Traité transatlantique : Obama en Allemagne pour négocier

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Barack Obama aimerait finaliser les négociations sur l'accord de libre-échange avec l'Europe avant la fin de son mandat de président des Etats-Unis.
Barack Obama aimerait finaliser les négociations sur l'accord de libre-échange avec l'Europe avant la fin de son mandat de président des Etats-Unis. (Crédits : © Nigel Treblin / Reuters)
Barack Obama rend en ce moment viste à son "amie" Angela Merkel pour aborder le sujet épineux de l'accord de libre-échange transatlantique.

Le président américain Barack Obama est arrivé ce dimanche à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne pour une visite de deux jours au cours de laquelle il entend notamment promouvoir avec la chancelière Angela Merkel le projet controversé d'accord de libre-échange UE-USA. Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande à Hanovre, le président américain a ainsi déclaré qu'"Angela (Merkel) et moi sommes d'accord pour dire que les Etats-Unis et l'Union européenne ont besoin de continuer de faire avancer les négociations d'un accord commercial transatlantique".

Négocier un accord

Pour ce qui devrait être sa cinquième et dernière visite en Allemagne de en tant que dirigeant des Etats-Unis, Barack Obama rend son visite à "son amie" Angela Merkel, sa partenaire européenne la plus respectée. Du reste, le président américain ne s'attend "pas à ce que nous soyons en mesure de finir la ratification d'un accord d'ici la fin de l'année, mais je prévois que nous ayons terminé les négociations de l'accord (...) et alors les gens seront en mesure de voir pourquoi cela serait positif pour nos deux pays", a indiqué à la presse Barack Obama.

Le président américain doit inaugurer en début de soirée le salon industriel de Hanovre, grand-messe du "made in Germany" dont les Etats-Unis sont cette année le partenaire. Il offre aux dirigeants américain et allemand un tremplin pour promouvoir l'accord de libre-échange actuellement négocié entre l'Union européenne et les Etats-Unis, connu sous les acronymes TTIP ou Tafta. "Nous n'abandonnerons pas nos efforts pour négocier un accord de libre-échange avec notre plus grand partenaire, le marché européen", a aussi assuré dans la presse britannique Barack Obama, qui souhaite un accord avant de quitter le pouvoir en fin d'année.

Divergences tenaces

Les tractations autour du TTIP butent toutefois actuellement sur des divergences tenaces entre les deux parties, alimentées par un scepticisme grandissant des opinions tant aux Etats-Unis qu'en Europe. En Allemagne, une manifestation d'opposants a rassemblé samedi à Hanovre plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Au sein même du gouvernement allemand, pourtant considéré comme un des principaux défenseurs du projet en Europe, l'impatience grandit. L'accord "va échouer" sans concessions de Washington, a averti dimanche dans les médias le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel. Le numéro deux du gouvernement refuse d'avaler tout cru un texte qu'il résume pour l'instant à la devise: "Achetez américain".

La France fait aussi preuve de fermeté. Le président François Hollande refuse de parler du TTIP lors d'une rencontre à cinq qui sera organisée lundi par Angela Merkel à Hanovre avec, outre Barack Obama, les dirigeants italien et britannique, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Raison invoquée : le sujet serait trop impopulaire en France.

Angela Merkel, l'"amie" de Barack Obama

Au-delà de ces divergences, le choix de Barack Obama de se rendre en Allemagne, pour la 5e fois depuis qu'il est au pouvoir, témoigne de la place qu'il accorde à la chancelière Angela Merkel, la dirigeante européenne qu'il connaît le mieux après deux mandats à la Maison Blanche. "Gardienne de l'Europe" à l'attitude "courageuse" dans la crise migratoire, la chancelière est une "amie", a confié Barack Obama au journal le plus lu d'Allemagne, Bild, à la veille de son arrivée. "Elle incarne beaucoup des qualités d'un dirigeant que j'admire le plus. Elle est guidée à la fois par des intérêts et des valeurs".

L'approche politique très analytique de Barack Obama serait par ailleurs au plus proche de celle d'Angela Merkel. Ils entretiendraient une relation "cérébrale et sans comparaison", selon des collaborateurs proches. Le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qualifie même M. Obama et Mme Merkel d'"âmes soeurs"...

Crispations

Leur relation n'a pourtant pas toujours été un long fleuve tranquille. La crise de l'euro, au cours de laquelle Washington a reproché à Berlin sa rigidité idéologique sur le primat de la discipline budgétaire, et, surtout, la découverte en 2013 des écoutes de l'agence de renseignement américaine NSA réalisées sur le téléphone portable d'Angela Merkel ont engendré des crispations.

Mais les positions voisines notamment concernant la fermeté à l'égard de Moscou sur l'Ukraine ou sur le nucléaire iranien semblent avoir rapproché à nouveau les deux dirigeants. Barack Obama clôturera son périple européen lundi à Hanovre avec, outre un discours attendu sur sa vision des relations transatlantiques, une rencontre des cinq dirigeants occidentaux sur les sujets brûlants du moment comme la guerre en Syrie et la lutte antiterroriste.

