"Panama papers" : le gouvernement panaméen évoque des représailles

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Paris frappe, Panama riposte. La France a annoncé mardi 5 avril qu'elle allait réinscrire le Panama sur sa liste des paradis fiscaux après les révélations du scandale des "Panama papers".
Selon le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert, l'arrêté permettant de réintroduire le Panama sur sa liste des États et territoires non coopératifs (ETNC), nom officiel des paradis fiscaux, sera pris "dans les jours qui viennent". Conséquence de cette réinscription: "des sanctions seront prononcées, en tous cas des retenues à la source importantes seront effectuées sur les transactions entre des sociétés françaises et des sociétés panaméennes lorsqu'il n'y a pas de justification économique", a-t-il précisé.
La France avait retiré le Panama de sa liste de territoires non coopératifs le 1er janvier 2012, après la signature d'une convention avec les autorités panaméennes sur la lutte contre l'évasion fiscale. Bercy avait toutefois précisé être "très attentif à l'évolution des échanges" avec ce pays lors de l'actualisation, en décembre, de sa liste des paradis fiscaux, jugeant "pas satisfaisante" sa coopération vis-à-vis des "demandes d'information des autorités françaises".
La Commission européenne l'a intégré dans une liste de 30 paradis fiscaux en présentant en juin 2015 son plan de lutte contre l'évasion fiscale des entreprises multinationales. Le Gafi, institution de lutte contre le blanchiment, l'a pour sa part retiré de sa liste grise, début 2016.
En réponse à cette annonce, le petit pays d'Amérique latine a dit mardi envisager des mesures de représailles économiques. Lors d'une conférence de presse, le directeur de cabinet de la présidence, Alvaro Aleman, a déclaré:
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le gouvernement du pays d'Amérique centrale a par ailleurs riposté aux accusations du secrétaire général de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), qui a qualifié le Panama de "dernière grande place" offshore. Dans une lettre à laquelle l'AFP a eu accès, envoyée quelques jours après les révélations dites des "Panama papers" au chef de l'OCDE, Angel Gurria, le vice-ministre panaméen des Affaires étrangères, Luis Miguel Hincapié, affirme que "la stratégie d'ignorer les autres juridictions et de se concentrer uniquement sur le Panama est injuste et discriminatoire".
Luis Miguel Hincapié accuse le chef de l'OCDE d'avoir pour dessein "de contraindre à l'adoption de la norme de l'OCDE pour l'échange automatique d'informations", l'une des conditions requises par l'OCDE pour qu'un pays ne soit pas considéré comme un paradis fiscal.
L'OCDE a accusé le Panama de ne pas coopérer suffisamment contre le blanchiment d'argent en refusant de fournir les informations financières de manière immédiate. Lundi, au lendemain des révélations, Angel Gurria avait déclaré:
Le Panama assure toutefois être prêt à partager ces informations, mais selon ses conditions, dont celle de garantir la confidentialité de son centre bancaire, qui contribue à hauteur de 7% au PIB national.
Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale, a aussi précisé comment il compte riposter. Affirmant posséder "un rapport technique" faisant état que le cabinet a été victime d'un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers, il a annoncé mardi avoir porté plainte à ce sujet. Ramon Fonseca Mora, directeur et cofondateur du cabinet, s'est offusqué:
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Il s'indigne également que les révélations sur les 11,5 millions de documents extraits du système informatique de son cabinet se concentrent sur ses clients les plus célèbres, au mépris du respect de la vie privée.
(Avec AFP)
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