
Population suisse limitée à 10 millions : pourquoi le projet anti-immigration inquiète le monde économique