Omicron risque de faire tousser la croissance, la Banque de France abaisse sa prévision pour 2022

L'institution a revu très légèrement à la baisse sa prévision de croissance pour 2022, anticipant désormais une hausse du Produit intérieur brut de 3,6%. Aussi, malgré la bonne reprise en 2021, la Banque s'interroge sur la croissance de long terme que la deuxième économie européenne sera capable d'atteindre. La France doit certes retrouver son niveau de croissance d'avant-crise en 2024, grâce notamment à la consommation des ménages. Mais la croissance sera toutefois insuffisante pour amorcer le lourd désendettement du pays. Et en cas de restrictions supplémentaires dues au Covid, la croissance serait à nouveau revue à la baisse.

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(Crédits : Charles Platiau)

La bonne santé de l'économie française en 2021, faisant de l'Hexagone la locomotive européenne de la reprise, risque-t-elle de s'étioler ? D'une croissance radieuse cette année, attendue à +6,75% (contre 6,3% initialement), la cinquième vague de Covid-19 et le variant Omicron pourraient faire hoqueter la croissance en 2022. Selon les prévisions de la Banque de France publiée dimanche, le rebond économique post-pandémie va en effet s'estomper à +3,6%, au lieu des +4,1% qu'elle envisageait auparavant. Elle avait d'ailleurs déjà abaissé sa prévision (à +3,7%).

De fait, l'institution a du revoir légèrement à la baisse son optimiste à court terme avec le variant Omicron qui réimpose des restrictions en Europe. En France, le gouvernement n'a pour l'heure réinstauré que la fermeture des discothèques et certaines activités événementielles, optant pour une politique vaccinale plus dure pour les non-vaccinés, avec un nouveau "pass vaccinal" prévu en 2022.

"Nous prévoyons un léger ralentissement début 2022 lié à la nouvelle vague Covid, mais ensuite la croissance reprendrait", a déclaré aux Echos le gouverneur de la banque centrale, François Villeroy de Galhau.

A l'inverse, la contribution du commerce extérieur, toujours à la traîne dans certains secteurs, "ne se redresserait pas en 2022".

Déjà, pour le troisième trimestre, elle a revu à la baisse sa prévision de croissance en raison de difficultés accrues d'approvisionnement et de recrutement qui pénalisent l'activité des entreprises.

Les stigmates du choc seront effacés mais pas la dette

Pour autant, après un plongeon historique en 2020 d'environ 8%, l'économie française devrait avoir d'ici 2024 effacé les stigmates de la pandémie et retrouvé son rythme de croisière d'avant-crise, selon la Banque de France.

Avec une progression du PIB prévue de 1,4% en 2024, "on rejoint progressivement la tendance de croissance qui était celle d'avant-crise", ce qui n'avait pas été le cas après la crise financière de 2008, a souligné Olivier Garnier, le directeur général.

Ce retour à la trajectoire de croissance d'avant-crise sera porté par une consommation "plus soutenue", les ménages commençant à puiser dans le surplus d'épargne de 170 milliards d'euros engrangé pendant la crise, selon la Banque de France.

Et ce qui n'aura pas été gagné l'an prochain sera rattrapé l'année suivante, anticipe la banque centrale française, puisqu'elle a relevé de 0,3 point, à 2,2%, sa prévision de croissance pour 2023.

Toutefois, ces résultats restent insuffisants pour amorcer le désendettement du pays, prévient M. Garnier: en 2024, le déficit public resterait encore proche de 3,5% du PIB et la dette stable autour de 115% du PIB, malgré l'arrêt des dépenses liées à l'épidémie.

L'emploi au coeur de la reprise

Tirée à la hausse par les prix de l'énergie, l'inflation devrait de son côté atteindre 3,5% à la fin de l'année, pour revenir fin 2022 sous la barre des 2%, puis se stabiliser vers 1,7% en 2023 et 2024, soit des niveaux proches de ceux observés avant la crise financière de 2007-2008.

Du côté du chômage, l'institution table sur un taux de chômage de 7,8% pour cette année, de 7,9% en 2022 et de 7,7% pour 2023 et 2024.

Pour avoir plus de croissance sur le long terme, il faut augmenter "l'offre de travail" et "les compétences disponibles pour les entreprises" qui "devront faire une meilleure place aux seniors", selon M. Villeroy de Galhau, qui appelle aussi à "aller plus loin sur l'apprentissage".

Le soutien de la BCE en question

Alors que la banque centrale américaine a choisi d'accélérer la réduction des aides d'Etat pour ne pas faire dérailler la croissance, son homologue européenne n'en prend pas encore le chemin. La Banque centrale européenne (BCE) maintiendra l'"optionalité" de sa politique monétaire pour se laisser à tout moment des marges de manoeuvre, a aussi déclaré François Villeroy de Galhau, en qualité de membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

"Le mot le plus employé dans nos discussions a été celui d''optionalité'. C'est la capacité dans cette période d'incertitudes à ajuster notre politique monétaire à tout moment en fonction des données réelles observées", déclare-t-il au journal Les Echos.

