Malgré la menace russe, des navires quittent les ports ukrainiens, avec très peu de céréales

Le navire Resilient Africa a quitté le port de Tchornomorsk en Ukraine le 19 septembre 2023.
Reuters

Le navire Resilient Africa a quitté le port de Tchornomorsk en Ukraine le 19 septembre 2023.
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C'est une nouvelle encourageante. Depuis quelques jours, deux bateaux sont parvenus à quitter les ports ukrainiens avec à leur bord des céréales. Et ce alors que la Russie a refusé, en juillet dernier, de prolonger l'accord sur les exportations de ces denrées venues d'Ukraine. Signé sous l'égide de l'ONU et de la Turquie, cet accord avait été conclu en juillet 2022 permettant ainsi la création d'un corridor maritime.
Sans ce dernier, difficile pour l'Ukraine de jouer son rôle d'exportateur mondial. Si Kiev avait réussi à exporter 17 millions de tonnes l'année dernière, les perspectives s'établissent désormais à 11 millions pour 2023.
Pour autant, le 19 septembre, le ministre ukrainien des Infrastructures Oleksandre Koubrakov a annoncé, sur X (ex-twitter) que « le vaisseau 'Resilient Africa' avec trois tonnes de blé a quitté le port de Tchornomorsk et se dirige vers le Bosphore ». Ce vendredi 22 septembre, c'est « le vaisseau "Aroyat" [qui] a quitté le port de Tchornomorsk chargé de 17.600 tonnes de blé ukrainien à destination de l'Egypte », a-t-il indiqué.
Les deux bateaux ont emprunté le corridor maritime mis en place par Kiev pour contourner le blocus russe. Celui-ci constitue une voie fluviale, via le Danube, sur lequel l'Ukraine a développé deux infrastructures portuaires : les ports de Reni et Izmaïl.
Un signal encourageant... mais qui reste encore bien faible. « C'est déjà un bel essai », souligne, en effet, à La Tribune Gautier Le Molgat, directeur du cabinet Agritel qui rappelle que ces navires n'ont, pour l'instant, pas subi de représailles de la Russie. Car si Moscou n'a pas attaqué le corridor emprunté par les deux navires, il bombarde régulièrement les installations céréalières dans les ports ukrainiens. Des attaques avaient d'ailleurs touché les ports de Reni et Izmaïl le mois dernier détruisant les silos de grains qui s'y trouvaient.
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Une absence de réaction qui s'explique peut-être par la taille des cargaisons. « 3.000 tonnes, c'est très petit. On est bien loin des 60.000 tonnes habituellement exportées », nuance ainsi Gautier Le Molgat. Bien qu'un peu plus importante, celle de l'Aroyat ne représente, elle, que 17.600 tonnes.
De là, elles peuvent ensuite être exportées jusqu'aux pays africains très dépendants de ces importations.
De son côté, les forces armées ukrainiennes s'efforcent aussi depuis plusieurs semaines de contrer la mainmise militaire de la Russie sur la mer Noire. Elles se sont notamment attaquées à la Crimée, siège de la flotte russe dans cette zone et péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014. Les attaques de drones aériens et maritimes et les frappes de missiles se sont ainsi multipliées, notamment en direction de Sébastopol, base de la flotte russe. Un chantier naval y a été attaqué la semaine dernière, et Kiev a revendiqué la destruction de navires militaires. Ce vendredi, les autorités russes ont d'ailleurs annoncé sans explication que tout le transport maritime passager était suspendu sine die, et ce jusqu'à nouvel ordre, depuis Sébastopol. Plus tard, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir déjoué une attaque ukrainienne en détruisant un missile guidé et deux drones visant la Crimée.
(Avec AFP)
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