Etats-Unis : le camp Trump espère voter début avril les mesures phares du programme
latribune.fr
Le républicain Mike Johnson a été réélu vendredi 3 janvier au perchoir de la Chambre américaine des représentants, après avoir bénéficié du soutien de Donald Trump.
Le président républicain de la Chambre américaine des représentants a déclaré dimanche s'attendre à ce qu'un texte regroupant un grand nombre de mesures phares du programme de Donald Trump soit soumis au vote au Congrès dès début avril.
Aller vite, très vite. Mike Johnson, président républicain de la Chambre américaine des représentants, estime qu'un grand nombre de mesures-phares du programme de Donald Trump pourront être soumis au vote au Congrès dès début avril. Selon l'élu, le texte atterrirait alors « sur le bureau du président avant la fin avril » pour promulgation, a-t-il affirmé lors d'une interview à Fox News, « ce qui serait fantastique ».
Mike Johnson avait expliqué plus tôt que le projet de loi inclurait des propositions visant à « sécuriser la frontière » des Etats-Unis avec le Mexique et expulser les « dangereux criminels ». Donald Trump a de nouveau axé sa campagne présidentielle en 2024 sur l'immigration et a assuré, après sa victoire en novembre, vouloir utiliser si nécessaire les forces armées pour mettre à bien son projet d'expulsion d'environ 13 millions de migrants en situation irrégulière.
« Revitaliser l'économie américaine »
Mike Johnson a aussi assuré dimanche que le texte au Congrès comprendrait des mesures pour « revitaliser l'économie américaine » - notamment avec l'extension des crédits d'impôt décidés lors du premier mandat de Donald Trump et qui arrivent bientôt à expiration. Selon le président élu, cela comprendra également sa mesure phare d'exonération d'impôt sur les pourboires, qui sera « financée entièrement par les droits de douane et bien plus encore venant des pays qui ont profité des Etats-Unis pendant des années ».
Avant sa prise de fonction, le président élu a déjà promis d'augmenter les droits de douane contre plusieurs pays dont le Canada, le Mexique, et la Chine - parmi les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis. Sur Fox News, Mike Johnson s'est en outre engagé à inclure une provision sur le plafond de la dette.
Les Etats-Unis ont la particularité de buter régulièrement sur une contrainte juridique concernant leur capacité de crédit : le plafond de la dette, soit leur montant maximal d'endettement, qui doit être formellement relevé ou suspendu par le Congrès. Une suspension décidée en 2023 est arrivée à terme début janvier et les Etats-Unis devraient atteindre le plafond en juin.
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Lors de négociations budgétaires au Congrès en décembre, Donald Trump avait réclamé avec insistance qu'un relèvement, voire une élimination totale, du plafond de la dette soit incluse, mais n'avait finalement pas obtenu gain de cause.
Mike Johnson a défendu sur Fox News le paradoxe de vouloir augmenter la capacité d'endettement tout en se targuant de vouloir réduire le déficit public. « Nous sommes ceux qui veulent couper dans les dépenses, et nous allons le faire (...). Mais vous vous devez de relever le plafond de la dette sur le papier, afin de ne pas effrayer les marchés obligataires et l'économie mondiale ».
L'assaut du Capitole en 2021 dans toutes les mémoires
Par ailleurs, quatre après l'assaut le Capitole de Washington par des partisans de Donald Trump, et malgré une tempête hivernale, le Congrès certifie ce lundi la victoire du républicain et consacre son retour triomphant. Ironie protocolaire, c'est Kamala Harris, la rivale vaincue de Donald Trump, qui officiera lundi, en sa capacité de vice-présidente.
En 2021, ce rôle de numéro 2 de l'Etat américain avait été au cœur des contestations de Donald Trump. Le milliardaire républicain qui répétait alors à l'envi, sans preuves, que l'élection lui avait été « volée », avait exhorté son vice-président Mike Pence à refuser de certifier la victoire de Joe Biden. Et dans un discours devant la Maison Blanche le matin du 6 janvier, il avait appelé ses partisans à « se battre comme des diables », peu avant que des milliers d'entre eux ne marchent vers le Capitole.
Quatre personnes dans la foule étaient mortes ce jour-là, dont deux d'une crise cardiaque et une autre d'une potentielle overdose médicamenteuse. La dernière, Ashli Babbitt, avait été tuée par balle par un policier alors qu'elle tentait de pénétrer de force dans l'hémicycle de la Chambre des représentants.
Quatre policiers se sont en outre suicidés dans les jours et semaines après l'attaque. Donald Trump avait suivi les événements à la télévision depuis la Maison Blanche, et n'était intervenu pour appeler au calme qu'après plusieurs heures. Le Congrès avait finalement certifié le lendemain matin la victoire de Joe Biden. Dimanche, Joe Biden a appelé à ne pas « oublier » ou « réécrire » les événements du 6 janvier.