Blake Masters, associé de Peter Thiel et soutenu par Donald Trump, futur sénateur de l'Arizona?
Guillaume Renouard
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Et de deux. Après l'investisseur et écrivain J.D. Vance, qui s'est imposé à la primaire républicaine dans l'Ohio début mai, un second candidat républicain soutenu par l'investisseur et entrepreneur Peter Thiel remporte une primaire pour les élections sénatoriales de 2022. Après une campagne aussi musclée qu'efficace, Blake Masters s'est largement imposé mardi en Arizona face à ses rivaux Jim Lamon, un entrepreneur de l'énergie solaire, et Mark Brnovich, procureur de l'État.
À l'instar de son mentor Peter Thiel, Blake Masters, qui a tout juste 36 ans, est un pur produit de la Silicon Valley : ancien élève de Stanford, il a vécu dans une colocation végétarienne durant ses années étudiantes, fait carrière en tant qu'investisseur dans un fonds consacré aux startups et est un fervent défenseur des cryptomonnaies. Il possède ainsi une fortune de plusieurs millions de dollars investis dans plusieurs jetons numériques, dont le bitcoin, l'ether et le tez (blockchain Tezos), et a proposé que les États-Unis se dotent d'une réserve stratégique en bitcoins, baptisée « Fort Nakamoto — le nouveau Fort Knox » (en référence au mystérieux créateur du protocole Bitcoin, Satoshi Nakamoto).
Son positionnement très à droite contraste cependant avec un milieu de la tech américaine largement favorable aux idées démocrates. Dans une série de clips de campagne bien léchés rappelant l'esthétique du réalisateur Terrence Malick, dont il admet s'être inspiré, Blake Masters a ainsi, durant la campagne, pointé les dégâts de l'immigration incontrôlée, appelé à l'expulsion de tous les immigrés illégaux d'Arizona et insisté sur la nécessité de finir le mur entamé sous Donald Trump à la frontière avec le Mexique.
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Mais il a également dénoncé les attaques des démocrates contre la liberté d'expression, pointé le gâchis des guerres américaines récentes et critiqué l'interventionnisme américain à l'étranger, accusé les réseaux sociaux de censurer les voix conservatrices, proposé de privatiser la sécurité sociale et la gestion de l'eau en Arizona, déploré qu'une famille ne puisse plus vivre sur un seul salaire et, bien sûr, tiré à boulets rouges sur la présidence Biden.
Guillaume Renouard