Obama : "Si nous n'écrivons pas les règles du libre-commerce en Asie, la Chine le fera"

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Nous voulons juste être sûrs que le code de la route permettent à nous et à tout le monde de rivaliser. Nous ne voulons pas que la Chine utilise sa taille pour imposer à d'autres pays de la région des règles qui nous désavantagent, a souligné Barack Obama.
"Nous voulons juste être sûrs que le code de la route permettent à nous et à tout le monde de rivaliser. Nous ne voulons pas que la Chine utilise sa taille pour imposer à d'autres pays de la région des règles qui nous désavantagent", a souligné Barack Obama. (Crédits : JONATHAN ERNST)
Dans une interview au "Wall Street Journal", le président américain met en garde contre le risque de voir la Chine s'imposer en Asie si les Etats-Unis ne signent pas l'accord de partenariat trans-Pacifique (TPP) actuellement en cours de négociation.

Si les Etats-Unis ne parviennent pas à conclure et adopter un accord multilatéral de libre échange en Asie, alors la Chine n'hésitera pas à s'emparer du vide économique ainsi créé par les Américains. C'est l'essentiel du message formulé par le président américain dans une interview parue lundi 27 avril dans The Wall Street Journal.

A propos de l'accord de partenariat trans-Pacifique (Trans-Pacific Partnership Agreement, TPPA, ou simplement Trans-Pacific Partnership, TPP), en cours de négociation entre les Etats-Unis et 11 pays(*) de la zone, le président américain a affirmé:

"Si nous n'écrivons par les règles, ce sera la Chine qui le fera dans la région".

"Beaucoup d'emplois américains" en danger

"Nous serons exclus - les entreprises, comme l'agriculture américaines. Cela impliquera la perte de beaucoup d'emplois américains", s'est notamment alarmé Barack Obama, avant toutefois de préciser: "Nous voulons que la Chine réussisse, qu'elle continue dans cette ascension pacifique. Je pense que c'est bon pour le monde."

"Nous voulons juste être sûrs que le code de la route permettent, à nous et à tout le monde, de rivaliser. Nous ne voulons pas que la Chine utilise sa taille pour imposer à d'autres pays de la région des règles qui nous désavantagent", a souligné le président.

Une convergence d'anti-mondialistes de droite comme de gauche

L'interview a été l'occasion pour Obama de déplorer un certain anti-mondialisme croissant à Washington, chez les républicains mais également dans les rangs du parti démocrate, dont une partie s'oppose à la signature du TPP:

"Il y a une convergence anti-mondialiste tant de la part de membres de la gauche que de membres de la droite, ce que je considère comme une grande erreur", affirmé le président.

"Ce que nous ne pouvons pas faire, c'est de nous retirer", a-t-il insisté.

Un accord bilatéral avec le Japon?

Obama espérerait parvenir à la signature du TPP avant la fin de l'année. Il tente ainsi de faire passer au Congrès une loi lui conférant les pouvoirs nécessaires pour accélérer les négociations.

Le président américain, qui doit rencontrer cette semaine à Washington le Premier ministre japonais Shinzo Abe, a notamment affirmé être proche, malgré des négociations difficiles, de la conclusion d'un accord bilatéral avec le Japon, qui faciliterait la conclusion ensuite d'un accord à douze.

Des clauses fortes en matière d'emploi et d'environnement

Certains démocrates déplorent toutefois les délocalisations jusqu'à présent engendrées par les accords de libre-échange conclus par les Etats-Unis. Hillary Clinton, elle-même, a refusé de soutenir le traité, alors que les négociations ont commencé quand elle était encore secrétaire d'Etat, souligne le WSJ.

Tout en avouant comprendre les préoccupations des démocrates, Obama a souligné que les Etats-Unis n'ont pas le pouvoir de renverser le mouvement de mondialisation. Il a néanmoins affirmé être confiant quant au résultat final: la conclusion d'un traité incluant dans son texte même des clauses fortes de protection des travailleurs et de l'environnement.

Des accusations "irréalistes"

Barack Obama n'a également pas manqué de s'ouvrir sur les sentiments personnels que suscitent en lui certaines réactions de membres de son propre parti, en regrettant:

"Ce que je prends personnellement est cette idée quelque part que, après six ans et demi de travail afin de tirer cette économie d'un fossé - en renforçant la propriété immobilière des classes moyennes, en m'assurant que leurs systèmes d'épargne-retraite se sont redressés, en améliorant le système d'éducation et d'apprentissage, en luttant pour le salaire minimum et pour une industrie automobile prospère -, qu'après tout le travail que j'ai mené et que nous avons mené ensemble pour garantir que les familles de la classe moyenne bénéficient d'une plus grande stabilité, selon certains discours des opposants [au TPP, Ndlr] je serais juste en train de détruire la classe moyenne ou notre démocratie, ce qui est un petit peu irréaliste. Et ils le savent."

(*) L'Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, le Vietnam.

