Obama ne sera pas le premier président américain à se rendre à Hiroshima

Le président américain doit se rendre vendredi dans la ville japonaise où a explosé la première bombe atomique américaine le 6 août 1945. Deux présidents des États-Unis s'y sont rendus avant lui. Ils n'étaient toutefois pas en exercice.
Laszlo Perelstein
Un enfant japonais passe devant une photographie de la ville d'Hiroshima après le bombardement, lors d'une exposition au Musée du mémorial de la paix d'Hiroshima.
Un enfant japonais passe devant une photographie de la ville d'Hiroshima après le bombardement, lors d'une exposition au Musée du mémorial de la paix d'Hiroshima. (Crédits : Reuters)

| Article publié le 10 mai, actualisé le 26 mai.

Une journée historique pour la ville d'Hiroshima et le Japon. La Maison blanche a annoncé mardi 10 mai que Barack Obama fera un déplacement ce vendredi dans la ville où a explosé il y a plus de 70 ans, le 6 août 1945, "Little Boy", la première bombe atomique américaine. Si le chef d'État sera le premier président américain en exercice à se rendre dans la ville nippone, il ne sera pas le premier président des États-Unis. Avant lui Jimmy Carter et Richard Nixon ont déjà visité la municipalité, rappelle The Atlantic.

À la tête des États-Unis entre 1977 et 1981, Jimmy Carter, 39e président élu, attendra le 25 mai 1984 pour visiter le Mémorial de la paix d'Hiroshima. Il est ainsi le premier ancien président des États-Unis à s'y rendre et ce afin de plaider pour "une élimination des armes nucléaires de la surface de la Terre", comme le rapporte à l'époque l'agence de presse AP dans une dépêche publiée dans le journal local Spokane Chronicle.


Photocopie d'une dépêche AP parue dans le Spokane Chronicle le 26 mai 1984 au lendemain de la visite de Jimmy Carter à Hiroshima. Crédits : Spokane Chronicle/Capture d'écran.

Avant lui, Richard Nixon s'était également rendu à Hiroshima le 11 avril 1964 le temps d'une tournée de 24 jours en Asie, déposant une gerbe sur le Mémorial. Sa visite n'a toutefois été que peu commentée, n'apparaissant même pas dans liste Wikipédia des visiteurs notables du Mémorial de la paix d'Hiroshima. Cinq ans après sa visite, Richard Nixon accède à la Maison blanche et devient 37e président des États-Unis. Amené à commenter dans une interview en 1985 son court passage dans la ville japonaise, l'ancien chef d'État déclare que les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki ont sauvé des vies. Il note néanmoins que le général Douglas MacArthur -- en activité lors de la Seconde guerre mondiale mais qui n'a pas été consulté sur l'utilisation de la bombe A -- lui a dit que c'était une "tragédie" que la bombe ait été utilisée contre des "non-combattants", rappelle le magazine américain The Nation.

Pas d'excuses attendues de la part d'Obama

Encore aujourd'hui, la décision de se rendre à Hiroshima fait polémique auprès de la Maison blanche. Barack Obama a pourtant exprimé de longue date son désir d'aller et à Nagasaki et à Hiroshima. En septembre 2009, l'ambassadeur américain au Japon John Ross avait averti l'administration que le gouvernement japonais jugeait prématuré une visite du président américain à Hiroshima lors de son déplacement dans la péninsule en novembre de la même année, comme l'a révélé un câble diplomatique paru en septembre 2011 sur le site WikiLeaks.

Sept ans après, Barack Obama pourra réaliser son souhait. Aucunes excuses ne doivent toutefois être attendues lors de ce déplacement effectué aux côtés du Premier ministre japonais Shinzo Abe.

"[Barack Obama] ne reviendra pas sur la décision d'utiliser la bombe atomique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a écrit Ben Rhodes, conseiller adjoint à la Sécurité nationale, sur le site participatif Medium.

"Le président et son équipe feront cette visite en sachant que la reconnaissance plus large de l'Histoire est essentielle à la compréhension de nos passés commun", ajoute-t-il plus loin.

La nouvelle a été bien accueillie par les survivants des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. "Espérons que [Barack Obama] pourra rencontrer les victimes et écouter leurs histoires de première main", a déclaré au Wall Street Journal Reiko Yamada, survivant d'Hiroshima, souhaitant que le chef d'État "fasse de sa visite une opportunité pour qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais".

Lâchées respectivement les 6 et 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki, les bombes atomiques américains "Little boy" et "Fat man" ont fait selon les estimations entre 155.000 et 246.000 victimes.

Laszlo Perelstein

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Commentaires 5
à écrit le 27/05/2016 à 14:46
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Il est facile moralement de croire que guerres et révolutions seraient "spontanées" comme l'on s'empoigne au coin de la rue lorsqu'il y a un problème. Il n'en est rien : elles font partie d'une stratégie globale qui est supposée dans chaque camp perm...

le 28/05/2016 à 13:17
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La guerre n'est pas morale. Réécrire indéfiniment l'histoire pour désigner des coupables de guerre est parfaitement stupide. Tout comme désigner des boucs émissaires comme ennemis. En fait de guerre, le seul principe qui s'applique est celui de Darwi...

à écrit le 27/05/2016 à 8:38
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Quand est-ce qu'un premier ministre japonais se rendra à Nankin pour "se repentir" des massacres perpétués qui ont fait largement autant de morts (200 000 selon les chinois) que ceux d'Hiroshima et Nagasaki ?

à écrit le 27/05/2016 à 8:32
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200.000 morts dans des conditions uniques, c'est 5 fois moins que la guerre d'Irak. Mais la frappe a été exemplaire : elle a été l'image de fond de le dissuasion nucléaire et de la guerre froide, soit en fait un long temps de paix. Merci au sacrifice...

le 27/05/2016 à 14:51
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Vous n'êtes certainement pas responsable de ce type d'éducation et de la croyance qui vous fait tenir de tels propos honteux mais je me dois de vous dire que trouver la motivation de l'écrire participe de ce qui est le plus minable de l'âme humaine.

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