Paiement du gaz russe en roubles : Poutine accentue la pression sur les Européens
Marine Godelier et Robert Jules
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Le président russe Vladimir Poutine a exigé ce vendredi de Gazprom que le géant gazier mette en place en quatre jours un système obligeant les importateurs européens à lui régler ses livraisons uniquement en roubles, contrairement aux accords en cours.
Reuters
Paiement du gaz russe en roubles : Poutine accentue la pression sur les Européens
Depuis son annonce mercredi d'exiger que les ventes des gaz aux pays "inamicaux" se fassent désormais en roubles, Vladimir Poutine veut aller vite. Il a ordonné ce vendredi à Gazprom de trouver le nouveau système en quatre jours. De leur côté, les Européens dénoncent une potentielle rupture des contrats. Cette accélération du calendrier intervient alors que les Occidentaux mettent en place une "task force" pour intensifier le remplacement partiel des livraisons de gaz russe par le GNL, notamment en provenance des Etats-Unis.
Le président russe persiste et signe. Après avoir annoncé mercredi que la Russie n'acceptera plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz aux « pays inamicaux », le Kremlin vient d'ordonner à Gazprom, premier groupe énergétique russe, d'accepter les règlements en roubles pour ses exportations de gaz naturel. Et l'a même exhorté à trouver un mécanisme permettant ce type de règlements sous quatre jours. Son porte-parole, Dmitri Peskov, a précisé ce vendredi 25 mars que cette injonction ne concernait pas Novatek, le plus gros producteur russe de gaz naturel liquiéfié (GNL).
Accord entre l'Union européenne et les Etats-Unis
Cette nouvelle mesure est une réponse à l'accord officialisé entre l'Union européenne et les États-Unis ce vendredi 15 mars sur des livraisons américaines supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) à l'Europe.
« Les États-Unis vont œuvrer avec leurs partenaires internationaux et faire leur maximum pour pouvoir fournir 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de GNL au marché européen en 2022, avec des hausses supplémentaires attendues à l'avenir »,indique une note d'information diffusée par la Maison blanche.
À plus long terme, l'objectif est que le volume supplémentaire des livraisons américaines de GNL s'établisse à environ 50 milliards de mètres cubes chaque année, est-il précisé dans ce document.
Mais à court terme, les Européens ne peuvent se passer totalement du gaz russe en terme de volume. En 2021, le géant russe Gazprom a livré 50,2 milliards de mètres cubes à l'Allemagne, l'un des pays les plus dépendants à cette énergie russe. Il approvisionne aussi l'Italie, la Turquie, la Bulgarie, la Serbie, le Danemark, la Finlande et la Pologne ou encore l'Autriche.
Poutine veut éviter l'effondrement de l'économie russe
Vladimir Poutine compte bien profiter de la dépendance extrême du Vieux Continuent à la Russie en matière d'hydrocarbures, pour empêcher les Occidentaux de « provoquer l'effondrement de l'économie » du pays, selon les termes du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire. De fait, depuis le 24 février dernier, les Vingt-Sept ont fourni plus de 12 milliards d'euros à Moscou pour s'approvisionner en gaz, alimentant par là-même, et malgré leurs représailles, l'économie de leur voisin de l'Est.
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