TTIP : le Congrès veut aider Obama à négocier avec Bruxelles

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A une époque où 95% de nos consommateurs potentiels vivent hors de nos frontières, nous devons faire en sorte que ce soit nous, et non des pays comme la Chine, qui écrivions les règles de l'économie mondiale, a déclaré Barack Obama.
"A une époque où 95% de nos consommateurs potentiels vivent hors de nos frontières, nous devons faire en sorte que ce soit nous, et non des pays comme la Chine, qui écrivions les règles de l'économie mondiale", a déclaré Barack Obama. (Crédits : JONATHAN ERNST)
Le Congrès adopterait une loi fixant les paramètres d'un futur accord commercial. En échange, Barack Obama pourrait négocier un accord et demander au Congrès de voter en bloc pour ou contre l'accord, sans possibilité d'amendement. La procédure écarterait tout risque d'obstruction ou d'enlisement.

Les républicains et démocrates du Congrès américain se sont mis d'accord jeudi sur une proposition de loi donnant des pouvoirs accrus à Barack Obama pour négocier des accords de libre-échange avec l'Union européenne (UE) et onze pays de la région Asie-Pacifique.

"Fast track"

Washington négocie depuis plusieurs mois des accords de libre-échange avec l'Asie-Pacifique (TPP) et l'UE (TTIP), des tractations titanesques pour lesquelles Barack Obama a réclamé une procédure accélérée au Congrès, dite "fast track".

Le Congrès adopterait une loi fixant les paramètres d'un futur accord commercial. En échange, Barack Obama pourrait négocier un accord et demander au Congrès de voter en bloc pour ou contre l'accord, sans possibilité d'amendement. La procédure écarterait tout risque d'obstruction ou d'enlisement. Elle expirerait en juillet 2018, soit au-delà de la fin du mandat de Barack Obama en janvier 2017, avec un renouvellement possible de trois ans.

Certains objectifs

La loi doit encore être débattue et adoptée, mais sa rédaction par des membres des deux partis accroît ses chances de réussite.

Les conditions du Congrès incluraient notamment:

- des obligations de transparence, comme la publication du texte de tout accord au moins 60 jours avant que le président ne le signe;

- des critères sociaux, environnementaux et de droits de l'homme;

- une plus forte tutelle du Congrès dans les négociations, avec la possibilité d'annuler la procédure accélérée.

Selon le sénateur républicain Orrin Hatch, le texte inclut "près de 150 objectifs élevés et ambitieux", notamment dans le domaine de la propriété intellectuelle (brevets...), de l'agriculture ou de la protection des investissements américains.

Des accords accélérés dévastateurs ?

Barack Obama est, de façon inhabituelle, allié aux républicains sur le sujet. Les grands syndicats américains et une partie des démocrates s'opposent à une libéralisation des échanges avec l'Asie, craignant les effets de cette concurrence sur l'industrie américaine.

"Ces dernières décennies, les accords commerciaux accélérés ont été dévastateurs, ils ont détruit des emplois et érodé les services publics", a déclaré le président du grand syndicat AFL-CIO, Richard Trumka, en appelant à rejeter le texte.

"Notre secteur manufacturier a perdu plus de cinq millions d'emplois depuis 1994", a déclaré le sénateur démocrate de l'Ohio (nord), Sherrod Brown. "Les plus de 629.000 emplois liés au secteur automobile dans l'Ohio pourraient être en danger si nos accords commerciaux ne nous protégeaient pas contre des concurrents qui trichent ou manipulent leurs monnaies".

Conclure vite

Mais le président américain est pressé de conclure d'ici la fin de son mandat un accord au potentiel économique exceptionnel.

"A une époque où 95% de nos consommateurs potentiels vivent hors de nos frontières, nous devons faire en sorte que ce soit nous, et non des pays comme la Chine, qui écrivions les règles de l'économie mondiale", a déclaré Barack Obama.

