Niger : le calvaire du président prisonnier
Antoine Malo
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Mohamed Bazoum, président du Niger.
© LTD / Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM
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Mohamed Bazoum, président du Niger.
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Certaines lectures aident parfois à surmonter le pire. Les nouveaux livres de chevet de Mohamed Bazoum en font partie. Parmi eux, il y a La Vie devant soi, de Romain Gary, mais aussi plusieurs ouvrages de Voltaire, dont Candide, ou l'Optimisme. De quoi, peut-être, permettre au président nigérien d'entrevoir un coin de ciel bleu dans son très sombre quotidien.
Vendredi, cela fera un an que le dirigeant sahélien de 64 ans a été déposé par un coup d'État perpétré par sa garde présidentielle. Un an qu'il vit séquestré avec son épouse, Hadiza, dans une des ailes de la résidence présidentielle à Niamey. « Leur espace se résume à une chambre et un petit salon attenant », détaille Oumar Moussa, son directeur de cabinet adjoint, aujourd'hui réfugié à l'étranger. Pour s'entretenir, le couple dispose d'un vélo d'appartement et peut, en guise de « promenade », arpenter un long couloir. Deux cuisiniers, qui ont choisi de rester à leurs côtés, leur préparent les repas.
Pour le reste, la junte du général Abdourahamane Tiani a restreint au minimum les contacts avec le monde extérieur, notamment depuis octobre et une pseudo- tentative d'évasion. Si Mohamed Bazoum peut encore regarder la télévision, son téléphone lui a été confisqué et il n'a pas accès à Internet. « Des gardes armés le surveillent en permanence », affirme un membre de son entourage qui souhaite garder l'anonymat. Seul son médecin dispose d'un droit de visite deux fois par semaine. Il en profite pour apporter nourriture et livres fournis par la famille.
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Il est loin le temps où l'option d'une intervention militaire régionale pour le rétablir dans ses fonctions était sur la table. « Aujourd'hui, il est, si ce n'est lâché, au moins oublié par la communauté internationale », regrette son avocat, Moussa Coulibaly. Ce que confirme un familier du dossier : « Seuls quelques États africains, comme la Côte d'Ivoire et le Ghana, bougent encore pour lui. La France s'active aussi, mais seulement de façon indirecte, puisqu'elle est devenue non grata à Niamey. » Paris a en effet dû retirer ses 1 500 soldats stationnés dans le pays pour lutter contre la menace djihadiste. Les États-Unis ont eux aussi été priés de faire leurs valises. Aujourd'hui, ce sont les Russes, déjà alliés des régimes malien et burkinabé, qui ont la main.
Antoine Malo