Passeport américain : la fin d'un sésame

Maxime Heuze

Le passeport américain pourrait encore descendre dans le classement ces prochaines années.
Reuters

Maxime Heuze

Le passeport américain pourrait encore descendre dans le classement ces prochaines années.
Reuters
Le passeport américain n'est plus ce qu'il était. Il a, en effet, dégringolé au classement des passeports selon les destinations auxquelles ils permettent d'accéder sans visa préalable. D'après cet indice réalisé par Henley Passport Index pour 2025, 22 des 199 passeports recensés ont reculé au cours de la dernière décennie. Dont celui américain qui est le deuxième plus grand perdant entre 2015 et 2025 après le Venezuela. Le passeport de l'Oncle Sam est ainsi passé de la deuxième à la neuvième position actuelle sur cette période. Il était même premier du classement en 2006 et encore troisième en 2009.
Selon l'indice 2025 du Henley Passport Index, qui classe les 199 passeports du monde en fonction du nombre de destinations auxquelles ils peuvent accéder sans visa préalable, seuls 22 des 199 passeports du monde ont reculé dans le classement de l'indice Henley des passeports au cours de la dernière décennie.
Parmi eux, les États-Unis sont le deuxième plus grand perdant entre 2015 et 2025 après le Venezuela. Le passeport de l'Oncle Sam est ainsi passé de la deuxième à la neuvième position actuelle sur cette période. Il était même premier du classement en 2006 et encore troisième en 2009.
Les Américains ne peuvent désormais plus entrer sans visa dans 40 pays dans le monde. Le Venezuela, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Iran, et 19 pays africains font ainsi partie des pays qui refusent l'entrée libre des citoyens du pays.
Un recul dû, notamment, à des décisions du gouvernement américain ces dernières années. « Durant le mandat de Joe Biden, les Etats-Unis ont résilié des accords de libre entrée avec certains Etats qui ont, à leur tour, résilié l'entrée sans Visa des Américains », explique à La Tribune, Romuald Sciora, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Annie Pforzheimer, Senior Associate au thinktank de Washington Center for Strategic and International Studies, a, elle, expliqué à l'AFP que « même avant l'avènement d'une deuxième présidence Trump, les tendances politiques américaines étaient devenues notablement repliées sur elles-mêmes et isolationnistes ».
Et le passeport américain pourrait encore descendre dans le classement ces prochaines années. Si les droits de douane et les déportations sont les outils politiques privilégiés par l'administration Trump, les États-Unis continueront à décliner dans l'indice de mobilité selon Washington Center for Strategic and International Studies. Trump peut également se montrer inconstant avec les personnes extérieures. Il est presque certain qu'il ressuscitera les fameuses « interdictions de voyager » au début de la nouvelle administration, ce qui pourrait entraîner des contre-mesures des pays visés.
Face à ce déclassement du titre américain, les ressortissants du pays sont de plus en plus nombreux à rechercher un deuxième passeport. Au point qu'ils constituent actuellement la plus grande cohorte de candidats à la résidence alternative et à la citoyenneté, représentant 21% de toutes les demandes de 2024, toujours selon Henley & Partners.
À lire également
Ce mouvement ne doit cependant pas occulter la place toujours majeure du titre américain. « Il faut garder à l'esprit qu'il reste l'un des plus puissants au monde, non pas en entrées sans visa, mais pour la protection qu'il confère. Demander de l'aide à l'étranger avec un passeport américain est plus efficace qu'avec un passeport singapourien, pourtant premier pays dans le classement », rappelle Romuald Sciora. Selon lui, si elles sont criantes, les fermetures de portes sans visa « n'auront pas énormément de conséquences Outre-Atlantique, car il s'agit de pays dans lesquels les Américains voyagent peu. »
Maxime Heuze
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?