Un rapport d'un think tank chinois alerte sur l’impérative nécessité de verdir les investissements dans les infrastructures énergétiques ou de transports des "Nouvelles routes de la soie", dont l'impact climatique s’étalera sur des décennies.Ce sera quitte ou double. Selon un rapport du centre chinois Tsinghua pour la finance et le développement, Vivid Economics et la fondation ClimateWorks, les investissements dans les « nouvelles routes de la soie » décidés aujourd'hui pourraient réduire à néant tout espoir de respecter l'accord de Paris sur le climat. Ou, à l'inverse, servir de socle pour une large bascule vers des infrastructures vertes et résilientes.
Les pays 126 ayant rejoint l'initiative lancée par la Chine en 2013 devraient y investir plus de 12.000 milliards de dollars, essentiellement dans des infrastructures énergétiques ou de transports. Réalisés selon les critères qui ont prévalu jusqu'à maintenant, ces investissements financeraient des projets fortement émetteurs de gaz à effet de serre pour au moins les 50 prochaines années. Cela provoquerait une hausse moyenne des températures mondiales de +2,7°C par rapport à l'ère pré-industrielle, quand bien même le reste du monde respecterait une feuille de route compatible avec la hausse de +2°C maximum prévue par l'accord de Paris. Les auteurs de l'étude s'inquiètent notamment de certains projets de barrages et de centrales à charbon.
Réduction de 68% des émissions de CO2
Au contraire, en appliquant les meilleures pratiques aujourd'hui en vigueur, les émissions générées par ces projets pourraient être inférieures de 39% à ce qui se fait aujourd'hui.
Mais cela ne suffirait toujours pas puisque selon les calculs du think tank, c'est une baisse de -68% d'ici à 2050 qui serait nécessaire.
Ces chiffres proviennent de l'analyse et de la modélisation de l'empreinte carbone des infrastructures développées dans une quinzaine de pays ayant signé un accord de coopération avec Pékin.
Cependant, les « nouvelles routes de la soie » concernant 60% de la population mondiale et un quart du PIB (hors Chine), l'initiative pourrait au contraire constituer une formidable base pour opérer une bascule vers des investissements et des infrastructures durables.