Pays développés : un taux d'emploi record depuis la crise

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C'est surtout dans le secteur des services que l'emploi s'est amélioré entre 2008 et 2017.
C'est surtout dans le secteur des services que l'emploi s'est amélioré entre 2008 et 2017. (Crédits : Alex Kotliarskyi/Unsplash)
[Graphiques] Le marché du travail dans les économies développées montre des signes d'embellie depuis plusieurs trimestres. Cette dynamique est cependant loin de concerner tous les secteurs économiques comme l'industrie où le marché de l'emploi continue de se détériorer.

Le marché du travail retrouve des couleurs dans les pays développés. Selon les derniers chiffres de l'OCDE publiés pour le second trimestre 2017, le taux d'emploi (*) dans les économies développées a atteint des sommets. Au second trimestre 2017, il s'élevait à 67,5% en moyenne dans les pays membres de l'OCDE. Un niveau comparable à celui de l'Union européenne et bien supérieur à celui de la zone euro comme le suggère le graphique ci-dessous. En données annuelles, le taux d'emploi de l'OCDE pour 2016 (65,9%) n'avait pas atteint ce niveau depuis au moins 2003 (dernière donnée disponible).

Bien que la plupart des débats sur le front de l'emploi se focalisent souvent sur le taux de chômage trimestriel, le taux d'emploi bien moins médiatisé présente des résultats bien plus spectaculaires. Pour l'économiste André Zylberberg, spécialiste du marché du travail interrogé par Le Figaro, "le taux d'emploi est un indicateur plus pertinent [...] Celui-ci donne une bonne indication du potentiel productif d'un pays, puisqu'il mesure les capacités humaines mobilisées pour la production de biens et services. De son côté, le taux de chômage est plus un indicateur du déséquilibre du marché du travail. Il faut le considérer comme complémentaire du taux d'emploi".

Un niveau supérieur à la crise

Environ 559 millions de personnes avaient un emploi au deuxième trimestre 2017, 26 millions de plus qu'au deuxième trimestre 2008 dans les pays développés. Dans une approche par zone géographique, l'union monétaire européenne connaît également une sérieuse embellie. Après avoir atteint un creux au second trimestre 2013, le taux d'emploi ne cesse de grimper depuis des années, surtout dans quelques pays du Sud de l'Europe. Les hausses trimestrielles les plus spectaculaires ont été observées en Grèce (+0.8 point de pourcentage, à 53,6%), au Portugal (+0,6 point de pourcentage, à 67,3%), en Espagne (+0,6 point de pourcentage, à 61,0%) et en Slovénie (+0,5 point de pourcentage, à 68,7%). L'un des seuls pays qui a connu une baisse est la Slovénie pour la zone euro.

Enfin pour la France, la dernière évolution trimestrielle de cet indicateur marque une hausse passant de 64,4 à 64,8%. Même si les données diffèrent légèrement, le constat des experts de l'OCDE rejoint ainsi celui de l'Insee publié il y a quelques semaines. L'institut de statistiques français indiquait que le taux d'emploi des 15-64 ans avait également atteint un record en France au cours du second trimestre pour s'élever à 65,3%, un niveau jamais atteint en 37 ans.

> Lire aussi : Le taux d'emploi atteint un record en France

Les taux d'emploi étaient également en augmentation au Royaume-Uni ( +0.3 point de pourcentage, à 74,2%), au Japon (+0.2 point de pourcentage, à 75,2%), aux États-Unis (+0.2 point de pourcentage, à 70,0%), et marginalement en Corée (à 66,6%).

Un taux d'emploi en déclin dans l'industrie

Dans une approche par secteur, les dernières statistiques de l'OCDE indiquent que le marché du travail pour l'industrie est en déclin. Entre le second trimestre 2008 et le second trimestre 2017, le taux d'emploi dans ce secteur est passé de 24,2 à 22,1%. Il n'a donc pas retrouvé son niveau d'avant crise. De même que pour l'agriculture, les chiffres illustrent une dégradation du marché du travail avec un taux d'emploi passant de 5 à 4,6%. À l'inverse, les créations d'emplois dans le secteur des services semblent très dynamiques comme le rappellent les économistes de l'organisation internationale :

"la part de l'emploi dans le secteur des services (73,3%) pour l'OCDE était 2.6 points de pourcentage plus élevée qu'au deuxième trimestre 2008, tandis que celles de l'agriculture (4.6%) et de l'industrie (22,1%) étaient respectivement 0,4 et 2,1 points de pourcentage plus bas."

