Les élections de mi-mandat américaines approchent. Les républicains sont bien partis pour reprendre aux démocrates la Chambre des Représentants (chambre basse du Congrès), mais aussi peut-être le Sénat (chambre haute). En s’emparant du pouvoir législatif, les républicains pourraient paralyser la présidence Biden pour les deux prochaines années. Mais le scrutin constitue aussi un baromètre sondant les tendances de fond à l’œuvre dans le pays.
« It's the economy, stupid ! » Cette phrase de James Carville, architecte de la campagne de Bill Clinton en 1992, est souvent reprise pour expliquer la victoire du candidat démocrate, face à un George H. W. Bush qui avait tout misé sur le prestige militaire de sa guerre éclaire en Irak, tout en négligeant l'inquiétude que le ralentissement économique suscitait chez les électeurs.
Trente ans plus tard, alors que les Américains s'apprêtent à se rendre aux urnes pour les élections de mi-mandat, qui visent à élire leurs représentants aux deux chambres du Congrès (le Sénat et la Chambre des Représentants), l'économie est de nouveau en tête de leurs priorités.
Les Américains désapprouvent le bilan économique de Joe Biden
D'après un récent sondage conduit par Ipsos et le groupe de l'audiovisuel ABC News, les électeurs placent en effet l'état de l'économie et l'inflation en tête des sujets qui détermineront leur vote lors des élections qui auront lieu mardi 8 novembre. Viennent ensuite, en deuxième et troisième position, la sécurité et le droit à l'avortement.
La priorité donnée à l'économie est plutôt une mauvaise nouvelle pour les démocrates, le public jugeant sévèrement le bilan de Joe Biden sur cet aspect. Un autre sondage réalisé par la chaîne de télévision CNBC montre ainsi que 56% des électeurs désapprouvent la façon dont le président gère l'économie. Pire, les électeurs affirment en majorité faire davantage confiance à un Congrès sous contrôle républicain plutôt que démocrate pour redresser l'économie.
La sécurité, seconde préoccupation majeure des Américains
La question de la criminalité pourrait également avantager les républicains, qui cherchent à se positionner comme le parti de « la loi et de l'ordre », notamment depuis les émeutes urbaines qui ont fait suite au meurtre de George Floyd durant l'été 2020, où une vingtaine de personnes ont trouvé la mort. Les statistiques du FBI montrent que le nombre de meurtres a augmenté de 30% en 2020, et demeure aujourd'hui plus élevé qu'en 2019. D'autres formes de crimes violents, comme les viols et les agressions, se sont également accrues, alors que la criminalité avait depuis deux décennies plutôt tendance à diminuer.
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