Alors que les aides mises en place pour compenser l'activité partielle pendant la pandémie continuent à diminuer, la part des entreprises indiquant des difficultés de recrutement a atteint 53% en novembre, après 50% en août.

(avec agences)

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Commentaires 18
à écrit le 20/12/2021 à 18:23
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Tous ces dirigeants n'ont évidemment pas de boule de cristal, et l'exercice est difficile. Mais malheureusement, ils se plantent beaucoup trop: regardez les discours sur l'inflation qui ne devait pas perdurer (alors que tout permettait de croire au c...

à écrit le 20/12/2021 à 17:48
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Révoltante cette addiction des Politiques FR aux Déficits et Dette. Désinvolture à l'égard des Citoyens. Pour leurs finances et biens privés : tout le contraire.

à écrit le 20/12/2021 à 15:18
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Véran va passer du ministère de la Santé, à la prison de la Santé, sans transition ! MDR !

à écrit le 20/12/2021 à 14:06
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Après vérification j'apporte un correctif : Déficit budgétaire 197 Milliards Déficit commercial 90 Milliards CQFD

à écrit le 20/12/2021 à 13:45
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Omnicron 😂😂😂 C'est ça qu'ils ont trouvé pour cacher tout le reste. C'est tellement pitoyable ce covid, ces injections à répétition histoire de faire croire que ça sert à quelque chose. La croissance est minable c'est pas compliqué, ne pas la compare...

à écrit le 20/12/2021 à 11:24
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Tant que nos élites paniquent dès qu'il y a nouveau variant du COVID qui apparaît on ne s'en sortira pas. Si chaque année on a un ou deux variants plus contagieux que les précédents et ceci pendant dix ans on va droit au dépôt de bilan. Nos dirigean...

le 20/12/2021 à 18:02
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Vous avez parfaitement résumé. Et que dire des dégâts psychologiques et sur la cohésion nationale à long terme. Je ne sais pas ce qui est les plus inquiétant du virus ou du niveau de compétence et de conseil des "élites" médicales depuis le début de ...

à écrit le 20/12/2021 à 10:28
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il se pourrait que des vagues d'un nouveau variant apparaissent périodiquement les 25 décembre. Il aurait une barbe blanche et un bonnet rouge...

le 20/12/2021 à 18:55
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Pas certain : "Recherche bon vieux gars enjoué avec une barbe naturelle bien soignée, blanche ou teinte pour la saison, une excellente hygiène dentaire [indispensable contre la mauvaise haleine! ], capable de sourire souvent, de savoir écouter, de...

à écrit le 20/12/2021 à 9:49
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Votre commentaire dithyrambique sur la croissance exceptionnelle en 2021 (+6,8 %), ne vient pas effacer la baisse constatée en 2020 (moins 8%). C'est juste un rattrapage sur l'année précédente, l'augmentation de la dette de 400 milliards sur la prés...

à écrit le 20/12/2021 à 9:47
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Votre commentaire dithyrambique sur la croissance exceptionnelle en 2021 (+6,8 %), ne vient pas effacer la baisse constatée en 2020 (moins 8%). C'est juste un rattrapage sur l'année précédente, l'augmentation de la dette de 400 milliards sur la prés...

à écrit le 20/12/2021 à 9:11
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On reste toujours étonné de voir notre classe dirigeante freiner volontairement l'économie de la sorte, peut-être une prise de conscience écolo mais conscience et classe dirigeante sont antinomiques.

à écrit le 20/12/2021 à 8:06
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En effet, à part les gilets jaunes et la crise sanitaire, rien de positif. Il faut tourner la page.

à écrit le 20/12/2021 à 5:32
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Trop fort Omicron ! Le delta devait déjà nous anéantir tous, mais avait permis l'éradication du chômage et la meilleure croissance de tous les temps, loin devant les autres pays européens, dixit Le Maire. Omicron va nous anéantir tous pour la 5e fo...

à écrit le 20/12/2021 à 4:31
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Le docteur Coue etait francais. Visiblement on continue d'appliquer sa methode. Meme en economie ses preceptes sont utilises. Continuez a desinformer, il en restera tjrs quelque chose.

à écrit le 20/12/2021 à 1:28
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Bien pratique cette pretendue pandemie. Ca masque les incompetences.

à écrit le 20/12/2021 à 0:34
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Les restrictions sont dues au gouvernement, pas au sars cov 2. Merci d'arrêter de nous désinformer.

à écrit le 19/12/2021 à 21:31
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Le qu1nquennat du marasme !

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