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Niger: sommet crucial ce jeudi de la Cedeao après l'échec de l'ultimatum aux militaires

latribune.fr

Publié le 10 août 2023 à 06:47 - Mis à jour le 10 août 2023 à 06:47

Le général Abdourahmane Tiani, proclamé chef d'Etat du Niger par les putschistes.

Le général Abdourahmane Tiani, proclamé chef d'Etat du Niger par les putschistes.

Reuters

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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L'ultimatum adressé aux putschistes par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) n'ayant pas eu l'effet escompté, les dirigeants des pays de l'Afrique de l'Ouest qui veulent le retour du président légitime au pouvoir au Niger tiennent un sommet pour prendre de nouvelles décisions, l'option d'une intervention militaire étant toujours à l'ordre du jour.

Après l'échec de leur ultimatum lancés aux militaires qui ont pris le pouvoir au Niger, les dirigeants des pays d'Afrique de l'Ouest opposés au coup d'Etat au Niger se réunissent ce jeudi à Abuja pour un sommet qui s'annonce crucial. « D'importantes décisions » sont attendues lors de ce sommet, a prévenu mardi la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), qui a réaffirmé privilégier la voie diplomatique pour restaurer l'ordre constitutionnel au Niger, tout en maintenant sa menace d'un recours à la force.

La Cedeao, par la voix du Nigeria qui assure la présidence tournante de l'organisation, s'exprimait pour la première fois depuis l'expiration dimanche soir d'un ultimatum de sept jours lancé aux militaires pour rétablir le président Mohamed Bazoum dans ses fonctions. Pour le moment, les nouveaux maîtres du Niger sont sourds aux tentatives de négociations de la Cedeao. Ce qui fait craindre que le sommet de jeudi matérialise la menace d'intervention militaire, aussi redoutée que critiquée dans la région.

Mardi encore, une délégation conjointe de la Cedeao, de l'Union africaine (UA) et des Nations unies avait tenté de se rendre à Niamey. En vain, les putschistes leur barrant la route, une décision justifiée par des raisons de « sécurité ».

Vers la nomination d'un gouvernement de transition

L'échec de cette visite s'ajoutait à un autre signe de défiance des nouveaux dirigeants nigériens: la nomination lundi d'un Premier ministre civil, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui semble être la première étape vers la désignation d'un gouvernement de transition.

Seule éclaircie à la veille du sommet, une rencontre mercredi soir à Niamey entre le nouvel homme fort du Niger, le général Abdourahamane Tiani, et l'ex-émir de l'Etat nigérian de Kano Sanusi Lamido Sanusi, un proche du président du Nigeria Bola Tinubu. « Nous sommes venus en espérant que notre arrivée va ouvrir la voie à de vraies discussions entre les dirigeants du Niger et ceux du Nigeria », a déclaré l'ex-émir, précisant cependant ne pas être un « émissaire du gouvernement » nigérian.

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En marge de ces tentatives diplomatiques, les chefs d'état-major de la Cedeao se sont réunis vendredi à Abuja, où ils ont défini les contours d'une possible intervention militaire.

C'est donc un sommet crucial pour l'Afrique de l'Ouest qui s'ouvre jeudi matin à Abuja. S'envolant pour la capitale nigériane mercredi soir, le président de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo a affirmé que « le seul président » reconnu au Niger est le président Mohamed Bazoum. « Les coups d'Etat doivent être bannis », a-t-il ajouté, estimant que la Cedeao, dont son pays et le Niger font partie, jouait son existence après les putsch dans trois autres Etats membres (Mali, Guinée, Burkina Faso; suspendus de ses instances dirigeantes) depuis 2020. De leur côté, le Mali et le Burkina Faso ont affiché leur solidarité avec les militaires du Niger. Ils ont affirmé que si le pays était attaqué par la Cedeao, ce serait « une déclaration de guerre » pour eux. Mardi, ils ont adressé des lettres conjointes à l'ONU et à l'UA en appelant à leur « responsabilité » pour empêcher « toute intervention militaire contre le Niger dont l'ampleur des conséquences sécuritaires et humanitaires serait imprévisible ».

Soutien des puissances occidentales à la Cedeao

Dans ses efforts pour rétablir le président Mohamed Bazoum, la Cedeao peut quant à elle compter sur le soutien des puissances occidentales, en premier lieu les Etats-Unis et la France qui avaient fait du Niger un pivot de leur dispositif antijihadiste au Sahel. Les Etats-Unis ont exprimé mercredi leur inquiétude à propos des conditions de détention de Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d'Etat du 26 juillet dans sa résidence présidentielle. La numéro deux de la diplomatie américaine était venue lundi à Niamey pour rencontrer les auteurs du coup d'Etat, réunion à laquelle n'avait pas participé le général Tiani. Elle n'avait pas non plus rencontré Mohamed Bazoum. Les discussions « ont été extrêmement franches et par moment assez difficiles », avait-t-elle reconnu.

La France, ex-puissance coloniale régulièrement vilipendée lors de manifestations en Afrique de l'Ouest, a fait savoir mardi de source diplomatique qu'elle appuyait « les efforts des pays de la région pour restaurer la démocratie » au Niger. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lui aussi dit sa préoccupation, exigeant la libération de Mohamed Bazoum et dénonçant « les déplorables conditions dans lesquelles vivraient le président Bazoum et sa famille ».

La France accusée d'avoir violé l'espace nigérien

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  • Niger: l'ultimatum menaçant les putschistes d'intervention militaire a expiré
  • Niger : la Cedeao divisée sur une possible intervention militaire en réponse au putsch
  • Niger : Paris appuie « avec fermeté » les efforts de la Cedeao pour faire échouer le putsch

Depuis l'arrivée des militaires au pouvoir, la France a suspendu les accords de coopération militaire avec Niamey. Les militaires nigériens ont, eux, dénoncé la semaine dernière ces accords, ce que Paris a rejeté, au motif que ceux-ci avaient été signés par les autorités nigériennes légitimes. Mercredi, les militaires ont accusé Paris d'avoir violé dans la matinée l'espace arien nigérien, fermé depuis dimanche, avec un avion de l'armée française venu du Tchad, et d'avoir « libéré des terroristes ». Des accusations aussitôt démenties par la France.

(avec AFP)

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