Apple accusé d'optimisation fiscale: "Des foutaises!" s'agace Tim Cook

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Invité de la chaîne américaine CBS dimanche 20 décembre, Tim Cook a parfaitement illustré l'adage guerrier selon lequel "la meilleure défense, c'est l'attaque". Interrogé par le présentateur Charlie Rose pour l'émission "60 minutes" sur les accusations d'évitement fiscal lancée dès 2013 à l'encontre de la firme de Cupertino par le Congrès américain, le patron d'Apple n'a pas opté pour la diplomatie :
Et de rejeter la faute sur "un code fiscal qui a été conçu pour l'ère industrielle, pas pour l'ère numérique", qui est "horrible pour l'Amérique" et qui "aurait dû être modifié il y a de nombreuses années".
"Nous payons plus d'impôts que n'importe qui dans ce pays", s'est-il défendu, et si le groupe a tant d'argent stocké à l'étranger -une centaine de milliards de dollars- c'est "parce que les deux tiers de nos activités sont là-bas", justifie Tim Cook.
En 2015, Apple a battu tous les records, gagnant plus d'argent que n'importe quelle autre entreprise auparavant. La firme a vu son chiffre d'affaires grimper de 28%, à 233,7 milliards de dollars et son bénéfice de 35 %, à 53,4 milliards de dollars (49,14 milliards d'euros).
Les États-Unis, qui pratiquent le taux d'impôt sur les sociétés le plus élevé parmi les pays industrialisés à 35%, taxent l'ensemble des bénéfices de leurs entreprises -y compris ceux engrangés hors de leur territoire. Toutefois, selon la loi américaine, ces mêmes entreprises sont aussi autorisées à stocker une partie de leurs bénéfices à l'étranger, indéfiniment et hors de portée du fisc.
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Dans le cas d'Apple, les fonds sont majoritairement stockés en Irlande et la firme a préféré s'endetter à plusieurs reprises pour financer certains dividendes et rachats d'actions, plutôt que de les rapatrier. L'argent stocké à l'étranger est ainsi éparpillé dans des filiales où le groupe paie un impôt sur les sociétés presque inexistant : environ 2% contre 35 aux États-Unis. Cette pratique -légale- dite de "l'inversion fiscale" permettrait ainsi à de nombreuses multinationales de conserver à peu de frais quelque 2.100 milliards de dollars à l'étranger.
Pour l'économiste américain Jeffrey D. Sachs, notamment connu pour avoir été consultant économique auprès du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, la défense de Tim Cook ne tient pas. Sur Twitter, il a qualifié d'"absurde" une argumentation développée pour justifier des "abus fiscaux", renvoyant l'internaute vers le texte du Sénat qui avait auditionné le patron de la marque à la pomme en 2013 sur ses pratiques d'optimisation. "Nous savons comment Apple truque les comptes pour soustraire ses profits à l'impôt" achève l'économiste.
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Devant la sous-commission d'enquête du Sénat, Tim Cook avait soutenu peu ou prou la même thèse que sur CBS, présentant Apple comme le premier contribuable des États-Unis et appelant à une révision du code fiscal américain. À l'époque, il avait également plaidé pour la création d'un taux d'imposition incitatif allégé -à moins de 10%- pour le convaincre de rapatrier ses capitaux détenus à l'étranger.
Regarder l'extrait de 60 minutes et l'interview de Tim Cook par Charlie Rose, sur CBS (En Anglais):
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