Selon la Banque mondiale, citée par la commission des Finances du Sénat devant laquelle la législation doit transiter, les deux accords avec l'Asie-Pacifique (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle Zélande, Pérou, Singapour, Etats-Unis, Vietnam) et l'Union européenne engloberaient approximativement 60% du PIB mondial, et 1,3 milliard de clients.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 20/04/2015 à 10:07 :
S ILY A UN ACCORD ILS DOIT AVOIR LIEUX SUR LA VALEURS DES MONNAIES D ECHANGES DE CHAQUE PAYS? PERSONNE N EST DUPES LES GAGNENT SERONT TOUJOURS LES AMERICAINS QUI VALORISSENT LEURS MONAIES COMME ILS VEULENT ? L IDEAL SERAIS LA PARITES DES MONAIES MONDIAL???
a écrit le 19/04/2015 à 15:13 :
Faire un accord de libre échange avec un pays qd on ne peut pas contrôler sa monnaie, c'est dangereux. Et comme les européens ne sont pas capables de se mettre d’accord sur la manière d'utiliser la monnaie pour soutenir l’économie, je ne suis pas favorable à cet accord TTIP
a écrit le 19/04/2015 à 10:58 :
Vu par ailleurs, les Allemands sont BEAUCOUP plus mobilisés que nous CONTRE cet accord car les informations sont beaucoup plus nombreuses et précises. Notamment sur les effets dévastateurs des accords similaires déjà appliqués avec le Canada et le Mexique. Même des analystes américains démontrent que les effets sont largement négatifs sur les salariés US...
a écrit le 19/04/2015 à 9:51 :
Quand on voit comment les fonctionnaires atlantistes et douteux de barozoo ont négocies avec la chine ,qui nous inondent de produits ne respectant aucune règles européennes,et avec qui on doit négocier pendant 10 ans pour vendre du jambon, ou on est obligé de créer des coentreprises pour s'installer ,on ne peut Etre très inquiets d'un traite avec les racketteurs ,l’Allemagne aura surement négocié le pagte germano yankee sous la table et oui l’Europe sera morte et le France retrouvera sa force et son gynamisme
a écrit le 18/04/2015 à 16:58 :
Il semble peu probable que le Congrès laisse un Obama totalement déconsidéré signer un tel accord. La future élection se fera sur ce point. Sera débattu ce qui doit s'y trouver. La situation du pays est telle qu'il est probable qu'il se fera a minima. Au fond, c'est ce que tout le monde souhaite : un premier pas faiblement engageant. En effet on voit les problèmes que posent ici l'union européenne qui voudrait signer pour la zone alors que chacun souhaite des exceptions qui lui sont propres et que les USA ne signent pas dans le cadre de l'ALENA. Il est préférable de constituer des groupes de pays décidant de s'allier après avoir résolu leurs problèmes. Sur le principe les américains sentent bien que les concessions les plus importantes se feront chez eux, nos pays ayant été outrageusement américanisés depuis la dernière guerre. Ils y perdront leur rôle de faiseurs de lois et normes. Ensuite chaque bloc se battra pour faire la meilleure offre à la Chine et à l'Inde.
a écrit le 18/04/2015 à 11:46 :
Le Congrès ne veut pas signer. Comme il ne voulait rien signer de la mandature d'Obama mais s'est toujours couché sans même que le leadership républicain défende les points de vue de ses propres troupes. Et on voudrait nous faire croire que ce faux passage en force serait une sorte d'abdication des US à des conditions jugées trop défavorables pour eux? Il n'y a pas à dire: Bravo l'artiste! Maintenant si nos soit disant représentants se couchent, c'est qu'ils avaient décidé de le faire quoi qu'il arrive. Quel que soit le talent d'Obama, la ficelle est trop grosse.
Réponse de le 18/04/2015 à 12:12 :
Bonjour. Je vous recommande vivement (et à tous les amis de ce forum) la lecture de cette analyse : institutdeslibertes.org/etats-unis-mensonges-sacres-mensonges-et-statistiques/

Nos hommes politiques sont devenus tellement épris du "rêve américain" qu'ils se préparent pour vendre l'Europe toute entière aux États-Unis. Et justement quand cette nation perd de plus en plus son statut d'État plénipotentiaire et sa monnaie internationale voit ses jours s'assombrir.
a écrit le 18/04/2015 à 10:02 :
L'Europe s'enfonce vers sa fin. Demain on comptera sur les doigts d'une main le nombre d'industries françaises.
a écrit le 18/04/2015 à 6:47 :
J’apprécie la déclaration de M. Obama qui sur le fait veut imposer son système et je le comprends dans le sens où il défend les intérêts des US. Je pense que notre commission Européenne plus dans la toile d’araignée des lobbies dont ceux des entreprises américaines basées en Europe ne négocie pas avec le même état d’esprit défendre les intérêts européens et pour cause chaque pays veut imposer son influence, on voit bien Mme Merkel formuler son exigence d’un contrat signé avant la fin de l’année. Les européens non pas malheureusement cette niaque américaine, chinoise, japonaise pour défendre les intérêts de ce continent. Dans ce marché de dupe, le contraire serait un évènement planétaire ce qui impossible pour une commission formée à la politique pas à l‘économie de marché , bon nombre de commissaires sont des rebuts politiques de leur pays d’origine, la seule réflexion qu’elle sera la petite part que les US laisseront à la commission pour qu’elle puisse donner une image de défenseur de l’économie européenne. Dans la finalisation du contrat laissée aux gouvernants, la France jouera la partition du oui sans restriction, car je vois mal après 40 ans de gestion économique désastreuse 2300 milliards de dette et 6 millions de chômeurs qui n‘a jamais par ses lois!!! économiques redonnées à notre pays sa place dans le concert du marché mondial, droite et gauche réunies, pourrait avoir une quelconque influence, non pas par son poids mais pas sa vision économique d’un monde hors de l’hexagone. Le marché européen est en fait l’aire de jeu des deux grandes puissances les US et la Chine pour en prendre le contrôle, alors que l’Europe est actuellement le plus grand marché mondial en terme de pouvoir d’achat ramené au consommateur.
a écrit le 17/04/2015 à 23:59 :
Et si le Congrès US s'occupait d'avantage des américains eux mêmes ? Un américain sur 7 vit avec des bons alimentaires. 27 euros par semaine pour se nourrir. Cela fait du monde à s'occuper. Qu'il regarde d'abord chez lui au lieu de planifier les affaires des autres.
a écrit le 17/04/2015 à 23:27 :
D'ici là , tout va être fait pour nous persuader que ce machin doit être signé. Que le congrès US fasse ce qu'il veuille chez lui, c'est son droit. Qu'il nous fiche la paix chez nous : Les peuples européens ont dit non à plus de 90% à ce projet. Le poulet aux hormones et la viande lavée à la Javel, entre autres délices, qu'ils les consomment eux mêmes nos amis américains. Et que nos élites respectent nos choix.
a écrit le 17/04/2015 à 22:52 :
Même pas un état, nous sommes une colonie... Comme trop d'autres pays.
Réponse de le 18/04/2015 à 10:03 :
"Même pas un état, nous sommes une colonie... Comme trop d'autres pays."

C'est pas grave, au moins on se sent moins seuls.

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