La dégringolade de l'emploi industriel était particulièrement marquée dans les pays de l'Europe du Sud avec des diminutions de 4 points de pourcentage ou plus en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal.

 De sérieux écarts entre les hommes et les femmes

L'autre fait marquant est l'écart existant les hommes et les femmes en matière d'emploi. Au second trimestre, il y avait plus de 15 points de pourcentage d'écart entre les deux sexes dans les pays développés (75,3% pour les hommes contre 59,9% pour les femmes). En France, l'écart se réduit, mais reste à un niveau relativement élevé. Il s'élevait à 61,4% pour les femmes au T2 2017 contre 68,4% pour les hommes. Tous ces derniers indicateurs indiquent que les femmes sont plus durement touchées par le chômage que les hommes dans ces pays. La réduction de ces écarts pourrait constituer un véritable défi pour les gouvernements et les entreprises dans les années à venir.

> Lire aussi : Taux de chômage, précarité, sous-emploi... Tout connaître (ou presque) sur le marché du travail

Des projections revues à la hausse

Ces bons derniers chiffres pour le marché du travail viennent corroborer les dernières analyses conjoncturelles de l'OCDE. Les experts du Château de la Muette soulignent une dynamique meilleure que prévu pour la croissance mondiale en 2017. L'organisation prévoit que la croissance mondiale du PIB  devrait atteindre environ 3,5% en 2017 et 3,7% en 2018, contre 3% en 2016. Les prévisions ont même été légèrement revues à la hausse pour 2018 (+0,1 point) par rapport aux prévisions de juin dernier.

> Lire aussi : L'OCDE revoit ses prévisions de croissance à la hausse

(*) Le taux d'emploi est défini comme la part des personnes ayant un emploi parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans, exprimée en pourcentage.

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a écrit le 20/10/2017 à 13:14 :
Je suis surpris : +0.4% en France et seulement +0.3% en Angleterre, où il y a les contrats zéro heure ? Certes la France n'est qu'à 38% et l'Angleterre à 74%, mais l'évolution me semble exceptionnellement élevée en France. Et avec le Japon et les USA à +0.2% c'est d'autant plus criant. Je ne vois pourtant pas la France comme étant dans une situation plus favorable à la création d'emploi que les trois autres. Alors erreur de calcul ou honte d'admettre son chômage plus forte en France ?
Réponse de le 20/10/2017 à 13:47 :
mais keskidi lui ?!?
a écrit le 20/10/2017 à 12:13 :
"On" joue de la flûte tant qu'il y a des imbéciles pour danser.
Quand les parents finiront par se rendre compte que ce qui attend leur progéniture n'est que précarité et entretient organisé de la société du spectacle pour plus de bêtise, ils se réveilleront enfin.
Quand je vois le nombre de jeunes, reclus dans la fumette, avec des petits boulots, et de l'autre côté, 50 000€ mensuel et autres parachutes dorés. Je me dis, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, une prédation du libéralisme sur la masse qui ne dit pas son nom.
Il est temps d’arrêter l'alimentation indirecte des projets de façades, et des hauts revenus, quel qu'il soient, par la dette perpétuelle et ses dégâts collatéraux.
Réponse de le 21/10/2017 à 12:03 :
Bonjour, ce n'est pas le libéralisme, la société vit à crédit et les lois sont faites pour protéger les copains en leur assurant un maximum de rentes de situation.
a écrit le 20/10/2017 à 10:15 :
Une embellie qui n'a rien à voir avec Macron. Avec ses réformes , il promet la lune, dans la réalité, seul compte la reprise économique mondiale, la seule donnée susceptible de faire baisser le chômage en France. Certainement pas la réformette du marché du travail , ni la réforme de l'assurance chômage, financée par 22 milliards d'impôt avec la CSG.
a écrit le 20/10/2017 à 8:56 :
quid de la qualité de l'emploi ? mais l'OCDE avait déjà dit que cette hausse de l'emploi correspond à une prolifération des "faux jobs", il me semble.
a écrit le 20/10/2017 à 8:50 :
A quel prix ? On force les gens à se mettre à leur compte pour gagner 400 euros par mois, tiens comme le chauffeur routier polonais ou le maçon roumain, et le salaria devient de plus en plus repoussant avec une hiérarchisation de plus en plus stupide et agressive.

Ce serait bien de voir un peu plus loin que les chiffres, vision de court terme qui au final est fausse.
Réponse de le 20/10/2017 à 17:15 :
A méditer conférence de presse de michel Drac à Lille juin 2017 5j'ai pratiquement compris toutes ses théories (et je suis pas un économiste).

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