Trump laisse planer l'option militaire pour annexer le canal de Panama et le Groenland
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Si la fixation de Donald Trump sur le Panama est relativement nouvelle, son intérêt pour le Groenland ne l'est par contre pas.
Cheney Orr
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Si la fixation de Donald Trump sur le Panama est relativement nouvelle, son intérêt pour le Groenland ne l'est par contre pas.
Cheney Orr
[Article publié le mercredi 8 janvier 2025 à 10h21, mis à jour à 11h19] À moins de deux semaines de reprendre les rennes du pouvoir aux États-Unis, Donald Trump n'a pas changé de ton diplomatique. Entre intimidation et provocation, il a de nouveau avancé l'idée mardi, lors d'une conférence de presse, d'une vaste expansion territoriale de son pays. Sans qu'il soit possible de dire s'il s'agit de projets sérieux ou de tentatives destinées à arracher des concessions économiques ou politiques. Interrogé sur un éventuel recours aux forces armées pour annexer le canal de Panama et le Groenland, il a tout bonnement refusé de l'exclure. « Je ne peux pas vous l'assurer, sur aucun des deux », a déclaré Donald Trump.
Le président élu a déjà affirmé à plusieurs reprises vouloir reprendre ce canal, artère vitale du transport maritime mondial, si le prix des péages pour les navires américains n'était pas réduit. « Ils ne nous traitent pas de manière juste. Ils font payer nos navires davantage que les navires d'autres pays (...) Ils se moquent de nous parce qu'ils pensent que nous sommes stupides. Mais nous ne sommes plus stupides à présent », a-t-il lancé mardi.
La souveraineté du Panama sur ce canal « n'est pas négociable », lui a néanmoins répondu le ministre des Affaires étrangères panaméen, Javier Martinez-Acha. Le président de ce pays d'Amérique centrale, José Raul Mulino, a aussi déjà rejeté par le passé l'idée de rétrocéder le canal. Pour rappel, cette étendue d'eau de 77 kilomètres a été construite par les États-Unis et inauguré en 1914. Son contrôle a ensuite été transféré au Panama en 1999, après un accord passé entre ce pays et l'ancien président américain Jimmy Carter, en 1977.
Si la fixation de Donald Trump sur le Panama est relativement nouvelle, son intérêt pour le Groenland ne l'est par contre pas. Le républicain avait déjà évoqué l'idée pendant son premier mandat d'acheter ce territoire autonome du Danemark, s'attirant un sec refus des autorités locales. Sans visiblement impacter ses intentions. Juste avant Noël, il a réitéré, jugeant que le contrôle du Groenland était « une nécessité absolue » pour « la sécurité nationale et la liberté à travers le monde ». Et ce mardi, il a exhorté le Danemark à « renoncer » à cette île. Il a même laissé entendre qu'il imposerait des tarifs douaniers au pays scandinave en cas de refus.
Le futur président a toutefois reçu en réponse une fin de non-recevoir du gouvernement danois. « Le Groenland est aux Groenlandais », a insisté la Première ministre danoise à la télévision. Mette Frederiksen a regretté l'attitude du milliardaire, estimant que ce n'est « pas une bonne manière d'avancer que de s'affronter financièrement quand on est des alliés et partenaires étroits ».
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Les propos de Donald Trump sont remontés jusqu'aux Nations-Unies. Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU a ainsi rappelé que « la charte (des Nations-unies) pose très clairement la nécessité pour tout État-Membre de respecter l'intégrité territoriale des autres membres ».
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s'est affiché plus remonté. « Il n'est pas question que l'UE laisse d'autres nations du monde qu'elle qu'elles soient s'en prendre à ses frontières souveraines », a-t-il déclaré ce mercredi sur France inter, rappelant que le Groenland est « un territoire de l'Union européenne ».
Les velléités de Donald Trump ne font d'ailleurs pas l'unanimité même dans son pays. Daniel Fried, ancien diplomate et ambassadeur américain désormais membre du centre de réflexion Conseil de l'Atlantique, a décrit les commentaires du président élu comme relevant de l' « impérialisme du XIXe siècle ». Annexer le Groenland, « détruirait l'Otan, parce que cela ne nous rendrait pas différents (du président russe) Vladimir Poutine », a-t-il estimé.
Donald Trump lorgne aussi sur son voisin du nord. Mais pour le Canada, en pleine transition politique depuis que le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé sa démission lundi, le futur président américain a exclu d'envoyer l'armée. Il a néanmoins menacé de faire usage de la « force économique », menaçant Ottawa d'importantes taxes douanières, après avoir affirmé la veille qu'il était dans l'intérêt du pays de devenir le « 51e État » américain.
Là encore, le républicain s'est fait envoyer sur les roses. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, lui a répondu que le Canada ne reculerait « jamais face aux menaces ». Et Justin Trudeau a promis que « jamais, au grand jamais, le Canada ne fera partie des États-Unis ». Avec la provocation qu'on lui connaît, Donald Trump a posté quelques heures plus tard sur son réseau Truth Social une carte des États-Unis... incluant le Canada.
Donald Trump ne s'est pas arrêté là. Il a aussi relancé ses accusations envers l'Otan, répétant à l'envi que ses membres ne payent pas suffisamment en échange de la protection des États-Unis. Il a par ailleurs exprimé son désir de renommer le golfe du Mexique pour en faire le « golfe de l'Amérique ». « Quel nom magnifique », a-t-il ajouté. Puis s'est attaqué pêle-mêle aux éoliennes en mer, « qui rendent les baleines folles ». Ou encore au chauffage électrique : selon lui, la chaleur du chauffage au gaz est « bien meilleure » et ne provoque pas de « démangeaisons ».
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Or, initialement, ce rendez-vous avec la presse était censé concerner un investissement émirati pour construire de nouveaux centres de données aux États-Unis. Mais le milliardaire a rapidement évacué cette question pour aborder ce vaste éventail de sujets pendant plus d'une heure, de façon décousue. Ce qui n'est pas une première, et sûrement pas non plus une dernière.
(Avec agences)
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