Droits de douane : « un pouvoir énorme sur la Chine », rappelle Donald Trump
latribune.fr
Pendant sa campagne, Donald Trump a fréquemment rappelé vouloir imposer 60% de droits de douane sur tous les produits provenant de Chine.
Yuri Gripas/ABACAPRESS.COM
Concernant la conclusion d'un accord avec le dirigeant chinois Xi Jinping sur Taïwan et le commerce, le président américain a estimé que cela était possible puisque les États-Unis possèdent un argument de poids pour faire plier Pékin.
Xi Jinping aurait-il convaincu Donald Trump ? Lors d'une interview diffusée jeudi soir à Fox News, le président américain a déclaré qu'il préférerait ne pas imposer de droits de douane à la Chine. Interrogé sur sa capacité de conclusion d'un accord avec le dirigeant chinois Xi Jinping sur Taïwan et le commerce, Trump a répondu : « Je peux le faire parce que nous avons quelque chose qu'ils veulent, nous avons un trésor ».
« Nous avons un très grand pouvoir sur la Chine, ce sont les droits de douane, et ils n'en veulent pas, et je préférerais ne pas avoir à l'utiliser. Mais c'est un pouvoir énorme sur la Chine », a déclaré le président américain, dans l'interview diffusée jeudi aux États-Unis. Après ces propos, le billet vert chutait de 1,03% face à la livre vers 16 heures GMT (17 heures à Paris), à 1,2483 dollar. Il reculait de 0,95% vis-à-vis de l'euro, à 1,0516 dollar, après avoir également baissé de 1% face à la monnaie unique.
Ce discours est radicalement différent de celui auquel le milliardaire a été habitué. Lors de sa campagne, il a fréquemment rappelé vouloir imposer 60% de droits de douane sur tous les produits provenant de Chine. Une riposte, selon lui, due à des pratiques commerciales jugées déloyales et au rôle supposé de la Chine dans le trafic du fentanyl. Et après avoir pris ses fonctions lundi, Donald Trump a déclaré que des droits de douane de 10% sur toutes les importations chinoises pourraient entrer en vigueur le 1er février.
Le commerce entre la Chine et les États-Unis a totalisé plus de 530 milliards de dollars (environ 500 milliards d'euros) sur les onze premiers mois de 2024, selon Washington. Sur cette même période, les exportations chinoises vers les États-Unis ont représenté plus de 400 milliards de dollars, selon les chiffres américains, plaçant la Chine au deuxième rang des plus grands partenaires commerciaux du pays, derrière le Mexique. Mais le déséquilibre commercial béant suscite depuis longtemps des grincements de dents à Washington : le déficit commercial des États-Unis avec le géant asiatique s'élevait à 270 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2024 selon les chiffres américains.
Interrogée ce vendredi sur ces déclarations, la Chine a affirmé que les différends commerciaux avec les États-Unis pouvaient être résolus par le « dialogue et la consultation ». « La coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis est mutuellement bénéfique », a ajouté Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse régulière à Pékin. Cette dernière a aussi affirmé que son excédent commercial n'avait « jamais » été délibérément visé.
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L'Europe toujours menacée
Si le républicain semble avoir changé son avis sur la Chine, il a brandi de nouvelles menaces contre l'Europe. « L'UE est très mauvaise pour nous. Ils nous traitent très mal. Ils ne prennent pas nos voitures ou nos produits agricoles. En fait, ils ne prennent pas grand-chose », a-t-il encore déclaré mardi, ajoutant : « donc ils sont bons pour des droits de douane ». Durant sa campagne présidentielle, le républicain avait déjà dénoncé le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de l'UE, comparant les Vingt-Sept à « une petite Chine », qui « profite » de la première puissance économique mondiale.
Des propos qui inquiètent les dirigeants européens. Le chancelier, Olaf Scholz, a reconnu mercredi à Paris que la présidence Trump serait « un défi » pour l'Europe. « Nous sommes prêts à discuter avec la nouvelle administration de la manière dont nous pouvons renforcer nos relations, qu'il s'agisse de l'énergie, de la défense, du commerce, (...) ou tout autre secteur », a aussi déclaré jeudi l'ambassadrice de la zone à Washington Jovita Neliupsiene lors d'un discours devant la presse.
L'ambassadrice a aussi évoqué le fait que l'UE était « le plus grand consommateur de gaz naturel liquéfié (GNL) » américain, et que « les Européens sont parmi les plus gros consommateurs de marques américaines, comme Tesla et Apple. » « Dans le même temps, l'UE figure parmi les trois premières destinations d'exportation pour 46 États américains, et les investissements de l'UE à l'échelle nationale soutiennent des millions d'emplois aux États-Unis », a-t-elle souligné.