Elon Musk, propriétaire du réseau social X et conseiller spécial de Donald Trump, ne cesse de railler l'Union européenne. Le milliardaire s'assoit sur les exigences légales imposées par le Digital Services Act et provoque sans cesse les institutions. Dont la réponse se fait attendre.C'est un ministre des Affaires étrangères visiblement agacé contre Bruxelles qui s'est présenté à la matinale de France Inter. Et pour cause : la Commission européenne se montre passive face à Elon Musk, qui multiplie les soutiens à l'AfD, le parti d'extrême droite allemande, à moins de deux mois des élections législatives du pays. Hors Union européenne, le milliardaire appelle aussi à la démission, et même à l'emprisonnement, du Premier ministre britannique et accuse le gouvernement canadien de corruption. L'homme d'affaires, destiné à un poste de choix dans le prochain gouvernement américain, multiplie ainsi les tentatives d'ingérence en faveur des partis d'extrême droite en s'appuyant sur son influence sur X, le réseau social qu'il a acheté fin 2022. Et la France pourrait tout à fait être la prochaine sur la liste.
Interrogé sur cette éventualité, Jean-Noël Barrot a affirmé que le gouvernement ne se laisserait pas faire, et n'a pas hésité à tacler les instances européennes : « J'ai appelé plusieurs fois la Commission européenne à se saisir de manière vigoureuse des outils que nous lui avons démocratiquement donnés pour dissuader ces comportements. De deux choses l'une, soit la Commission européenne applique la loi, soit elle ne le fait pas et alors il faudra qu'elle consente à rendre aux États membres, à rendre à la France, la capacité de le faire. »
Le DSA en manque d'application
Le coup de gueule du ministre cible directement le manque d'application du Digital Services Act, grand texte de loi européen entré en vigueur il y a près d'un an, censé contraindre les plateformes américaines à un certain niveau de modération des propos tenus en leur sein (suppression de contenus, limitation de la définformation...). Dans ce cadre, une enquête est déjà ouverte contre X depuis décembre 2023. Des conclusions préliminaires, qui relèvent de graves manquement sau DSA, ont été publiées en juillet. Et le dossier ne fait que s'épaissir au rythme effréné des tweets du milliardaire, sans pour autant aboutir à des sanctions.