Gaz russe : pourquoi l'Europe peut s'en affranchir dans trois ans seulement
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Se sevrer le plus rapidement possible des énergies fossiles russes, et plus particulièrement de son gaz. C'est le casse-tête sur lequel se penche l'Union européenne depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, alors que la Commission européenne a fait des propositions début mars pour réduire la dépendance de l'UE au gaz russe de deux tiers avant la fin de l'année, et de 100% à compter de 2027.
Pour y parvenir, les pays membres cherchent tous à diversifier leurs fournisseurs. Dans cette optique, ils viennent de lancer un groupe de travail ad hoc avec les Etats-Unis, qui se sont engagés à fournir à l'Europe 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) cette année.
De son côté, l'Allemagne a déclaré, ce vendredi 25 mars, qu'elle se passerait du charbon russe d'ici à l'automne, puis de son pétrole à la fin de l'année. Le processus s'annonce, en revanche, plus lent pour le gaz, qui représentait avant le début de la guerre, 55% de ses importations de gaz et 13,2% de son mix énergétique. D'après Berlin, un sevrage quasi total serait possible "d'ici mi-2024".
Chez TotalEnergies, aussi, la sortie du gaz apparaît bien plus complexe que celle des autres énergies fossiles. Interviewé sur RTL mercredi dernier, Patrick Pouyanné, son patron, était catégorique. "Je sais remplacer ce pétrole et ce diesel" russes, mais "le gaz, je ne sais pas le faire. Si je décide d'arrêter d'importer du gaz russe, je ne sais pas le remplacer, je n'en ai pas de disponible. J'ai des contrats de 25 ans et je ne sais pas sortir de ces contrats", a-t-il expliqué alors que sa major refuse toujours de céder ses participations dans ses actifs gaziers, ceux-ci étant éminemment stratégiques.
Lire aussi 5 mnCoup de tonnerre : TotalEnergies stoppe ses achats de pétrole et produits pétroliers russes
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Alors, pourquoi est-il plus difficile de s'affranchir du gaz russe que de son pétrole et de son charbon ? D'abord, parce que l'Union européenne est une très grande consommatrice de ce gaz importé. En 2020, elle s'est fait livrer 400 milliards de mètres cubes de gaz. Quelque 152 milliards de mètres cubes provenaient de Russie, soit près de 40% des importations. Ce gaz est essentiellement acheminé par gazoducs, comme Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012. Il est utilisé en très grande majorité à des fins énergétiques, notamment par les ménages, pour cuisiner et se chauffer, et par l'industrie. Une part non négligeable est également utilisée pour la production d'électricité et de chaleur.
Juliette Raynal