Omicron, inflation, inégalités... la Banque mondiale a révisé à la baisse ses perspectives de croissance du PIB pour 2022, à 4,1% contre 4,3% auparavant. Les économistes ont également abaissé de 0,2 point leurs chiffres pour 2021 à 5,5% contre 5,7%. L'institution redoute « un atterrissage brutal » de l'économie dans les pays émergents.Omicron, fièvre des prix de l'énergie, commerce mondial chamboulé... l'économie mondiale navigue toujours en eaux troubles. Plus de deux années après la découverte du Covid sur le sol chinois, beaucoup de secteurs continuent de trembler. L'apparition du variant Omicron en Afrique du Sud à la fin du mois de novembre 2021 a une nouvelle fois assombri les perspectives. Dans ses dernières prévisions dévoilées ce mardi 11 janvier, la Banque mondiale table sur un coup de frein « prononcé de l'économie en raison de menaces récentes comme les variants du Covid et la montée de l'inflation, les inégalités de revenus qui pourraient mettre en danger la reprise dans les pays émergents et les économies en développement ».
La croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial pourrait ainsi passer de 5,5% en 2021 à 4,1% en 2022 et 3,2% en 2023. Les statisticiens ont ainsi abaissé leurs chiffres de croissance par rapport à l'automne 2021 de 0,2 point pour 2022 et de 0,1 point pour 2023.
« L'économie mondiale doit faire face de manière simultanée au Covid 19, à l'inflation, et l'incertitude politique, avec des dépenses gouvernementales et des politiques monétaires non conventionnelles. La hausse des inégalités et les défis sécuritaires sont particulièrement néfastes pour les pays en développement »,a déclaré le président de l'institution mondiale David Malpass.
Les économies émergentes loin de retrouver leur niveau d'avant crise
La première menace qui plane au-dessus de l'économie internationale est le risque de grande « divergence » selon la Banque mondiale. Ce grand ralentissement intervient au moment où des disparités grandissantes apparaissent entre « les taux de croissance des pays développés et ceux des pays émergents et des pays en voie de développement », notent les experts. La croissance économique dans les pays riches devrait ainsi passer de 5% en 2021 à 3,8% en 2022 et 2,3% en 2023. Ce coup de frein devrait néanmoins être suffisant pour « retrouver les niveaux de production et d'investissement d'avant la pandémie ».
Dans les pays plus pauvres, même si les taux de croissance devraient être plus élevés dans les mois à venir, les effets de la crise risquent de s'éterniser. En effet, l'organisation internationale explique que le niveau de production dans les pays émergents devrait toujours être 4% inférieur à sa tendance d'avant crise à l'horizon 2023. Dans les pays encore plus vulnérables exposés à des conflits par exemple, l'écart pourrait être encore plus faramineux (-7,5%).