Paradise Papers : le ministre du Commerce de Trump, adepte du mensonge

Selon le magazine Forbes, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a menti sur sa fortune personnelle après avoir été mis en cause dans le dossier des Paradise papers.

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Cet investisseur expérimenté et ancien banquier d'affaires a construit sa réputation en rachetant des entreprises en faillite et en les restructurant par des méthodes drastiques et redoutées.
Cet investisseur expérimenté et ancien banquier d'affaires a construit sa réputation en rachetant des entreprises en faillite et en les restructurant par des méthodes drastiques et redoutées. (Crédits : REUTERS/Carlos Barria)

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'administration Trump. Un an après l'élection du milliardaire à la Maison Blanche, plusieurs membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et des ministres en poste connaissent des déboires. Dernier en date, Wilbur Ross.  Selon le magazine américain Forbes, le secrétaire au Commerce américain a exagéré sa fortune personnelle de plusieurs centaines de millions d'euros.

trump ross

Wilbur Ross et Donald Trump lors d'une remise de prix à la Maison Blanche en octobre dernier. Crédits : Kevin Lamarque/Reuters.

Une fortune exagérée

Donald Trump n'est pas le seul à exprimer des mensonges et "faits alternatifs" au sein du gouvernement. L'année dernière le site internet du magazine avait fait figurer Wilbur Ross dans sa liste des personnes les plus riches des Etats-Unis avec une fortune estimée à 2,9 milliards de dollars selon ses propres déclarations. Mais après l'étude des documents remplis à la suite de sa nomination au gouvernement, Forbes a ramené à moins de 700 millions de dollars l'évaluation de la fortune de Wilbur Ross.

L'écart entre les deux sommes a d'abord surpris le magazine connu sur la planète pour ses classements. Après plus d'un mois d'enquête, Forbes a conclu que "cet argent n'a jamais existé. Cela paraît clair que Ross nous a menti". L'article de Forbes accuse également le secrétaire américain d'"exagérations", d'"omissions" ou encore d'"énormités" depuis 2004.

Le journaliste "cite d'anciens employés, qui ne sont pas totalement au fait de la question, et qui s'expriment sous couvert d'anonymat. Nous ne répondrons pas davantage", a réagi un porte-parole du département du Commerce dans un mail adressé à l'AFP.

Le magazine ajoute avoir par ailleurs découvert une série de malhonnêtetés dans l'histoire des affaires menées par cet ancien banquier d'affaires qui ont conduit à des millions de dollars d'amendes et des remboursements à des investisseurs ainsi que de fréquents litiges. Enfin, selon six sénateurs américains, Ross n'aurait pas mentionné 19 procès dans lesquels il est mêlé au moment de sa confirmation dans le gouvernement américain.

Un ministre empêtré dans les Panama Papers

Les révélations de Forbes interviennent dans un contexte délicat pour celui qui est surnommé "le roi de la faillite". Selon les documents publiés dimanche 5 novembre par le Consortium international des journalistes (ICIJ), le secrétaire au commerce a conservé des intérêts dans une société de transport maritime qui entretient d'importants liens d'affaires avec des personnes appartenant à l'entourage de Vladimir Poutine.

Selon les "Paradise Papers", les structures mises en place par Wilbur Ross contrôlent 31% du capital de Navigator Holdings, une société qui réalise chaque année des millions de dollars de bénéfices en transportant du gaz pour le groupe pétrochimique russe Sibur.

Dans un communiqué diffusé par mail, un porte-parole du département du Commerce a déclaré que Wilbur Ross n'était "pas impliqué dans la décision de Navigator de faire des affaires avec Sibur", n'avait "jamais rencontré les actionnaires de Sibur mentionnés dans cette histoire et jusqu'à présent, ignorait leurs relations". Le ministère a ajouté que Sibur ne faisait pas l'objet de sanctions, aussi bien aujourd'hui qu'à l'époque des contrats passés avec Navigator.

Selon le New York Times, le groupe russe a indiqué dans un communiqué que les négociations avec Navigator ces dernières années avaient été effectuées par des cadres de la société, et non par ses actionnaires. "Aucune réunion n'a eu lieu avec M. Ross", a insisté Sibur. Wilbur Ross s'est défendu lundi assurant qu'il n'y avait "absolument rien de répréhensible". Il a toutefois ajouté qu'il allait "probablement" céder le reste de ses parts dans Navigator.

> Lire aussi son portrait : Etats-Unis : le Commerce confié au "vautour" Wilbur Ross

 (Avec agences)

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Commentaires 2
à écrit le 08/11/2017 à 17:35
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Comme chez nous.

le 08/11/2017 à 18:39
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@patoche: à la différence près qu'aux États-Unis, il va se faire allumer :-)

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