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Commentaires
a écrit le 29/04/2015 à 9:31 :
Assez étonnant pour les promoteurs du commerce mondial sans entrave de vouloir des règles pour en figer la physionomie. En quoi les règles "édictées" par les chinois seraient moins ou plus contraignantes que celles qui sont défendues par ces traités? Tout ça ressemble fichtrement au "si vous n'êtes pas avec nous vous êtes contre nous" de Bush.
Le multilaréralisme ne nécessite rien de ce genre, à condition que nos instances bruxelloises soient autre chose que la chambre d'enregistrement d'intérêts autres que ceux des peuples qu'ils sont supposés représenter. Il en va de même pour l'administration US.
a écrit le 28/04/2015 à 21:58 :
TPP à gauche, TTIP à droite, et puis quoi encore ..? J'encourage tout ceux qui se demanderaient encore pourquoi ces traités sont importants et pourquoi il est urgent de les rejeter, à visionner l'excellent reportage sur le sujet diffusé sur Arte et visible jusqu'à demain sur Arte+7 "Libre-échange ou libre-citoyen".
a écrit le 28/04/2015 à 20:34 :
Quelle arrogance du Seigneur du Monde en totale décadence….. le président chinois aurait pu dire lui aussi: "Si nous n'écrivons pas les règles du libre-commerce aux Amériques, les Etats-Unis le feront." La fin se dessine, on la pressent….
a écrit le 28/04/2015 à 19:04 :
Pour les américains peut-être, mais pas pour le reste du monde pour qui ce serait plutôt une chance en terme de démocratie.
a écrit le 28/04/2015 à 18:30 :
Les ricains veulent écrire les règles du commerce mondial pour imposer leurs OGM, leurs poulets aux hormones, distribuer la culture qui leur convient et peser sur les décisions de Etats, avec sanctions à la clé si pas conforme à leurs règles...Un TAFTA mondial, un surpassement de la démocratie, une dictature...La Chine, l'Europe doivent écrire leurs propres règles applicables sur leur territoire, à la Chine aux US et aux autres de s'y soumettre.
Réponse de le 28/04/2015 à 18:56 :
@Valbel Je partage sauf que l'Europe appartient aux US et c'est de cela qu'il faut sortir, en premier.. L'UPR et là pour cela, pour une sortie unilatérale si besoin.
Réponse de le 29/04/2015 à 7:18 :
l'UPR un machin politique tenu par un "bon" énarque comme dans les cohortes du PS de l'UMP même le FN a son énarque de service NON à la machine à détruire l'économie. D'ailleurs à lire les idées!!! de ce mouvement je me pose la question un sous marin du FN, peut-être du fameux et fumeux Debout!!! la France ou tout autre parti dans la nébuleuse des micros partis politiques dont un jour on se réveille à découvrant des liens qui n' avait jamais été avoués et pour cause????? Sortir de l'Europe encore une grande idée pour ceux qui planches dans des couloirs certainement pas pour ceux qui ont une vision de la croissance sortir de l'Euro celle là aussi elle est bonne avec un franc qui de sont temps a connu tellement de dévaluation que la force de notre pays était devenu sa faiblesse. Le seul pb est le manque d'une Europe fédérale puissante l'avenir est dans cette force pas dans un hexagone trop petit pour un monde qui lui bouge et ne regarde pas derrière. Allez la peur de la concurrence est la vision d'un énarque, école d'hier encore trop dans sa vision étatique de l'économie.
Réponse de le 29/04/2015 à 11:53 :
haha vous me faites bien rire....les suédois sont morts de faim ? les islandais aussi ?? la fin de l'euro est la solution et non le pb ! vive l'UPR
a écrit le 28/04/2015 à 15:48 :
Faut accepter de ne plus être la première puissance au monde, et que d'autres pays soient acteur.
Si la Chine propose des accords de bon sens, qui ne soit pas un esclavagisme face aux multi, perso je prend.
Réponse de le 28/04/2015 à 20:47 :
Cela fait des DECENNIES que leur unilatéralisme est dénoncé. Ils en subissent juste les conséquences. La dernière "civilisation" ayant fait de même sont les ... Romains. Et ils ont fait de même à l'époque : ils sont devenus de plus en plus agressifs au fur et à mesure de leur chute.
a écrit le 28/04/2015 à 14:39 :
Ils sentent vraiment leur domination diminuer.
Réponse de le 28/04/2015 à 16:21 :
Oui, j'ai ce même sentiment. Ils ont trop d'arrogance envers les autres.
a écrit le 28/04/2015 à 13:51 :
Une déclaration digne du département d'État américain: dédaigneuse, gorgée d'arrogance et de despotisme, dictatoriale. Imaginons le Président chinois en faisant une déclaration pareille, le scandale que ce serait dans les rédactions, les chancelleries, les palais. C'est dégoûtant. Et quand on pense que ce pays là veut imposer (à sa manière) la DÉMOCRATIE dans le monde, on ne peut qu'en être dégoûté.
Réponse de le 28/04/2015 à 17:14 :
Aller vivre en Chine, faire du commerce avec la Chine et vous apprécierez d'avoir un partenaire comme les Etats Unis pour defendre, les lois et les regles du commerce, lutter contre la corruption,avoir des contrats respectés.
Réponse de le 28/04/2015 à 17:27 :
C'est clair, aux états unis, les règles du fairplay dans le commerce, c'est : interdire purement et simplement les ventes du Samsung Galaxy quand les ventes d'i-phone étaient au plus bas. Quel bel exemple..
Réponse de le 28/04/2015 à 18:24 :
Vivre en Chine ou aux US? Commercer avec ces pays? L'impérialisme ou la dictature! Plus de chance de s'en sortir en vendant son âme au diable.
Réponse de le 28/04/2015 à 18:52 :
Les lois et les règles du commerce pour vous en Amérique c'est d'abord d'inventer une histoire de terrorisme pour, avec l'aide d'autres pays anglo-saxons et d'Israel, camoufler un projet d'espionnage industriel dans les pays. Les Rafale n'ont été jamais vendu car les USA espionnaient les offres de Dassault auprès des potentiels clients pour ensuite faire les leurs, bien plus avantageuses. Voilà les belles lois et règles du commerce des américains. Vous êtes en flagrant déclin, cela se voit, heureusement.

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