(Avec AFP)

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a écrit le 25/04/2016 à 15:21 :
On aura bien compris que l'Angleterre n'est plus le cheval de Troie des États Unis mais l'Allemagne.
Les états Unis nous déclarent donc officiellement l'occupation économique, ce qui n'est autre qu'une déclaration de guerre contre les peuples ! Et bien la seule réponse a donner au Bonobo Obama, c'est une balle entre les deux yeux !
a écrit le 25/04/2016 à 13:33 :
Les commentaires n'apparaissent pas.
a écrit le 25/04/2016 à 12:49 :
Le "Tafta" que s'apprête à signer lEurope va entériner définitivement la suprématie des Etats-Unis sur l'Europe. Cette dernière ne se relèvera plus de ce traité d'allégeance.
L'histoire aura commencé au lendemain de la fin de la première guerre mondiale. Par un fameux plan " Marshall" d'aide à la reconstruction de l'Europe. Ce plan qui allait nous être profitable était en réalité un véritable cheval de Troie. Seul à son époque , le Général de Gaulle a su en mesurer la portance. C'est pourquoi il a tout fait ; et réussi avec d'autres hommes de son envergure à rendre à la France sa liberté totale. Nous l'avions perdue une première fois militairement face à une Allemagne nazie.Puis en toute logique économique d'un partenariat allié, face aux américains.
Victoire de courte durée , puisque l'Europe dans sa majorité fit le choix de s'en remettre à une puissance étrangère pour organiser, diriger nos vies. Tout le monde devait être gagnant. Les premiers naturellement le capitalisme sans frontière, de part et d'autre. Puis en second les peuples avec une amélioration de la vie au quotidien. Tout donc, devait aller mieux pour le meilleur des mondes. Et principalement pour les hommes politiques qui ont succédé au général. Il ne suffirait dans l'avenir qu'à piloter cette orientation économique ; oubliant au passage qu'elle nous conduirait à la perte de notre identité, de notre liberté de penser, d'agir. Il aura fallu plus de 60 ans de ce mauvais cheminement pour en arriver là. Mais qu'est-ce que ce là ? - Il est synonyme d'une dérégulation totale du monde africain, qui bien entendu n'est pas économiquement innocente. Il est également synonyme d'une Europe totalement divisée n'ayant qu'une apparente structure d'existence. Mais chose plus grave il est l'aboutissement d'un nationalisme en réaction à la destructuration de nos sociétés Européennes. Les peuples ne s'y retrouvent pas. Quel est l'avenir d'un européen ? - Vivre sous perfusion en mangeant des aliments dénaturés. Nous sommes sur le point de perdre notre âme et bientôt grâce à une OTAN sous gouvernance totale américaine nous servirons de chair à canon pour régler la dérégulation occasionnée par cette hégémonie ; militaire comme économique.
Alors me direz-vous la chancelière Allemande, elle même est en faveur du "Tafta". Que peut-elle faire d'autre face à une France qui a toujours refusé la création d'une Europe fédérale. La France et bien d'autres. Disons que chacun des pays fondateurs pour des raisons différentes ont lamentablement reculé devant le fédéralisme. Certains ont même été jusqu'à mettre le maximum de barrières possibles ; notamment en réintégrant l'OTAN.
Alors que va-t-il se passer dans l'avenir. Probablement rien de nouveau ou plutôt de réellement changeant ( mis à part un réveil brusque et douloureux d'un des peuples). Mais à plus long terme quand nous aurons validé l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Nous ne serons plus qu'un conglomérat de consommateurs défendant des intérêts qui ne seront plus du tout les nôtres. C'est là que j'ose dire que nous serons la chair à canon de nos maîtres. Nous ne sommes déjà plus à la croisée des chemins, et je forme le voeu, celui d'un Européen convaincu. Le voeu que le continent Européen se réveille désireux d'assurer son destin.
a écrit le 25/04/2016 à 12:03 :
Pourquoi les USA sont-ils pressés ? Tout simplement parce que l'Europe est aujourd'hui une proie facile. Les industries américaines ont engrangés des milliards dans les paradis fiscaux qu'ils doivent investir en urgence, avant que l'Europe ne se redresse économiquement et devienne plus cher. La Chine joue le même jeu en ralentissant sa croissance pour rendre nos entreprises vulnérables et les acheter au pris le plus bas. Le mondialism est encore une guerre que nous allons perdre...
a écrit le 25/04/2016 à 7:00 :
Un article qui ne nous éclaire en rien sur les points d'achoppement et sur les enjeux de cet accord.
a écrit le 24/04/2016 à 23:09 :
Un accord de libre échange doient être dans l'intérêt de tous les participants, et non seulement d'un seul pays.... Ensuite les tribunaux en cas de désaccord ou de litige ne doivent pas se trouver au USA, mais en Suisse et utilisé le code Suisse de justice.... Ils n'est pas question que nous soyons les dindons de cette histoire...
a écrit le 24/04/2016 à 20:09 :
Les américains se cherchent un nouveau vassal, au cas où les anglais votent. Pour le Brexit. Ceci étant dis qui dirige l'Europe?

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