Nucléaire iranien : accord imminent, selon Israël

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a affirmé dimanche qu'un accord sur le dossier nucléaire iranien serait "imminent" et mis en garde contre sa "fragilité" par rapport au précédent conclu en 2015. Selon les experts, les Iraniens ne sont plus qu'à quelques semaines de disposer de suffisamment de matière fissile pour fabriquer une arme atomique, même si d'autres étapes sont ensuite requises.

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(Crédits : LISI NIESNER)

L'accord sur le programme nucléaire iranien est « imminent ». C'est ce qu'a déclaré ce dimanche le Premier ministre israélien Naftali Bennett en mettant en garde contre sa "fragilité" par rapport au précédent conclu en 2015.

"Un nouvel accord serait imminent (...) Il serait plus fragile que le précédent", a-t-il déclaré Naftali Bennett avant la réunion hebdomadaire du gouvernement à Jérusalem.

Débutés au printemps 2021, les pourparlers de Vienne visent à sauver l'accord nucléaire de 2015 destiné à empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique. Les Etats-Unis s'en sont retirés en 2018, sous la présidence de Donald Trump qui le jugeait insuffisant, et ont rétabli dans la foulée leurs sanctions économiques. En riposte, la République islamique s'est affranchie des restrictions-clés à son programme nucléaire, placé sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Les négociations visent donc à mettre en œuvre un "retour mutuel" de Washington et Téhéran dans l'accord, défendu par l'actuel président américain Joe Biden.

L'Iran proche de disposer de suffisamment de matières fissiles

Selon les experts, les Iraniens ne sont plus qu'à quelques semaines de disposer de suffisamment de matière fissile pour fabriquer une arme atomique, même si d'autres étapes sont ensuite requises. Téhéran a maintes fois démenti avoir l'intention de concevoir la bombe, insistant sur le caractère pacifique de son programme. Mais face aux récentes avancées, les Etats-Unis veulent boucler le dossier au plus vite et souhaitent un dialogue "direct", ce que ne veut pas l'Iran pour l'instant.

L'idée de ces pourparlers est de ramener Washington à l'accord nucléaire de 2015, notamment par la levée des sanctions contre l'Iran, et à garantir le plein respect par Téhéran de ses engagements. Les autres signataires de l'accord, les Européens (France, Allemagne, Royaume-Uni), la Chine et la Russie, de même que les Etats-Unis qui en sont sortis en 2018, ont "trouvé une convergence" pour conclure à Vienne, avait souligné jeudi dernier Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères. Le même jour, les Etats-Unis avaient fait état de "progrès substantiels" lors des négociations de Vienne visant à sauver l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, jugeant une entente possible "dans les prochains jours".

La crainte israélienne de voir l'Iran se doter d'une bombe atomique

 Du côté israélien, on se prépare "au jour de l'après (accord) à tous les niveaux", a ajouté Naftali Bennett. Israël et l'Iran sont des ennemis jurés. Israël, considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que ce pays dément.

"Le terrorisme iranien nous met en danger ainsi que d'autres pays de la région (...) L'Etat d'Israël se prépare pour le jour d'après (la conclusion de l'accord) afin d'assurer la sécurité de ses citoyens par nos propres moyens", a ajouté le Premier ministre israélien.

"Absurde selon l'Iran"

Le guide suprême de la République islamique l'ayatollah Ali Khamenei a qualifié jeudi d'"absurde" les accusations selon lesquelles son pays se préparait à produire une bombe atomique, réaffirmant une nouvelle fois que le programme nucléaire iranien est pacifique. l'Iran a toujours démenti chercher à se doter de l'arme atomique, même s'il est revenu sur certains de ses engagements en réponse au retrait américain unilatéral en 2018 de l'accord et le rétablissement de sévères sanctions économiques contre Téhéran. Après avoir dépassé notamment le taux d'enrichissement et la quantité d'eau lourde autorisés en vertu de l'accord de 2015, l'Iran a annoncé début 2020 qu'il ne se sentait plus tenu par aucune limite "sur le nombre de ses centrifugeuses".

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Commentaires 4
à écrit le 30/05/2022 à 8:56
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Je pense que c la tactique d Israël et les usa de vouloir garder la main Mise sur la région et non la crainte d une bombe iranienne.

à écrit le 22/02/2022 à 10:32
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Si on veut la paix dans cette zone , il faut un équilibre et une dissuasion réciproque . Depuis 60 Israël baffoue, complote, assassine, annexe des territoires et occupe la Palestine ...il est temps que la donne change

à écrit le 20/02/2022 à 18:00
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Proche d'un accord jusqu'à la prochaine explosion d'une centrifugeuse exploitée à des fins d'enrichissement militaire...

à écrit le 20/02/2022 à 16:49
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Ca bouge de tous les côtés. Le nouvel accord serait en effet très différent du précédent. Le précédent accord était basé sur un espoir de stabilisation d'un Moyen Orient dénucléarisé. Par contre, le nouvel accord serait entièrement basé sur la ...

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